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Des petits députés de Beausoleil débattent à Nice

Mis à jour le 20/01/2020 à 10:34 Publié le 20/01/2020 à 10:34
Plus de 200 jeunes réunis au Mamac ont reproduit les codes de l’Assemblée nationale.

Plus de 200 jeunes réunis au Mamac ont reproduit les codes de l’Assemblée nationale. Eric Ottino

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Des petits députés de Beausoleil débattent à Nice

La 4e Assemblée nationale des jeunes a été animée de main de maître par 220 collégiens et lycéens de Nice et de la Côte d’Azur, parmi lesquels des élèves du collège Bellevue

On vote oui. Oui à la 4e Assemblée nationale des jeunes, qui s’est tenue vendredi en séance plénière, au Mamac. On la plébiscite pour son travail mature. Pour sa prestation orale remarquable. Voilà une institution qui devrait faire école dans le véritable hémicycle du palais Bourbon. Pourtant au début, on était dubitatif. Encore un truc pipeau pour amuser la galerie de l’enseignement. Voilà ce qu’on s’est dit.

Dès l’entrée dans l’auditorium Jean-Marie Étienne, on a compris. Tout était faux, simulé, en play-back, mais tout était d’un sérieux, d’une rigueur, d’un enthousiasme étonnants. Parcours sans faute salué par des invités, dont Marine Brenier, députée de la 5e circonscription des Alpes-Maritimes, et Éric Ciotti, député de la 1re circonscription. Ce dernier a d’ailleurs remercié les « jeunes qui font vivre notre démocratie et nos valeurs républicaines ».

Qui sont-ils, ces mini-élus de la République ? Des élèves de la 4e à la 1re, au total 220 intervenants, portant les couleurs des collèges Ségurane, Don Bosco (Nice), René-Cassin (Tourrettes-Levens), Bellevue (Beausoleil), des lycées Masséna (Nice) et Audiberti (Antibes). Certains habillés comme des ministres. Costume sombre et cravate pour des garçons. Robe, tailleur-pantalon, talons pour les filles. Chacun incarnant un député, un ministre, un rapporteur, un président, un vice-président de commission… Ceux-là, dont la doublure avait été décidée par la hiérarchie, avaient droit au micro. Des plus petits, en 5e, étaient les huissiers.

Actifs en amont

Au fond de la salle, des adultes. Enseignants, responsables d’établissements. Conquis par l’exposé pluriel déroulé et nourri toute la journée. Fiers de leurs ouailles. Il y avait de quoi ! L’aréopage juvénile n’avait pas improvisé amendements, questions, débats… précédant le vote final. Tout avait été mûrement préparé en amont. Un boulot commencé fin septembre. Par l’intermédiaire d’un club ou sous la forme d’un projet d’établissement. « On a ensuite proposé des commissions, dans lesquelles se sont inscrits les élèves selon leurs affinités », raconte Delphine Joubert, professeur de français à René-Cassin. Des semaines d’études ciblées dans leurs établissements respectifs autour de cinq thèmes : ventes d’armes, égalité hommes/femmes, réglementation de la cigarette électronique, nouveaux véhicules électriques, développement durable. Et vendredi, la consécration. Le grand oral.

Le poids des mots

« S’il vous plaît… Un peu de silence, assène la présidente de l’Assemblée, très crédible. Si vous avez des amendements, vous pouvez les donner aux huissiers. »

Ça discute. Ça rapporte. Ça évoque les violences faites aux femmes. Un député veut poser plusieurs questions. La présidente : « Une seule à la fois ! » Il obtempère. Les interventions successives du clone de la députée Modem, Nadia Essayan, sont pertinentes : « Nous pourrions améliorer cette loi. On parle beaucoup de femmes, mais pas beaucoup d’hommes. L’égalité, c’est dans les deux sens… »

Dans ce théâtre, pas de politique-fiction, une ado incarne Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Elle recadre une réflexion de la « députée France insoumise, Clémentine Autain » qui lui avait reproché de ne « pas parler des couples homosexuels ». La ministre : « J’ai dit que des hommes et des femmes étaient indispensables pour former un couple, sans préciser s’il s’agissait de couples hétérosexuels ou homosexuels. » Et toc !

Conférences de presse

C’est la pause. Dix minutes de répit. Pas pour aller siroter un coup à la buvette de l’Assemblée nationale, mais pour recharger les batteries et répondre aux journalistes. Eh oui, encore minots et déjà les conférences de presse ! Estelle est en 1re à Don Bosco. Sa petite sœur, Marion, en 4e à René-Cassin. Les regards sont directs. Les mots précis. Les idées claires. L’aînée : « Ce n’est pas la politique qui fait qu’on pratique ce type d’exercice. Ce qui est intéressant, c’est de prendre la parole en public, ce sont les sujets abordés. » La première fois qu’elle a pris la parole devant ses camarades, elle n’en menait pas large, Estelle. Et puis, elle y a pris goût. Tout de suite. Avec un bonheur non dissimulé : « Je fais ça depuis trois ans. C’est comme au théâtre. Un très bon entraînement pour parler devant les autres et pour acquérir la confiance en soi. » Marion, la cadette, 12 ans, suit les traces de sa sœur : « Moi, c’est la première fois. Je suis Raphaël Gauvain, député LREM. J’ai posé des questions, proposé des amendements sur le développement durable, mais toujours selon les idées de l’élu que je représente. » Cela aussi, ça se peaufine.

Curieux de tout

L’Assemblée nationale des jeunes, un visa pour la maîtrise, l’aplomb, l’expression fluide ? Incontestablement. Erwan et Aidan, eux aussi en 4e à René-Cassin, en sont convaincus : « Non seulement ça nous apprend des choses, des chiffres, mais cela nous projette dans le contexte de la vraie vie ; et pour notre brevet des collèges, l’année prochaine, c’est une aide et un entraînement formidables ! »

Un jeu de rôle grandeur nature. Pris sans rigoler « par des élèves curieux de tout, qui aiment apprendre », note Franck Chameroy, principal de Ségurane. Et en plus, ces élèves ne dorment pas durant les séances !


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