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De la Grotte de l'Observatoire à la Tour Odéon…

Mis à jour le 17/12/2016 à 05:06 Publié le 17/12/2016 à 05:06
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De la Grotte de l'Observatoire à la Tour Odéon…

Retrouvez, une fois par mois, la chronique du Comité national des traditions monégasques

La grotte de l'Observatoire, au sein du Jardin Exotique, livre à ce jour les traces des premiers habitants de Monaco. Ce nom vient de la présence d'un petit observatoire astronomique (aujourd'hui disparu), construit en 1889 par le docteur Guérard, situé au-dessus de l'entrée de la grotte et niché sur un mamelon rocheux qui s'appelait en monégasque « u bàussu » ou bien « u bàussu d'ë Revëre », c'est-à-dire « le rocher » ou « le rocher des Révoires ».

Le Prince Albert-1er, scientifique et mécène éclairé, pressentait depuis longtemps le potentiel archéologique de cette cavité nichée dans cette falaise, au nord-ouest de la Principauté. Mais il fallut néanmoins attendre 1916, il y a donc cent ans cette année, à l'occasion des travaux entrepris pour créer le Jardin Exotique pour que des vestiges archéologiques soient découverts. Louis Notari, un des fondateurs du Comité National des Traditions Monégasques et à l'époque ingénieur en chef et Directeur des Travaux Publics de Monaco, écrivait dans ses notes de La Légende de Sainte-Dévote en 1927.

« Une curiosité naturelle »

« C'est au cours des travaux, pour créer un jardin exotique, que nous avons eu la chance de découvrir une caverne immense, profonde de plus de 100 mètres et descendant jusqu'au niveau de la mer. Cette caverne sera sûrement, tôt ou tard, aménagée pour le public comme une curiosité naturelle remarquable, mais pour l'instant on s'est borné à en extraire des ossements préhistoriques et des restes des industries primitives ».

En effet, durant les quatre années qui suivirent, le chanoine Léonce de Villeneuve, directeur du premier Musée d'Anthropologie préhistorique de Monaco fondé par le Prince Albert-1er en 1902, y entreprit des fouilles de sauvetage. Grâce à ces fouilles (1916-1920) et aux chantiers qui suivirent (Louis Barral et Suzanne Simone, 1982-1987), trois grands ensembles archéostratigraphiques, séparés par des planchers stalagmitiques, ont été mis en évidence : le Paléolithique supérieur dans la Chambre, le Paléolithique moyen dans la Crypte et le Paléolithique inférieur dans la Fosse.

Du rongeur à l'Homo erectus

Qui étaient les occupants de la grotte de l'Observatoire ? Les premières traces d'installation à l'Observatoire datent de plus de -350 000 ans (rongeur disparu : Pliomys episcopalis) et on les trouve tout le long du Paléolithique jusqu'à - 25 000 ans, la plus longue période de la Préhistoire, durant laquelle la société humaine ne produit pas encore sa nourriture et est composée exclusivement de chasseurs-cueilleurs.

Les plus anciens occupants, des Homo erectus, chassent essentiellement le cerf et le bouquetin et utilisent des éclats de grande taille ainsi que des bifaces, premiers couteaux de l'histoire de l'humanité. Des galets, de taille moyenne et de forme sphérique, ont aussi été retrouvés en grande quantité. Cette association d'outils est très originale et fait la particularité de ce site monégasque dans le monde entier ! [lire un article paru dans une revue internationale de rang A par E. et O. Notter, S. Simone et P. Simone].

L'approche scientifique

Suite à ces derniers travaux, et grâce à cette équipe monégasque du Musée d'Anthropologie préhistorique de Monaco, les fouilles se poursuivent dans certaines parties de la grotte de l'Observatoire et les recherches continuent en laboratoire. De nouvelles méthodes et approches scientifiques (1) permettent aussi de reconsidérer avec « un regard nouveau » les collections issues de fouilles anciennes (2) et modernes. En 2016 (3), les chasseurs-cueilleurs paléolithiques de l'Observatoire n'ont donc pas fini de nous révéler tous leurs secrets. On était à des années lumière, c'est certain, du confort des Monégasques d'aujourd'hui…


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