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En coulisses, comment se prépare la Fête nationale monégasque?

Mis à jour le 12/11/2020 à 22:19 Publié le 12/11/2020 à 22:18
Pas de liesse populaire cette année…

Pas de liesse populaire cette année… Photo archives Dylan Meiffret

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En coulisses, comment se prépare la Fête nationale monégasque?

À moins d’une semaine d’une édition très particulière, sur le Rocher, les forces vives s’activent pour ordonner une célébration voulue exemplaire en termes de sécurité sanitaire.

C’est un 19-Novembre tout particulier que le pays vivra cette année. Pas de défilé militaire, pas de salut de la famille princière au balcon, pas de feu d’artifice. La célébration de la Fête nationale sous les contraintes de la Covid-19 se fera de manière plus restreinte, en trois actes : la messe de Te Deum, une prise d’armes au Palais princier et un spectacle au Grimaldi Forum.

Le souverain a déterminé ce programme tout début novembre. "C’est lui qui a décidé de l’actuelle ossature de la Fête, ossature qui est toujours mouvante au regard de la situation, mais on a bon espoir que ce sera celle jouée la semaine prochaine", complète son chambellan, le lieutenant-colonel Jean-Luc Carcenac, qui confirme que plusieurs hypothèses ont été envisagées pour ce jour symbolique dans le calendrier du pays.

Plusieurs scénarios

Pour le service d’honneur du Palais princier, la Fête nationale se réfléchit neuf mois en amont. Et les équipes commencent à travailler sur le dossier activement, six mois avant.

"Cette année, nous avons commencé ces préparatifs en plein confinement. Nous étions face à plusieurs possibilités : celle d’une Fête nationale normale si la Covid avait disparu, celle d’une Fête nationale annulée pour cause de confinement. Entre ces deux hypothèses, deux ou trois scénarios possibles ont été étudiés dès le mois de juin."

Difficile balance entre maintien de ce rendez-vous institutionnel et populaire, et le risque sanitaire. Dès le début du mois de septembre, le souverain a choisi de renoncer à la réception des corps diplomatiques et consulaires afin de limiter les déplacements internationaux au maximum.

"Puis nous avons affiné nos différentes hypothèses, tout en voyant que la crise n’était pas derrière nous. Nous avons même envisagé longtemps de pouvoir maintenir la célébration sur la place du Palais en plaçant 600 à 700 personnes, mais à l’heure actuelle ce n’était pas faisable", continue Jean-Luc Carcenac.

Deux fois moins d’invités

Le grand public sorti du dispositif, il demeure à gérer les invités du Palais princier : 400 convives au lieu de 800 à la cathédrale, et une jauge réduite par trois au Grimaldi Forum le soir, pour le spectacle de Cecilia Bartoli.

"D’ordinaire, les invitations sont lancées début septembre et suivies par le service du protocole qui doit organiser ensuite le placement, ce qui demande beaucoup de travail, continue le colonel Carcenac. Ce travail, nous l’avons refait plusieurs fois, en réduisant progressivement le nombre d’invitations, en se concentrant sur Monaco et les communes proches, de manière à rester sur les impératifs monégasques et prendre en compte le confinement français."

Pareil pour les remises de médailles. Seules les cérémonies prévues au Palais princier sont maintenues physiquement. Elles se dérouleront en extérieur dans la cour d’honneur. Et les récipiendaires resteront statiques, seul le Prince se déplacera entre les rangs pour épingler les méritants.

Dans tout ce dispositif transpire une volonté qui peut être duelle: celle de montrer que la vie continue tout en respectant des conditions sanitaires optimales. "Ce n’est pas toujours simple, mais voulons être exemplaires sur cette Fête nationale, faire les choses et montrer qu’elles sont bien faites."

Le lieutenant-colonel Jean-Luc Carcenac.
Le lieutenant-colonel Jean-Luc Carcenac. Photo Eric Mathon/Palais princier
Pas de salut au balcon, mais un message télévisé

Pas de bravos, ni de hourra, pas de population monégasque réunie sous les fenêtres du Palais pour saluer la famille princière, ce rituel immuable est impossible à tenir cette année.

