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Elle n'est pas sortie une seule fois en 51 jours: cette Azuréenne raconte les bienfaits de son confinement

Mis à jour le 10/05/2020 à 11:48 Publié le 10/05/2020 à 11:47
Pendant que Sandra cuisine, son fils Andrea s’entraîne…

Pendant que Sandra cuisine, son fils Andrea s’entraîne… Photo Cyril Dodergny

Monaco-matin, source d'infos de qualité

Elle n'est pas sortie une seule fois en 51 jours: cette Azuréenne raconte les bienfaits de son confinement

En temps normal, c’est une femme active qui gère sa boîte à Monaco tout en élevant seule son fils. Sandra Veziano a respecté un strict confinement et découvert les vertus du retour sur soi.

Si l’on devait décerner une médaille d’or à celui ou celle qui aura le mieux respecté les mesures de confinement, Sandra Veziano ferait partie des récipiendaires. Sans l’ombre d’une contestation possible.

Entre le 16 mars et le 5 mai, cette jeune quadra de Monaco, qui a décidé de se confiner avec son fils Andrea, bientôt 17 ans, dans sa résidence secondaire de Beausoleil, n’est tout simplement pas sortie une seule fois de son appartement.

Soit 51 jours sans mettre le nez dehors, si ce n’est dans son petit jardin.

Sandra n’a pas été contaminée par une sorte de peur panique du coronavirus, la contraignant à une retraite de type monacal. Loin de là.

Cette chef d’entreprise, qui a créé et dirige à Monaco une société dans l’événementiel (Life Plus), a passé près de deux mois avec son fils dans une bulle de bonheur et de bien-être.

"Prendre les choses du bon côté"

Un selfie avant un déjeuner au soleil, dans le petit jardin familial.
Un selfie avant un déjeuner au soleil, dans le petit jardin familial. Photo DR

Tout a commencé par un constat: son activité professionnelle était condamnée pour de longs mois.

"Tous les événements que je devais organiser s’annulaient les uns après les autres. Je n’avais donc plus besoin de sortir pour des raisons professionnelles. Dans mon entourage, on me répétait que cette épidémie était grave, qu’il fallait faire très attention. Je n’avais pas peur du tout. Mais je me suis dit: autant respecter le confinement et rester chez soi. Pourquoi sortir si ça n’est pas nécessaire?" 

Et puis, il y avait autre chose qui empêchait cette Monégasque de cœur de sortir. "Je n’avais pas envie de voir Monaco à l’arrêt, en mode “ville morte”. J’ai décidé de couper les infos et de me mettre dans ma bulle avec mon fils. Malgré la situation catastrophique qui s’annonçait pour mon entreprise, je me suis dit qu’il valait mieux prendre les choses du bon côté. Pour la première fois depuis dix-sept ans, j’allais avoir du temps pour moi."

Toutes les courses livrées à la maison

Alors, très vite, Sandra et son fils s’organisent. Pour respecter un strict confinement, il faut un minimum d’organisation.

Après avoir fait ses dernières courses le 15 mars, conséquentes mais "sans faire des réserves de pâtes et de papier toilette", Sandra se plonge dans son gros répertoire de fournisseurs - c’est son métier - pour mettre en place un système d’approvisionnement à domicile.

Une célèbre centrale d’achats réservée aux professionnels lui livre l’essentiel de ses courses (nourriture, produits ménagers et d’hygiène), un boucher monégasque sa viande, une société niçoise ses fruits et légumes frais.

À chaque livraison, les gestes barrières sont scrupuleusement respectés - on n’est jamais trop prudent - et un minimum de précautions sont prises avant de ranger les produits dans les placards et le frigo. "J’ai toujours été précautionneuse, ça ne m’a pas beaucoup changé", sourit-elle.

À quelques rares exceptions près, un livre pour son fils et une machine pour faire des pâtes, ce sont les seules marchandises autres que celles de première nécessité qui entreront dans cette maison durant 51 jours. Une révolution pour cette accro du shopping…

Après l’approvisionnement, une autre organisation est mise en place, celle des journées. Là aussi, Sandra sait faire. "C’est mon métier, je fais ça toute l’année pour tout le monde", rigole la jeune femme.

"Tous les jours de la semaine, on se lève entre 7h et 8h. Le matin, je m’occupe de la maison. Andrea, sauf pendant les vacances scolaires, est connecté avec son lycée pour travailler. Et puis, en fin de matinée, c’est mon moment de sport."

Car ici, confinement ne rime pas avec relâchement. Certes, Sandra ne va plus s’entraîner dans sa salle de sports ni dans son club de badminton.

Elle a trouvé des alternatives: "Je suis les cours en vidéo de ma salle, l’Hercule Fitness Club, les live d’une influenceuse, des cours de yoga, ainsi que des entraînements de MMA".

Ce goût pour les arts martiaux, elle le partage avec Andrea. C’est leur moment de sport à eux, qu’ils pratiquent ensemble à la maison. Pour les autres activités sportives quotidiennes, c’est chacun de son côté.

"Un retour sur soi"

Sandra a réalisé ce gâteau en forme de cagette de fruits et l’a fait livrer à ses grands-parents, à Menton.
Sandra a réalisé ce gâteau en forme de cagette de fruits et l’a fait livrer à ses grands-parents, à Menton. Photo DR

Pour le reste, Sandra s’occupe de gérer sa société (mails, comptabilité, mise en place des aides proposées par le gouvernement princier), se repose beaucoup et passe du temps à cuisiner, avec une tendresse particulière pour la pâtisserie.

"J’ai réalisé un gâteau en forme de cagette de fruits, que j’ai fait livrer à ma grand-mère, à Menton", confie-t-elle.

Ses grands-parents. Le vrai gros manque durant ces 51 jours de confinement total. Les discussions en vidéo, un jour sur deux, étaient là pour compenser ce manque affectif. Le seul.

"J’ai vraiment le moral. Je me sens en pleine forme. Ces deux mois ont été l’opportunité d’un grand repos émotionnel, d’un retour sur soi. C’est la première fois depuis l’âge de 20 ans que je ne vis pas à mille à l’heure. J’ai passé deux mois sans vernis aux ongles, sans bijoux, sans courir à droite, à gauche, à me reposer, avoir du temps pour moi, me retrouver avec mon fils qui grandit, me recentrer sur l’essentiel. Je n’ai pas subi le confinement."

"J’ai envie d’une vie plus détendue"

Mardi, elle est ressortie pour la première fois depuis 51 jours, pour des raisons professionnelles, dans une Principauté qui se déconfine depuis lundi dernier. Avec un crochet obligatoire à Menton pour rendre visite à ses grands-parents.

Mais alors, que restera-t-il de ces presque deux mois de confinement absolu? En fin de compte, ils auront changé sa façon de percevoir la vie.

"Le confinement m’aura permis de voir ce qui est réellement important dans la vie: bien manger, prendre soin de son corps, profiter des gens qu’on aime. J’ai envie d’une vie plus douce, plus détendue."

Alors, oui, l’avenir de son entreprise est incertain. "On verra ça plus tard. Arrivera ce qui doit arriver. Je ne sais pas encore si les aides du gouvernement seront suffisantes pour tenir."

Pour l’instant, Sandra se prépare à son premier été, depuis des lustres, sans avoir à organiser un mariage ou une autre fête. Un été pour elle.

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