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"Elle restait des heures dans ses excréments..." Le fils d'une ancienne pensionnaire d'un Ehpad Orpea raconte

Ce Vençois de 57 ans, fils d'une ancienne pensionnaire, raconte le calvaire qu'a subi sa mère, avant qu'il porte plainte contre l'établissement en 2019.

Mathilde Tranoy Publié le 26/01/2022 à 09:20, mis à jour le 26/01/2022 à 10:21
Laurent Gény a déposé plainte contre Orpea en 2019 M. T.

Des protections urinaires procurées en nombre insuffisant contraignant sa mère, à l’époque âgée de 85 ans, "à porter pendant plusieurs heures ses vêtements souillés par ses excréments et ses urines, sous prétexte que le budget couches était épuisé", "l’absence de douche pendant trois jours", c’est aussi ce qu’a dénoncé Laurent Gény, dans une plainte pour mauvais traitements déposée en février 2019 contre un Ehpad du groupe Orpea des Alpes-Maritimes.

"Il y a un gouffre entre le discours et la réalité"

Ce dernier décrit, entre autres griefs, "des réveils brutaux et complètement inadaptés" en pleine nuit, un oubli de repas, "une assiette de nourriture avariée" découverte dans la chambre, ou encore une chute avec déclenchement immédiat de l’alarme, mais un délai de deux heures avant que l’octogénaire ne soit relevée.

Sa mère, Jacqueline, a passé deux ans dans cet Ehpad, avant d’être accueillie dans un autre établissement.

"Il y a un gouffre entre le discours tenu aux familles, les fleurs à l’entrée, les beaux bâtiments, et la réalité", s’indigne le Vençois de 57 ans, qui dénonce "un système". "Les ouvrières en bout de chaîne, qui font preuve de dévouement et font ce qu’elles peuvent, ne sont pas en cause. Il y a des règles, un process qui va à l’encontre de la qualité."

"Ça dépasse le cas de ma mère. Il faut que cela cesse. Pour moi, c’est la faillite d’un système. J’aimerais que mon témoignage serve. Que toutes les autres maisons de retraite se disent 'aïe, on va faire gaffe', et qu’elles continuent de faire de la qualité".

Une enquête en cours

"Quand je faisais des remarques, on [la direction de l’établissement de l’époque] me répondait avec mépris. Une fois, on m’a dit 'on s’occupe bien de votre maman, faites attention à ce que vous faites'", se souvient le Vençois, qui perçoit dans cette remarque une pointe de menace.

 

Encore aujourd’hui, il ressent "un sentiment de colère et d’injustice. On les embête alors qu’ils sont en établissement pour qu’on prenne soin d’eux, et qu’ils paient cher". 4.500 euros par mois dans l’Ehpad en question.

La plainte de Laurent Gény a déclenché dès 2019 l’ouverture d’une enquête, confiée à la gendarmerie. Les investigations et les auditions, ralenties par la Covid et les confinements, se poursuivent, a indiqué ce mardi le parquet de Grasse. Des dizaines de personnes, familles et personnels, ont été entendues.

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