“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez comment le Var s’est illustré dans l’architecture balnéaire

Mis à jour le 20/09/2019 à 22:15 Publié le 20/09/2019 à 18:00
Caroline et ses enfants au Merlier à Ramatuelle, un village de vacances signé par l’Atelier Montrouge et Louis Arretche Architectes. Ils y viennent pendant les vacances scolaires.

Caroline et ses enfants au Merlier à Ramatuelle, un village de vacances signé par l’Atelier Montrouge et Louis Arretche Architectes. Ils y viennent pendant les vacances scolaires. Photo Geoffroy Mathieu, Valérie Le Parc et Pascale Bartoli

Découvrez comment le Var s’est illustré dans l’architecture balnéaire

Tout au long des Trente Glorieuses, la Côte s’est dotée d’ensembles d’habitations pour répondre à l’explosion du tourisme de masse. Le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) du Var y consacre une exposition à partir du 19 septembre à Toulon.

Il y a plus de 180.000 résidences secondaires dans le Var (Chiffres de l’INSEE datant de 2016, NDLR). Près de 9 millions de touristes viennent chaque année profiter de notre beau département (Données de Var Tourisme, 2017, NDLR). L’attrait du coin ne date pas d’hier. Il découle plutôt de l’avènement du tourisme de masse dans les années cinquante et soixante.

À cette époque, pour accueillir tout ce joli monde – et profiter de la manne financière qui en découle –, il a fallu construire des logements. Résidences de vacances, immeubles, groupes de maisons, villages…

"Le Var a la particularité d’avoir cherché à préserver son littoral à l’époque, précise Pascale Bartoli, architecte ayant réalisé sa thèse sur cette thématique. Dans les années vingt, les communes se sont associées en syndicat pour développer le littoral tout en préservant le paysage. C’est un des seuls endroits où on a fait ça, surtout si tôt."

L’héritage de cette volonté est toujours là, à l’heure où dans des départements voisins, on bétonne à tout va.

architecture à la pointe

Bref, le Var s’est clairement illustré dans l’architecture balnéaire des Trente Glorieuses.

"C’est une terre d’expérimentation et d’innovation", assure Pascale Bartoli. C’est ce qu’a voulu mettre en avant le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) lors de sa prochaine exposition. Elle se déroule rue des Arts à Toulon du 19 septembre au 20 décembre (voir le programme page suivante).

"L’architecture de cette époque relève quasiment de l’utopie. Il y avait un côté avant-gardiste. Les professionnels travaillant pour des logements de vacances, se sont senti beaucoup plus libres dans leurs créations. Ils osaient beaucoup plus que pour de l’habitat classique."

Port Grimaud, un projet fou, imaginé et réalisé par François Spoerry.
Port Grimaud, un projet fou, imaginé et réalisé par François Spoerry. Photo VLP
Suzy vit depuis quarante ans dans le village des Fourches, domaine du Gaou Bénat à Bormes.
Suzy vit depuis quarante ans dans le village des Fourches, domaine du Gaou Bénat à Bormes. Photo Geoffroy Mathieu, Valérie Le Parc et Pascale Bartoli

Un laboratoire de réflexion pour casser les codes, les habitudes, le quotidien. C’est là qu’on a commencé à voir par exemple des cuisines ouvertes, des placards intégrés… Il fallait coller à une nouvelle manière de vivre à une époque où les Français découvraient les vacances.

"On peut également observer l’importance des espaces extérieurs. Ils sont assez peu présents dans le logement classique alors qu’ici, c’est un point essentiel."

L’autre point important qui accrédite le côté utopique, c’est cette volonté de créer une communauté de vacanciers.

"Lorsque l’on regarde Port Grimaud par exemple, ou encore le domaine du Gaou Bénat à Bormes-les-Mimosas, c’est assez frappant. On retire les voitures, les enfants vivent en liberté, on se côtoie…", développe l’architecte.

Aujourd’hui encore, ces lieux font office de madeleine de Proust pour les résidents, qui se replongent avec nostalgie dans des souvenirs heureux.

