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Éligible à la retraite, elle veut continuer à travailler... le CHPG refuse

Mis à jour le 10/07/2020 à 10:12 Publié le 09/07/2020 à 07:35
Le centre hospitalier Princesse Grace de Monaco

Le centre hospitalier Princesse Grace de Monaco Photo Cyril Dodergny

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Éligible à la retraite, elle veut continuer à travailler... le CHPG refuse

Une salariée éligible à la retraite demande à conserver son poste en raison de difficultés familiales importantes. Le CHPG de Monaco refuse de lui établir la dérogation nécessaire. Explications.

"Je ne regrette pas une seule seconde de ces trente-trois années passées au CHPG", confie Françoise, les yeux brillants, en torturant un mouchoir entre ses mains.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles elle a demandé à poursuivre son travail, alors qu’elle a atteint 60 ans, l’âge limite pour partir à la retraite dans sa catégorie professionnelle. "Physiquement, psychologiquement, je me sens tout à fait prête à poursuivre mon travail."

Françoise est aide hôtelière au CHPG. Chaque jour, elle distribue les menus et les repas au service de chirurgie digestive.

Au fil des années, elle a acquis une certaine expertise et développé une empathie qui lui permet d’avoir une relation particulière avec les patients: "Certains vivent des moments très difficiles, c’est important d’avoir un petit mot, un sourire. Depuis plusieurs années, c’est moi qui forme les jeunes qui arrivent." D’ailleurs, elle est fière d’annoncer que ses évaluations sont vierges de tout reproche.

Très impliquée, elle a également plusieurs rôles de représentation sociale dans l’hôpital, ce qui lui permet de venir en aide à ses collègues, mais aussi de participer activement au dialogue social.

Drame familial

Mais si Françoise demande une prolongation, plutôt que de bénéficier d’une retraite bien méritée, c’est aussi parce que ces dernières années, la vie ne l’a pas épargnée. "Je m’étais préparée à partir à la retraite. J’avais mis de l’argent de côté. On sait bien qu’en vieillissant, on peut avoir des problèmes. Mais je n’avais pas prévu que mon fils tomberait malade."

Son fils unique, qu’elle a élevé seule, et qui menait alors sa propre vie se retrouve de nouveau à sa charge après un parcours médical compliqué aux conséquences handicapantes. Une situation qui lui coûte cher. "À la retraite, je vais perdre 1.000 euros de revenu", calcule-t-elle.

Pas l’aumône

Alors naturellement, elle fait une demande de dérogation pour pouvoir encore travailler deux ans.

"C’est une procédure qui existe, et qui est appliquée. Elle ne demande pas l’aumône. Elle veut juste continuer à travailler", explique Françoise Sgro, secrétaire générale du syndicat des agents hospitaliers de Monaco.

Continuer à travailler, pour continuer à cotiser. "Je n’ai pas tous mes trimestres pour avoir une retraite complète", explique l’aide hôtelière.

Mais voilà, la dérogation demandée lui a été refusée. "Il y a trois conditions pour bénéficier d’une dérogation, et Françoise répond à tous les critères: son dossier est bon, la médecine du travail donne son accord, et elle n’a pas tous ces trimestres, explique la secrétaire générale. Nous ne comprenons pas ce refus."

Contactée, la direction du CHPG nous a répondu: « La demande de prolongation d’activité n’est pas un droit, elle découle d’une dérogation accordée à titre exceptionnel. [L’employée en question] relève d‘une catégorie d’emploi dont la limite d’âge est 60 ans, en lien avec la pénibilité de l’emploi exercé.

Sa hiérarchie et la direction, et même la vice-présidente du [conseil d’administration] ont répondu à chacun de ses courriers, elle a été reçue deux fois physiquement pour lui expliquer la situation.

Elle a bénéficié d’une bonification de 38 points d’indice qui seront intégrés dans le calcul de sa pension, portant celle-ci à quasi 1.600 euros par mois."

Un montant qui, selon Françoise, ne suffira pas à subvenir à ses besoins et ceux de son fils. Alors, le syndicat a lancé une cagnotte Leetchi pour lui venir en aide.

Ce mercredi, 41 personnes avaient contribué, à hauteur de 1.286 euros.


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