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En mémoire de François Tajan

Mis à jour le 06/03/2020 à 11:10 Publié le 06/03/2020 à 11:09
François Tajan et ses « drôles de dames » d’Artcurial lors d’une des vacations monégasques qu’il avait instituées.

François Tajan et ses « drôles de dames » d’Artcurial lors d’une des vacations monégasques qu’il avait instituées. J.-F. Ottonello

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En mémoire de François Tajan

Tiré à quatre épingles.

Tiré à quatre épingles. Une branche de lunettes suspendue à ses lèvres ou oscillant au bout de ses doigts. La tête légèrement inclinée vers son interlocuteur ou son pupitre, le regard sincère et la parole franche. François Tajan était un homme élégant et un commissaire-priseur charismatique. Il s’est éteint le mercredi 26 février à Paris, à l’âge de 57 ans, des suites d’une intoxication alimentaire. Laissant un grand vide.

Après une cérémonie religieuse en la basilique Sainte-Clothilde (VIIe arrondissement), ce mardi à Paris, puis son inhumation, ses collaborateurs et amis d’Artcurial ont souhaité lui rendre un dernier hommage sur ses terres d’adoption, et d’affection.

Le mardi 10 mars, une messe sera ainsi célébrée en sa mémoire, par le père Philippe, à 18 h 30 à l’église Saint-Charles. « C’était naturel vu l’attachement si fort de François, son père et sa grand-mère, à Monaco. C’était sa deuxième vie », confesse Louise Gréther, directrice du bureau Artcurial de Monaco, créé en 2015 avec la bénédiction de François Tajan.

« Aujourd’hui, on est très fiers de dire à Paris que la SAM à Monaco fait des ventes formidables (...). Je fais l’apologie de Monaco. C’est pleinement assumé ! » nous confiait-il en 2019.

Fan de l’AS Monaco

Il faut dire que le passionné d’Art déco connaissait la Principauté comme sa poche pour y avoir passé toutes ses vacances d’enfance, notamment l’été au Beach.

D’ailleurs, l’an dernier, au moment de l’inauguration du nouveau bureau d’Artcurial - boulevard des Moulins -, nous avions été témoins de sa popularité auprès des passants locaux. Une vieille dame l’avait ainsi attrapé tendrement par le poignet pour s’enquérir de ses nouvelles. Presque surpris, François Tajan confiait : « C’est dingue, j’étais ami avec le fils de cette dame, ça fait des décennies que je ne l’avais pas revu et elle m’a reconnu et m’a demandé des nouvelles de toute la famille. »◘

François Tajan était aussi un inconditionnel de l’AS Monaco, dont il ne ratait pas un match, ni ne manquait l’occasion d’en faire le résumé passionné à ses collègues. Incollable sur les joueurs, il aimait débattre longuement sur leur potentiel, leur apport au collectif et, chaque fois ces derniers temps, la même interrogation : « Alors, ça va aller mieux ? C’est encore jouable d’accrocher les places européennes ? », s’inquiétait-il avec l’enthousiasme d’un enfant.

Parmi ses coups de cœur des dernières saisons, des esthètes du ballon rond comme Bernardo Silva. Le genre d’artiste qui provoquait son émerveillement.

Un visionnaire audacieux

« Il est des carrières dont la nature même - je pense aux écrivains, aux peintres, aux artistes en général - implique ce que l’on appelle du talent, c’est-à-dire un don naturel ou plutôt surnaturel dont Dieu seul détient la clé du mystère. C’est, bien sûr, ceux-là, en priorité, dont l’expression et dont le message m’ont le plus touché », écrivait Jacques Tajan. Un père qui, au moment de passer le flambeau à ses fils, François et Emmanuel, écrivait également : « J’ai tout fait pour développer les qualités naturelles qu’ils portaient en eux, souvent avec une sévérité qui a pu, parfois, leur paraître d’un autre âge. Mais leurs compétences sans failles et leur rigueur morale sont aujourd’hui garantes de notre pérennité. »

Un talent et des qualités de visionnaire dont ne manquait pas son fils, François, comme aimait à nous le rappeler Nicolas Orlowski, p.d.-g. d’Artcurial, alors que son président délégué venait de convertir en succès la première vente du bureau de Marrakech dont il était à l’origine. Comme l’implantation à Monaco. « C'est vraiment la volonté de François, je dois le lui rendre. C'est lui qui m'a dit :"Il faut croire en Monaco". » Monaco où il prêtait chaque année son marteau à la cause du Fight Aids lors de la vente caritative chère à la princesse Stéphanie.

À sa famille, ses amis et collaborateurs, la rédaction de Monaco-Matin adresse à nouveau ses plus sincères condoléances.


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