Un changement notable s’est pourtant opéré. Ces résidences secondaires, destinées aux vacances, sont devenues, pour certains, des habitations à l’année.

Des réaménagements à l’intérieur même des logements ont parfois été opérés pour s’adapter à leurs nouvelles fonctions.

"C’est vrai que l’on est beaucoup moins dans les habitudes de l’époque et des sacro-saintes trois semaines de vacances en août. Avec notamment la mobilité qui est facilitée, les séjours s’étendent beaucoup plus. Les retraités peuvent venir par exemple plus de la moitié de l’année. Certaines personnes y vivent même à plein temps", résume Pascale Bartoli.

Manuella habite à La Rade Ensoleillée à Bormes-les-Mimosas. Il s’agit d’un ensemble collectif construit entre 1967 et 1975.
Manuella habite à La Rade Ensoleillée à Bormes-les-Mimosas. Il s’agit d’un ensemble collectif construit entre 1967 et 1975. Photo Dylan Meiffret
Athéna Port du côté de Bandol.
Athéna Port du côté de Bandol. Photo Geoffroy Mathieu, Valérie Le Parc et Pascale Bartoli

L’exposition du CAUEaborde une quinzaine de structures et autant d’architectes sur tout le littoral varois.

"Nous nous sommes concentrés sur ce qui s’est fait de mieux, les constructions les plus exemplaires, les plus innovantes", rapporte celle qui a été choisie comme commissaire.

Mais plus que les bâtiments, l’événement s’intéresse à leurs habitants.

"On entre dans l’architecture. On axe sur le côté humain." L’exposition y pénètre au travers de deux médiums. La photographie d’abord, sous l’objectif de Geoffroy Mathieu. Il a réalisé quelque vingt-trois portraits d’habitants dans leur lieu de vie. Jean-Luc Charles, vidéaste, a, quant à lui, posé sa caméra pour recueillir des témoignages.

"Ce qui m’a touché, c’est le rapport très affectif que ces personnes entretiennent avec les lieux. Ils se sont fabriqué un petit coin de paradis, un espace un peu hors du temps. Ces endroits vous nourrissent, vous construisent", relate-t-il.

Ces récits montrent à quel point, plus de cinquante ans après ces "utopies" sont devenues une réalité un peu à part.

Le programme d’architectopies

Architectopies se déroule du 19 septembre au 20 décembre, en plein air, rue des Arts à Toulon mais aussi à la Galerie 15. Plus qu’une exposition photo et vidéo, le CAUE du Var a voulu proposer au public un ensemble d’activités en lien avec l’architecture des ensembles balnéaires varois. Quelques exemples.

En septembre: Pierrot le fou, cinéma en plein air (le 21 à 20 h 30). Ateliers arts plastiques et architecture (les 21, 25 et 28 à 14h30). Promenade architecturale (les 18, 20, 21 et 22 à 9h45).
En octobre: Ateliers photos et architecture (les 2, 5, 9, 12 et 16 à 14h). Ateliers Archikit kid (les 19, 21, 22, 23, 24 et 25 à 14h). Un après-midi ludique (le 19 à 15h).
En novembre: Ateliers d’écritures et d’architecture (les 6, 9, 13, 16 et 20 à 14h).
En décembre: Lecture performance (le 6 à 18 h). La Fabrique Architectopies montrera tous les travaux réalisés par le public au cours des différents ateliers.


Savoir+
Tél. et programme complet : CAUE 04.94.22.65.75. cauevar.fr.
La Galerie 15, rue Pierre Sémard est ouverte du mardi au samedi de 14 h à 18 h.


Les portraits

pascale bartoli
La commissaire de l’exposition est architecte et docteur en architecture. Elle a créé son agence en 2006 à Marseille en association avec Thierry Lombardi.

geoffroy mathieu
Photographe, il a précédemment abordé des sujets en lien avec les questions écologiques et politiques et leur intégration dans le paysage.

Jean-Luc Charles
Photographe et vidéaste. Il s’intéresse aussi bien à la ville qu’aux domaines artistiques. Il saisit l’instant, le mouvement de la vie dans la quotidienneté.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.