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Depuis l'interdiction de circulation des poids lourds dans la Roya, la qualité de vie s'est "améliorée" mais reste perfectible

Mis à jour le 06/06/2019 à 11:20 Publié le 06/06/2019 à 12:00
Au village de Fontan, le long de la RD 6204, la plupart des bâtiments sont zébrés de fissures. Conséquences du trafic incessant des poids lourds.

Au village de Fontan, le long de la RD 6204, la plupart des bâtiments sont zébrés de fissures. Conséquences du trafic incessant des poids lourds. Photo Cyril Dodergny, A.D.S. et S.W.

Depuis l'interdiction de circulation des poids lourds dans la Roya, la qualité de vie s'est "améliorée" mais reste perfectible

Il y a un an et demi, les cinq maires de la vallée de la Roya ont pris un arrêté interdisant la circulation aux poids lourds de plus de 19 tonnes. La bataille juridique n’est pas terminée, mais dans les villages, les effets se font déjà sentir. La route sera encore longue avant d’enrayer le fléau.

"Moins de camions, plus de moutons." À l’entrée du tunnel d’Olivetta, entre France et Italie, le ton est donné. Bien que conclue par un naïf smiley sourire, l’inscription résume la pensée profonde des habitants de la Roya depuis que l’arrêté anti poids lourds est entré en vigueur, en 2017.

>> LIRE AUSSI. Dans la vallée de la Roya, le combat contre les poids lourds continue

Ces derniers mois, les commerçants et riverains de la vallée ont noté une amélioration de leur qualité de vie. "On respire enfin...", témoigne Giacomina Locatelli, gérante de l’épicerie Les Arcades de Fontan. Seul un trottoir sépare la RD 6204 et la porte de son commerce. Avant l’application de l’arrêté, il y avait un bruit permanent. Les vitres de la boutique tremblaient sans cesse et nous avions toujours une appréhension à marcher le long de la route car certains camionneurs n’hésitaient pas à monter sur le trottoir pour doubler!"

Des stigmates encore visibles

Un second souffle partagé par Hervé Pardin, responsable du restaurant Le Pressoir de Breil-sur-Roya, situé au bord de la RD 6204.

"Grâce à cet arrêté, nous pouvons exploiter à 100 % notre terrasse. Nous allons même l’égayer davantage avec de nouveaux parasols et un décor plus travaillé."

L’un des employés du Pressoir a noté une évolution frappante... sur son chiffon. "À cause des pots d’échappement, il y avait des dépôts noirs sur les tables. Aujourd’hui, l’air est clairement moins pollué."

Pour autant, l’arrêté anti poids lourds ne semble pas avoir impacté l’économie locale. "Je n’ai pas plus de clients et pas constaté de conséquences réelles sur le chiffre d’affaires. C’est peut-être encore un peu tôt", analyse Hervé Pardin.

Le long de la route départementale, le soulagement des commerçants de la Roya est partagé par les riverains. "Avant cette interdiction, nous avions sans arrêt des coupures d’eau", témoigne Jocelyne Leroy, habitante de Fontan depuis un an et demi.

Néanmoins, le trafic des camionneurs a laissé des stigmates. Particulièrement sur les façades des murs. La plupart des bâtiments sont zébrés dans l’encadrement des portes et des fenêtres, au point que de nombreux travaux ont dû être entrepris par les particuliers. Serge Pascucci, ancien artisan, a notamment été appelé à maintes reprises pour sécuriser les immeubles longeant l’artère, à Fontan. "Dans certaines maisons, le carrelage s’était même fendu à cause des vibrations."

Sommeil partiellement retrouvé

De son point de vue, l’arrêté anti poids lourds n’a pas mis un coup de frein définitif au problème. "Certains transporteurs ont déjà trouvé des astuces..." Il n’a pas échappé à Serge Pascucci - comme à bon nombre d’habitants - que des routiers circulent désormais de nuit et à l’aube, au volant de gros camions, pour éviter les contrôles. Empêchant quelques riverains de dormir paisiblement, quand le vacarme ne les réveille pas tout bonnement.

"Des camions passent régulièrement entre 5 h et 6 h du matin..., confirment à deux voix Carole et Joseph Votano. Soulignant que leur qualité de vie s’est tout de même améliorée. « Avant l’arrêté, nous avions un mauvais sommeil. Aujourd’hui, c’est bien plus supportable."

Pour le couple, l’arrêté anti poids lourds symbolise une délivrance après une amère désillusion. Carole et Joseph avaient en effet acheté leur maison en 2003, le long de la RD 6204. À cette époque, un projet de voie de contournement du village de Fontan était à l’étude. "Nous avions espoir que cela aboutisse. Mais au final, rien n’a été fait", regrettent-ils.

Instigateur d’une pétition en soutien aux cinq maires, le Tendasque Alain Simon reste également favorable à la création d’un détour, afin d’oxygéner - de manière pérenne et durable - les centres villages. Même s’il ressent les effets bénéfiques de l’arrêté anti poids lourds, Alain Simon n’en appelle pas moins à la vigilance: "Les transporteurs italiens mettent la pression et certains chercheraient à s’implanter localement pour bénéficier du statut “desserte locale”."

Un an et demi après l’application de l’arrêté, une grande majorité de la population de la vallée salue les effets de la mesure. À condition que les règles soient respectées par les transporteurs.

"La seule solution serait des contraventions à répétition. Il y a des contrôles partout dans la vallée mais les agents ne sont pas capables de repérer des 19 tonnes!", s’offusque une Breilloise, Sandra. Consciente que la sécurité de ses enfants est davantage assurée... en journée.

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Illustration Photo Cyril Dodergny, A.D.S. et S.W.

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