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Deux grands auteurs font salle comble autour de Dieu

Mis à jour le 30/09/2018 à 05:12 Publié le 30/09/2018 à 05:12
Autour d'Étienne Gernelle, directeur de l'hebdomadaire Le Point, les deux auteurs ont échangé dans une vraie bonne humeur, avec une authentique bienveillance.

Autour d'Étienne Gernelle, directeur de l'hebdomadaire Le Point, les deux auteurs ont échangé dans une vraie bonne humeur, avec une authentique bienveillance. Jean-Sébastien Gino-Antomarchi

Deux grands auteurs font salle comble autour de Dieu

Boris Cyrulnik, dans le rôle de la science, et Eric-Emmanuel Schmitt, dans celui de la foi, ont débattu hier lors de la première session des Colloques de Menton 2018

Ça aurait pu être un débat. « Psychothérapie de Dieu ». Voilà un titre qui laissait présager d'une bonne joute. Une foule de tous âges avait répondu présent. Le ring était prêt.

À gauche sur la scène, Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et psychanalyste, bref, un spécialiste de la mécanique du cerveau, auteur du récent « Psychothérapie de Dieu ».

À droite, Eric-Emmanuel Schmitt, auteur, philosophe et réalisateur, qui ne cache pas sa foi après avoir vécu une expérience mystique : alors qu'il voyageait dans le désert et qu'il était perdu, à 28 ans, il passe ce qu'il appelle « la plus belle nuit de sa vie » où il est touché par la grâce.

La science et le rationnel, face au mystique et au spirituel : ça s'annonçait bien.

Main dans la main

Au lieu de cela, hier après-midi au Palais de l'Europe, la première session des Colloques de Menton a offert au public une merveilleuse démonstration. Mieux que bien.

Pas d'affrontement, pas de dénigrement. Le savoir de Cyrulnik a apporté un éclairage aux expériences de Schmitt.

Et si le spirituel était finalement un phénomène scientifiquement explicable ? C'est à peu près à ce type de rendez-vous que les heureux spectateurs ont eu droit.

Une démonstration dans laquelle Eric-Emmanuel Schmitt confie avoir recours à la prière, et où Boris Cyrulnik explique quels mécanismes neurologiques sont mis en lumière par l'imagerie à résonance magnétique : « Les zones du cerveau activées par l'angoisse s'éteignent quasiment instantanément lorsque l'on rentre en prière. » Voilà pourquoi ça fait du bien. Emballé, c'est pesé ! Il suffisait de demander.

Ce qui rassemble les deux hommes, c'est l'absence de certitude sur la question de l'existence de Dieu. Même le croyant Eric-Emmanuel Schmitt le reconnaît, il ne sait pas. Mais qu'importe.

« Dieu n'est pas un objet de savoir, c'est un objet de rencontre, de cohésion. »

« Un objet de rencontre et de socialisation », rappelle le scientifique Cyrulnik, évoquant les cérémonies religieuses funéraires. Se retrouver ensemble pour transcender la douleur : une autre raison pour laquelle ça fait du bien.

L'absence de certitude restera vraiment l'essentiel du message. Ne pas craindre l'incertitude, et même l'apprivoiser. Car Boris Cyrulnik est affirmatif : « Quand une religion affirme qu'elle détient la certitude de la vérité, elle est alors sur le tapis roulant de l'idéologie totalitaire et de l'extermination. »


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