"L’apparition au balcon de la famille princière, c’est un des éléments forts du 19 novembre, convient Jean-Luc Carcenac, et nous avons dû nous résoudre, la mort dans l’âme, à l’annuler."

Le lien se fera virtuellement cette année, le souverain ayant choisi de communiquer avec la population via un message particulier, qui sera diffusé au terme de la prise d’armes sur Monaco Info.

Le colonel Tony Varo.
Le colonel Tony Varo. Photo Eric Mathon/Palais princier
Une prise d’armes particulière

Fidèle à sa formation militaire, Tony Varo a sa stratégie en main. Le commandant supérieur de la Force publique a adapté la partition militaire de la Fête nationale 2020 à ce contexte si particulier. Le défilé ajourné, c’est une unique prise d’armes dans la cour d’honneur du Palais, au terme de la messe, qui mobilisera la force publique le 19 novembre.

"Le format s’est adapté à la situation sanitaire, commente le colonel Varo. Pour les carabiniers, la Fête nationale est d’ordinaire l’aboutissement de l’année, au cours de laquelle ils montrent leur savoir-faire. Bien sûr, ils sont déçus, tout comme les pompiers, mais ils ont conscience des enjeux et que ce n’était pas l’année à faire un défilé. Tout comme la Sûreté publique qui ne sera pas sur les rangs. C’est dommage pour les agents pénitentiaires qui devaient défiler et être mis à l’honneur cette année, mais ils le seront l’an prochain."

Le dispositif est réduit à un bataillon de carabiniers et de pompiers qui ordonnera la prise d’Armes devant la famille princière, les membres de la maison souveraine et du gouvernement. Au cours de la cérémonie seront mis les galons aux carabiniers et sapeurs-pompiers promus, et les médailles au personnel du Palais. Plus quelques surprises sur lesquelles Tony Varo reste discret.

Une assurance : celle qu’en ces temps de crise, le souverain a souhaité mettre à l’honneur la Croix-Rouge monégasque. Il décorera de l’ordre de Grimaldi le drapeau de l’association, entouré d’un peloton de six bénévoles. La célébration sera aussi l’occasion de fêter le 150e anniversaire de la création de la garde des princes avec trois carabiniers qui revêtiront l’historique uniforme de papalin.

Tous masqués et testés avant la cérémonie

Pour tous les militaires engagés dans cette prise d’armes, le masque sera obligatoire. "Pour l’esthétique, je ne voulais pas de masques chirurgicaux", glisse Tony Varo. L’entreprise monégasque Bettina a donc confectionné des masques noirs, gansés d’un liseré argent et rouge pour les carabiniers, or et rouge pour les pompiers, pour s’assortir à leurs uniformes respectifs.

Autre exigence, relançant la campagne de tests de dépistage Covid-19 parmi tous les effectifs de la Force publique, le colonel Varo indique que tous les militaires mobilisés sur la Fête nationale seront testés avant d’y participer.

"C’est important de montrer que nous ne faisons pas n’importe quoi et que toutes les précautions sont prises pour le bon déroulé des festivités."

La seule incertitude reste le temps. S’il pleut, une solution de repli pour cette prise d’armes est prévue, dans la grande salle de conférences du Musée océanographique.

Photo DR
Des Petits chanteurs masqués à la cathédrale

"On ne peut pas faire autrement, nous sommes à la merci de la Covid", plaide Pierre Debat, maître de chapelle des Petits chanteurs, expliquant que les jeunes voix de la cathédrale et celles de la maîtrise chanteront la messe de Te Deum masquées.

Une contrainte à apprivoiser pour les artistes qui répètent depuis plusieurs jours. Autre changement : l’Orchestre philharmonique ne pourra pas participer à l’office.

"C’est à contrecœur que nous avons dû prendre cette décision, mais il était impossible dans une configuration de distanciation entre les artistes, de pouvoir accueillir la maîtrise et les musiciens."

Le programme musical s’appuiera donc sur un échange entre les voix de la maîtrise et le grand orgue. La célébration du Te Deum sera rythmée par une œuvre de Norman Warren. Et au cours de la cérémonie, sera intégré le chant Come Unto Christ, signé par Sally Deford, qui avait été joué déjà en 2015 pour le baptême des enfants princiers.


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