“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Des mérous contaminés par un virus "qui se développe dans les eaux chaudes" à Monaco

Mis à jour le 07/11/2018 à 07:27 Publié le 07/11/2018 à 07:27
Entre 2015 et 2018, la population de mérous a fortement diminué

Entre 2015 et 2018, la population de mérous a fortement diminué Photo DR

Des mérous contaminés par un virus "qui se développe dans les eaux chaudes" à Monaco

En trois ans, la population de mérous dans et autour de Monaco a baissé de moitié. L’une des causes pourrait être une infection virale observée chez plusieurs individus autopsiés...

Il y a trois ans, des scientifiques du Groupe d’Étude du Mérou (GEM) plongeaient à Cap-d’Ail afin d’effectuer un comptage des populations de mérous et de corbs (corbeaux de mer). Trois ans plus tard, à la même période, les équipes de Jean-Michel Cottalorda, universitaire niçois et président du GEM, et de Jacqueline Gautier-Debernardi de l’Association Monégasque de Protection de la Nature sont retournées sur les mêmes sites, afin de suivre l’évolution des populations de ces poissons interdits à la chasse sous-marine et à la pêche à l’hameçon.

Une opération de plusieurs jours qui a mobilisé une douzaine de plongeurs du GEM, biologistes marins et spécialistes de la vie sous-marine en général et de ces espèces en particulier.

Des comptages qui ont laissé les scientifiques sans voix et très perplexes, tout comme ceux effectués par le GEM et la Direction de l’Environnement à Monaco les jours précédents.

En 2015, les eaux monégasques étaient riches en mérous de toutes tailles et de tous âges. Environ 200 avaient été recensés. À Cap-d’Ail, malgré une superficie supérieure, seulement 53 individus avaient été observés, presque exclusivement des jeunes et de surcroît très craintifs, signe d’un braconnage intensif sur cette zone, pourtant classée Natura 2000.

Baisse de moitié

De retour, trois ans après un premier comptage dans les milieux de vie des mérous, les scientifiques n'ont pu que constater une disparition de la moitié des mérous tant cap-d'aillois que monégasques.
De retour, trois ans après un premier comptage dans les milieux de vie des mérous, les scientifiques n'ont pu que constater une disparition de la moitié des mérous tant cap-d'aillois que monégasques. Photo O-V.M.

En 2018, après un nouveau comptage – forcément non exhaustif – c’est la chute libre! Près de la moitié de ces populations a disparu des écrans radars ou en tout cas n’a plus été observée. Les raisons d’une telle baisse laissent les scientifiques pour le moins dubitatifs. Si à Cap-d’Ail, le braconnage fait rage comme en témoignent certains locaux, ce n’est pas le cas à Monaco où l’espèce est aussi protégée. Le chantier pharaonique de l’extension en mer au large du Larvotto ne peut, quant à lui, expliquer une telle hécatombe.

"L’état de la mer lors du comptage de 2018 était bien loin de ressembler à celui de 2015, bien plus calme. Quand c’est agité, les mérous se cachent", analyse Jacqueline Gautier-Debernardi, pour expliquer l’une des raisons de cette baisse. De là à observer un tel grand écart de population en trois ans?

Reste une autre hypothèse, un autre suspect: un virus détecté chez certains mérous bruns retrouvés morts, ou moribonds, puis autopsiés. Depuis le mois d’octobre, les signalements se sont multipliés dans la baie de Monaco.

Une douzaine de cas a été enregistrée par la Direction de l’Environnement. Laquelle s’est fendue d’un communiqué.

À noter que depuis 1979 et jusqu’à ce jour, les observations de mortalité ont toujours été rapportées entre les mois de juillet et octobre.

Virus non transmissible à l’homme

"Afin de déterminer les causes de ces mortalités, une expertise vétérinaire sur trois spécimens a été mandatée [il y a deux semaines, N.D.L.R.]. Les symptômes et les premiers résultats permettent de s’orienter vers une infection virale ayant déjà été observée par le passé à de multiples reprises en Méditerranée (Crète, Libye, Malte,Corse…)".

Non transmissible à l’homme, le virus peut provoquer, aux poissons infectés, un gonflement de la vessie natatoire, des yeux abîmés, vitreux et une peau en mauvais état.

"Ce type de virus se développe plus facilement dans les eaux chaudes. Lors du comptage d’octobre dans le secteur, la température entre la surface de l’eau et 40 mètres de profondeur était de 21 degrés…, explique Jean-Michel Cottalorda.

Et le biologiste marin de nuancer: "Mais en tant que scientifique, et sans preuves, je ne peux ni certifier ni exclure que cela ait un rapport avec le réchauffement climatique?"


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct