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Deux musiciens congolais accueillis comme dans un rêve

Mis à jour le 16/11/2019 à 10:18 Publié le 16/11/2019 à 10:18
Chez le luthier de Monaco.
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Deux musiciens congolais accueillis comme dans un rêve

Membres d’un des orchestres symphoniques les plus pauvres au monde, ils ont été reçus par le Printemps des arts et l’Académie de musique

Elle s’appelle Florsi. Avec son joli visage de madone africaine, son regard mélancolique et ses airs timides, elle parcourt depuis huit jours les rues de la Principauté. Elle n’en croit pas ses yeux.

Elle vient d’une capitale de 17 millions d’habitants, Kinshasa, au Congo, secouée par de récents séismes politiques, où la misère s’étale dans des bidonvilles aux rues défoncées, aux maisons sans eau, aux toits en tôle trouée. Florsi fait partie du seul orchestre symphonique d’Afrique sub-saharienne, qui répète à ciel ouvert, avec des instruments dont les cordes sont faites avec des câbles de frein de bicyclette et dont les contrebasses sont constituées de caisses recyclées. Cet orchestre a été formé par Diangenda Wabasolele, ancien pilote de ligne, petit-fils du chef religieux Simon Kimangu. L’orchestre a d’ailleurs, à l’origine, une vocation religieuse.

Un conte de Noël

Au milieu de l’opulence monégasque, Florsi se demande ce qui lui arrive. Elle se croit dans un conte de Noël. Elle a été invitée par le Printemps des arts de Monaco et par son directeur Marc Monnet, lequel, on s’en souvient, avait produit en 2013 un concert mémorable de l’orchestre de Kinshasa, suscitant l’émotion de toute la Principauté, soulevant un considérable élan de solidarité (lire ci-dessous).

La princesse Caroline avait offert une harpe. Une question s’était alors posée : qui allait jouer de cet instrument ? Où l’instrumentiste pourrait-il apprendre à jouer ?

C’est Florsi qui fut désignée.

Elle se mit à apprendre toute seule.

« Je travaille du matin au soir », confie-t-elle. Sans professeur ? « J’ai l’aide de Dieu ! Je travaille tous les jours, sauf le dimanche, où je prie. »

Maintenant que ses doigts commencent à être plus habiles, elle a eu besoin de conseils expérimentés. Le Printemps des arts lui a offert un stage à l’Académie de musique de Monaco avec le professeur de harpe Noëlle Véra. Pendant une semaine, toutes les deux ont joué côte à côte. Et les mains de Florsi se sont déliées, ses yeux et ses oreilles se sont ouverts, son cerveau a absorbé jusqu’à saturation ce qui lui permettra de devenir la première et la seule harpiste du continent africain central.

C’est sûr, elle en aura des choses, à raconter à son retour Kinshasa !

La lutherie de la débrouille

Et elle ne sera pas la seule. Car Patrice, le luthier de l’orchestre, l’a accompagnée. Lui répare les instruments comme il peut : avec des cordes de fortune, des bouts de gomme, des morceaux de tôle ou de bois. La lutherie de la débrouille ! Lui aussi est comme dans un rêve à Monaco. Avec son air infiniment bon, replié dans sa timidité, il répète un mot en desserrant à peine les lèvres comme pour ne gêner personne : « Génial ! »

Géniale, sa rencontre à Monaco avec le luthier Roberto Massini, géniale sa visite à Nice chez le luthier Vincent Sabatier ! Chez l’un et l’autre, il a vu réparer des instruments, visser, polir, ajuster des dizaines de pièces qui s’agencent comme dans un puzzle dans les clarinettes, les trompettes ou les violons. Il en a eu le vertige.

Mercredi soir, le Printemps des arts a organisé une rencontre avec les donateurs - ces Monégasques qui ont donné de l’argent pour les aider. Parmi eux, Florsi et Patrice ont eu une surprise : la présence d’une résidente monégasque de nationalité belge née à Kinshasa. Elle s’appelle Vanina et est responsable en Principauté d’une maison de cosmétiques qui utilise des huiles végétales du Congo. Ils ont découvert qu’un peu de leur ville pouvait vivre, ici, à Monaco. Soudain, ils en ont conçu une vraie fierté. Cela aussi, ils le raconteront, une fois rentrés chez eux !

Avec Marc Monnet au Printemps des arts.
Avec Marc Monnet au Printemps des arts. Printemps des arts
A l’Académie Rainier-III.

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