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Des joutes médiévales ce samedi à Fontvieille Les Grimaldi Milites, combattants du cru

Mis à jour le 14/02/2019 à 10:18 Publié le 14/02/2019 à 10:18
Les combattants, appelés « chevaliers », utilisent des armes non tranchantes pour s’affronter. La Buhurt Prime de ce week-end est organisée par Monaco Live Productions et l’association monégasque de combat médiéval.

Des joutes médiévales ce samedi à Fontvieille Les Grimaldi Milites, combattants du cru

Dès midi sous le chapiteau de Fontvieille, les dix meilleures équipes européennes de combat médiéval s’affronteront au cœur d’une lice. Un sport aussi tactique qu’endurant

Qui, minot, n’a jamais rêvé de jouer les preux chevaliers ? D’enfiler un casque et une armure, de saisir une épée et de combattre pour l’honneur du blason. Cette chimère, certains l’ont embrassé via la pratique du béhourd. Littéralement « combat médiéval », en ancien français. Aux XIIe et XIIIe siècle, de nobles chevaliers pratiquaient ce sport ô combien rugueux. Autant pour s’entraîner à la guerre que pour divertir le peuple.

En 2019, la discipline a des allures de full-contact. Si la pratique peut paraître rustre voire fichtrement violente, elle n’en est pas moins strictement encadrée. Tous les coups ne sont pas permis (lire ci-dessous).

Ce samedi, sous le chapiteau de Fontvieille, des combattants charpentés et teigneux, armés jusqu’aux dents, déboulent de toute l’Europe pour en découdre au cœur d’une lice en bois. Une arène qui, une fois n’est pas coutume, sera circulaire. « C’est la première fois que ces équipes de classe mondiale vont s’affronter dans une configuration de ce type. Ils pourront s’accrocher d’un bras mais pas de deux », assure Philippe Rebaudengo, aide de camp du prince Albert II et secrétaire général de l’association monégasque de combat médiéval.

Un sport de combat

Objectif : déséquilibrer et mettre à terre ses ennemis d’un jour. « C’est un vrai sport de combat qui tend vers le niveau professionnel, pas un spectacle », nous confiait, il y a peu, Edouard Eme, président de la fédération française de béhourd.

Dans le microcosme du béhourd, on n’hésite pas à qualifier ce « Buhurt Prime » de « Champions League ». Dix équipes de grande qualité. La crème de la crème. Français, Russes, Tchèques, Polonais, Allemands, Ukrainiens, Britanniques et Danois croiseront le fer, combattront en corps-à-corps comme leurs aïeux à l’époque. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une équipe en lice.

Le tout sous l’œil amusé, peut-être un brin éberlué, des spectateurs. Lesquels auront sans doute la curieuse impression d’avoir fait un bond dans le temps.

Un marché médiéval

D’autant plus vrai qu’aux abords du chapiteau de Fontvieille, un village et un marché médiéval seront reconstitués. Les enfants pourront s’adonner à des combats en costume moyenâgeux et avec des épées… en mousse. Un forgeron sera aussi présent. Pas pour le décor. Mais bien pour réparer, en direct, les armes (non tranchantes !) des combattants qui, bien souvent, sont mises à rude épreuve. Preuve que ces guerriers de l’extrême ne comptent pas se faire de cadeaux. A vos armes, prêts…

Ils croisent le fer sous le nom de guerre « Grimaldi Milites ». Des couleurs rouges et blanches, forcément, pour rappeler l’identité du pays. Un blason qui reprend l’insigne de Rainier-Ier. En Principauté, ils sont une quinzaine à pratiquer le béhourd sous la bannière de l’association monégasque de combat médiéval. C’est une bande de copains. Sans prétention d’ouvrir le cercle à un public plus large. Ni d’évoluer au plus haut niveau. D’ailleurs, ce samedi dans la lice circulaire de Fontvieille, ils ne se frotteront pas à la crème du combat médiéval.

« On est des novices pour l’instant », avoue, sans ambages, Arnaud. Au cours de l’un des mariages de la famille princière, des démonstrations de joutes médiévales ont été organisées pour divertir les invités. Ce moment-là a fortement inspiré la création de cette équipe monégasque. Depuis, celle-ci a participé à trois compétitions officielles : Tourcoing, Saint-Dizier et, dernièrement, Laon. Sans parler de leur exhibition lors de la fête de la Saint-Jean et de la Rencontre des sites historiques Grimaldi. « Au dernier classement officiel, on pointe à la sixième place du championnat de France sur une vingtaine d’équipes », confie Philippe Rebaudengo, secrétaire général de l’association.

Pour performer, pas de secret : s’entraîner plusieurs fois par semaine, répéter sans cesse ses gestes, apprendre à encaisser les coups. Ces gars-là sont déjà rodés. Beaucoup baignent dans le milieu des sports de combat depuis plusieurs années. « Il faut être solide sur ses jambes, avoir un bon cardio et savoir faire des projections. Pour mettre à terre un adversaire, il faut soit l’épuiser, soit taper très fort, soit le contourner pour le projeter à terre », décrit Arnaud.

Ce jour-là, au troisième étage d’un bâtiment de Fontvieille, ils sont quatre à se retrouver pour un entraînement. Un faible effectif dû aux emplois du temps chargés des uns et des autres.

Dans un coin de la pièce, un « mannequin » de pneus noirs sur lequel ces « chevaliers » des temps modernes s’acharnent. A coups d’épée, de hache, de masse. Peu importe l’arme médiévale, l’objectif étant de parfaire son geste, de mettre l’intensité nécessaire.

Au milieu, une lice en bois rectangulaire. C’est là que l’équipe prépare ses futurs combats. « On ne met que deux fois par mois l’intégralité de l’armure. On ne veut pas abîmer le matériel, ni se blesser. On se préserve. Le reste du temps, on utilise des armes plus souples (enveloppées de mousse, NDLR) et des boucliers légers », détaille Arnaud. En revanche, le casque est souvent enfilé pour les besoins de l’entraînement. Pour s’acclimater au poids et à la chaleur, d’abord. Pour se mouvoir tout en supportant plusieurs kilos sur la boîte crânienne, ensuite.

Au programme du jour : beaucoup d’endurance. Les coéquipiers s’envoient un ballon orange de huit kilos tout en tournant en rond. Le tout suivi d’une séance de gainage. Dans la foulée, ils enchaînent sur du fractionné. Comprendre, plusieurs ateliers successifs entrecoupés de pauses furtives. Le premier tape de toutes ses forces avec une masse sur un énorme pneu noir, le deuxième pousse une centaine de kilos, le dernier enchaîne les allers-retours dans la lice. Enfin, pour finir l’entraînement, un atelier de frappe est programmé sur le mannequin, avant les étirements.

Soyons honnêtes, dans cette pratique, les hématomes sont légion. La totalité de l’équipement pèse pas moins de 30 kilos. Alors quel plaisir dans le béhourd ? « C’est un voyage dans le temps. Combien de fois a-t-on joué aux chevaliers étant petit ? C’est un peu un rêve éveillé, sourit Arnaud, également passionné d’histoire. La première fois que j’ai enfilé toute l’armure, les premiers pas c’était comme être sur la Lune. »

L’équipe Grimaldi Milites s’entraîne plusieurs fois par semaine pour des combats à venir. Sur les deux photos de droite, un affrontement officiel à Laon.

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