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Elle rouvre ce samedi! Connaissez-vous l’histoire de la plage du Larvotto?

Mis à jour le 04/07/2020 à 09:32 Publié le 04/07/2020 à 09:07
Des automobilistes les pieds dans l’eau à la fin des années soixante. Décennie qui assoit l’actuelle configuration de la plage du Larvotto sous l’impulsion du prince Rainier-III.
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Elle rouvre ce samedi! Connaissez-vous l’histoire de la plage du Larvotto?

C’est le grand jour au Larvotto ! Derrière les barrières de chantier, les serviettes de plage ont à nouveau le droit de cité pour l’été. Mais connaissez-vous bien l’histoire des lieux ? À l’eau !

La réouverture ce samedi de la plage du Larvotto, jusqu’au 13 septembre avant que les travaux de réaménagement reprennent jusqu’en 2021, permet de jeter un œil dans le rétroviseur pour débusquer quelques épisodes oubliés de l’évolution de cette plage. Et ça tombien bien, le Bulletin n°41 de l’Association des cartophiles de Monaco, paru en mars, compile les plus belles cartes postales d’époque.

Si les vertus curatives de bains de mer sont séculaires, l’usage récréatif des plages a émergé au cours du XIXe siècle sur les bords de la Méditerranée. À Monaco, l’arrivée du chemin de fer en 1868 n’y est pas étrangère.

Longtemps marécageuse et insalubre, la bande littorale à l’Est de la Principauté n’était peuplée que de deux habitants en 1699 ! À la fin du XVIIIe siècle, seules quelques dizaines de familles résident dans le quartier vers l’actuelle place des Moulins, plus en hauteur. Mais une première plage de galets, en contrebas d’une route bordée de palmiers, s’offre déjà aux baigneurs. Cette anse s’appelle alors « les Mouettes », du nom d’un ancien établissement balnéaire qui deviendra le modeste cabanon « Chez Vigna ».

L’Association des cartophiles a exhumé quelques prémices de l’urbanisation du bord de mer comme l’inauguration, le 17 mars 1893, d’une usine de pompage des eaux, sur l’actuelle plage du Larvotto, en présence du prince Charles III et du prince héréditaire Albert. Moins sauvage, la plage accueille des manifestations insolites, comme ce meeting d’hydroaéroplanes en 1912, et ces aérohydravions qui amerrissent sur la Grande bleue avant de se parquer sur son rivage.

Les contours de la plage se dessinent réellement en 1931, avec la construction du boulevard des Bas-Moulins et d’un mur de soutènement pour marquer la séparation avec l’aire de farniente. C’est aussi l’année de la construction du Sporting d’été. Une route relie alors le Portier au Monte-Carlo Beach, au Tennis club, plage privée et hôtel créés dans les années vingt. Fleurissent les campagnes publicitaires du futur quartier « Monte-Carlo Bord de Mer ».

« Nous sommes très contents de basculer dans un autre monde »

La création du boulevard du Larvotto suivra en 1956 et, sous l’impulsion du prince Rainier III, l’actuelle plage du Larvotto - et ses petits gravillons - se développe. Entre 1965 à 1969, la nouvelle configuration confère de vastes emplacements aux commerces sur son pourtour. À l’époque, les baigneurs peuvent même utiliser leurs voitures, qui ont presque les roues dans l’eau (voir photo), comme cabines de plage !

Plage où les siestes ont déjà été bercées par le bruit des engins de chantier, comme en 1966, année de l’inauguration du Hall du Centenaire, où les travaux allaient bon train non loin des serviettes de plage.

En 1976, c’est la fibre environnementale de la Principauté qui fut à l’honneur. L’Association monégasque pour la protection de la nature est alors missionnée pour réaliser et gérer une réserve marine de 33 hectares. Objectif : protéger l’herbier de posidonie et sauvegarder la faune et la flore locales.

« Le Larvotto a connu trois transformations majeures en 100 ans. Les années trente et soixante, et maintenant, analyse Patrick Occelli, président de l’Association des cartophiles. Les gens de ma génération sont très contents de basculer dans un autre monde avec ce changement radical. Des travaux magnifiques confiés à un grand architecte, Renzo Piano. Quand on est collectionneur de cartes postales, on sait que le Casino, par exemple, a été transformé plusieurs fois. A chaque génération, des architectes à la mode ont mis leurs pattes sur la Principauté et contribué à son prestige. »

Une mise à jour du patrimoine qui anime la curiosité et le devoir de mémoire des bénévoles.

Ils seront certainement des dizaines, aujourd’hui, à sortir les seaux et les pelles pour ériger les contreforts de leur propre Palais à même le sable du Larvotto. Président de l’association des cartophiles de Monaco, Patrick Occelli a lui aussi connu le plaisir des étés à barboter. Il se remémore les rituels qui égrenaient son chemin depuis la Moyenne corniche. « On y allait tous les jours à l’heure du déjeuner. C’était un lieu de réunion, une ambiance familiale. On achetait notre pan-bagnat à la maison-pâtisserie Mullot, le meilleur ! Le week-end, on déjeunait au restaurant Le Neptune, plus tard à La Note Bleue. En arrivant à la plage, il y avait un déshabilloir, et avant de repartir au travail, on pouvait prendre une douche. En 1966, je me souviens que j’avais été stupéfait par la maquette du Hall du Centenaire et toutes ces transformations ! » En 1974, c’est dans les jardins du Hall du Centenaire que les photos de son mariage seront prises. En 1978, son fils fera ses premiers pas sur la promenade du Larvotto. En 2012, son petit-fils y fera ses premiers tours de roue. Le décor change, pas l’émotion.

La première plage de galets dans l’anse des « Mouettes ».
Les années soixante-dix voient la naissance de la réserve sous-marine et la démocratisation des loisirs ensablés.
: collection Association des cartophiles de Monaco
En 1912, un meeting d’aérohydravions.
Après la livraison du Hall du Centenaire, en 1966, les travaux se poursuivent autour. Comme cet été, les bruits de chantier bercent les siestes sur la plage.
Les Bains de Larvotto.
L’usinage de pompage des eaux, inaugurée en 1893 sur la plage.

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