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De groupe scolaire à lieu de fastueuses réceptions, retour sur l'histoire du Domaine Charlot à Beausoleil

Avant sa réhabilitation pour un projet socioculturel de 15M€ à Beausoleil, cette bâtisse du XIXe siècle a été investie par quatre street artistes. Retour sur l'histoire du du Domaine Charlot.

Marie Cardona Publié le 25/07/2022 à 11:30, mis à jour le 25/07/2022 à 13:06
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Construite en 1883, la villa Chêne du domaine Charlot, que l’on voit depuis le Casino, a servi d’école puis fut le théâtre de grandes réceptions avec des hôtes prestigieux. Photos Fonds privés Bottin

À la fin du XIXe siècle, l’emprise que l’on nomme "Domaine Charlot" est vierge de tout béton. Propriété de la riche famille Médecin-Crovetto, une partie de l’emprise foncière est acquise, le 20 décembre 1883, par Françoise Chêne.

Dans l’acte notarié de l’époque, l’épouse du propriétaire de l’imprimerie artistique de Monaco déclare vouloir ériger une maison sur ce terrain proche des chemins qui grimpent vers le Riviera Palace, témoin majestueux de la Belle Époque. La "Villa Chêne" est alors bâtie sur quatre étages avec pas moins de 55 fenêtres.

En juin 1984, quelques années après les lois dites "Jules Ferry"- rendant l’école laïque, gratuite et obligatoire -, le préfet de l’époque somme le maire de La Turbie, François Gastaut, de dénicher un lieu pour ne pas priver les enfants de sa commune des bienfaits de l’instruction. Notamment ceux de la conséquente colonie piémontaise basée au sein du Carnier, bas quartier de La Turbie.

 

L’édile jette alors son dévolu sur la villa Chêne du domaine Charlot, alors loué par M. Canetto à Françoise Chêne. Le conseil municipal valide la décision le 11 juillet 1894. D’octobre de la même année à septembre 1903, les lieux abriteront le groupe scolaire, incluant deux écoles à classe unique pour chaque sexe, ainsi que deux logements pour l’instituteur et l’institutrice.

Le tout étant loué 2.000 francs par mois par la commune.

En 1903, deux décennies après avoir acheté le terrain et construit la villa sur ses propres deniers, Françoise Chêne vend la propriété à Henri Médecin. L’homme, issu d’une riche famille de notables possédant moult propriétés sur la Principauté et Beausoleil, est un industriel, négociant et distributeur en bois et charbons à Monte-Carlo.

Il assure plusieurs charges électives au Conseil communal et au Conseil national.

Un inventaire des biens au domaine Charlot, dans un acte de 1932, atteste de la présence d’une très belle cave : 1 500 bouteilles de rosé et de blanc de la récolte familiale et 50 bouteilles des vins de Bellet.

 

Il est aussi question d’une laiterie et d’une écurie. Henri Médecin possède d’ailleurs plusieurs attelages, calèches et sulkys coupés et recrute même le cocher de la belle-sœur du roi d’Italie.

Au cœur du domaine Charlot se succèdent bon nombre d’hôtes prestigieux, dont le prince Louis II de Monaco et l’artiste russe Erté. "C’est devenu une villa de maître, plein de lustre, avec la tenue de bals et la réception de têtes couronnées, de princesses, explique Gérard Spinelli, maire de Beausoleil. Avec la Seconde Guerre mondiale, c’est devenu un lieu d’approvisionnement pour le charbon et de distribution de lait dans l’écurie. Après cela, le domaine Charlot s’est transformé en une auberge espagnole avec plusieurs appartements, des cuisines et salles de bains communes."

Jusqu’à l’acquisition, en 2008, par la Ville de Beausoleil. Et l’ouverture d’un nouveau chapitre de sa trépidante vie.

Henri Médecin, qui possédait plusieurs attelages et calèches sur sa propriété, avait recruté Giovanni Elena, le cocher de la belle-sœur du roi d’Italie.

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