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Des montres de luxe au service de la recherche

Depuis 2005, Only Watch propose aux marques horlogères de créer des pièces uniques, ensuite vendues aux enchères. L’objectif ? Lever des fonds pour lutter contre les maladies neuromusculaires

Thibaut parat Publié le 03/10/2019 à 10:29, mis à jour le 03/10/2019 à 10:30
Durant le Monaco Yacht Show, le prince est passé au stand d’Only Watch.
Durant le Monaco Yacht Show, le prince est passé au stand d’Only Watch. Axel Bastello/Palais Princier

C’est une mécanique bien huilée. Au sens propre comme au figuré. Depuis huit éditions, à un rythme bisannuel, les plus éminentes marques horlogères au monde fabriquent une pièce unique - une montre de luxe ou garde-temps dans le jargon - destinée à être vendu aux enchères au profit de la recherche scientifique contre les maladies neuromusculaires et la myopathie de Duchenne, en particulier.

Une fichue maladie dégénérative, malheureusement incurable, qui a emporté trop tôt le jeune Paul. C’est dans l’esprit de son père, Luc Pettavino, que ce projet répondant au nom d’ “Only Watch” a donc germé, guidé par la volonté d’un homme de ne pas assister passivement à la maladie de sa progéniture.

« Après le diagnostic de notre fils, je me suis demandé quelle était la contribution que je pouvais amener pour faire partie de la solution pour les thérapies. Si on voulait peser dans la recherche, il fallait penser en millions d’euros », explique-t-il.

 

Quinze ans plus tard, et après avoir fait travailler ensemble un grand réseau d’experts sur la maladie de Duchenne, trente-cinq millions d’euros ont été levés et utilisés à bon escient par l’Association Monégasque contre les Myopathies, dont Luc Pettavino est aussi le président. Et sans doute dix millions de plus cette année.

Exposées aux yeux des collectionneurs et riches particuliers durant le cru 2019 du Monaco Yacht Show, les montres ont désormais amorcé un tour du monde. Neuf autres dates d’exposition sont programmées avant la vente aux enchères caritative à Genève, prévu le 9 novembre. Au marteau, Christie’s fera grimper les enchères. Et plus le compteur grimpe, plus les espoirs pour dégoter un traitement s’agrandissent.

Une maladie qui touche un garçon sur 3 500

« On sait qu’on fait partie de la solution, de ceux qui tracent la voie vers les thérapies. On arrive désormais vers les essais cliniques sur l’humain. La science qu’on a financée n’a jamais montré de dangerosité, il faut être patient et déterminé, affirme Luc Pettavino. Vu qu’on s’approchait des preuves de principe et des solutions thérapeutiques, on a créé des biotechs pour protéger les brevets. On est sur un projet purement altruiste. On veut aller jusqu’à la partie clinique sans avoir à dépendre de quelconque organisme, comme les laboratoires pharmaceutiques. On veut bien collaborer avec tout le monde mais il faut garder notre indépendance et notre liberté. »

 

Les essais sur le modèle animal en laboratoire semblent spectaculaires tant en matière d’efficacité que de tolérabilité, deux critères indispensables au déclenchement d’un premier essai clinique chez les garçons malades. En bref, il s’agira d’un médicament administré par voie intraveineuse capable de pénétrer dans tous les muscles, le cœur et bien d’autres tissus. Une fois dans les cellules, ce principe actif est capable de s’accrocher au message du gène muté et le réparer au fur et à mesure qu’il est sollicité. Une grande avancée pour cette maladie qui touche un garçon sur 3 500.

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