“RhĂŽooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

DĂ©couvrez l’offre abonnĂ©s numĂ©rique > J’en profite

David Mayman, l'homme qui volait dans le ciel de Monaco

Mis à jour le 30/09/2016 à 05:14 Publié le 30/09/2016 à 05:14
Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

David Mayman, l'homme qui volait dans le ciel de Monaco

Du tarmac de l'héliport de Fontvieille, David Mayman s'est envolé dans le ciel de la Principauté grùce à son « bébé », le Jetpack JB-10. Quand la fiction devient réalité pendant 5 minutes...

DerriÚre un rideau bleu, David Mayman se cache des regards indiscrets. Les traits du visage tendus. Il enveloppe délicatement ses jambes d'une couche d'aluminium puis enfile sa combinaison noire. « Avec le souffle des turboréacteurs, cela pourrait prendre feu si jamais il y avait une fuite de kerosen. Alors, on le protÚge », lùche un membre du staff autour de lui, avant de l'isoler des curieux.

Le pilote australien de 53 ans exige d'ĂȘtre seul dans sa bulle. Sans doute pour ne pas ĂȘtre distrait avant son dĂ©collage imminent sur le tarmac de l'hĂ©liport de Fontvieille.

Pas d'un hélicoptÚre, non. Mais de sa propre création, fruit de décennies d'études et de tests. Une machine volante qui répond au doux nom de Jetpack JB-10. Sorte d'Hoverboard tout droit sorti de Retour vers le futur mais qu'on enfile sur le dos.

"On n'est pas Ă  l'abri d'un accident"

17 heures. David Mayman traverse la foule pour le lancement mondial de son « bébé », aprÚs un essai secret à New York, il y a moins d'un an.

Un furtif baiser Ă  sa femme, Saschi. Puis, un cĂąlin pour ses deux filles, Georgina et Charlotte. « On est un peu stressĂ©es, avoue l'Ă©pouse du pilote. C'est quand mĂȘme dangereux, on n'est pas Ă  l'abri d'un accident. »

Sur la plate-forme, le crĂ©ateur enfile la « bĂȘte », dotĂ©e de deux puissants propulseurs. « Qu'est-ce que vous regardez les gars ? », assĂšne-t-il Ă  la nuĂ©e de camĂ©ras pour dĂ©tendre l'atmosphĂšre.

Il tourne les talons et se dirige vers le précipice de la grande bleue. Avec des allures de Robocop dans la gestuelle.

Une minute, deux, puis trois. Sans que rien ne se passe. Georgina, sa fille de 14 ans, se tient le visage dans ses mains, les yeux embués par le stress.

Et puis Ă  17 h 11, droit comme un I, David Mayman s'Ă©lĂšve dans les airs. Dans un bruit sourd, des volutes de fumĂ©es s'Ă©chappant des rĂ©acteurs. « Ça a la puissance d'un avion, ce truc ? », lance un observateur avisĂ©, aux premiĂšres loges. Boules Quies de rigueur pour attĂ©nuer la vrombissante acoustique de 120 dĂ©cibels.

"Un homme volant"

Le pilote devient minuscule à mesure qu'il s'éloigne de l'héliport, solidement escorté par la police maritime.

Le « Superman » humain enchaĂźne les virages et les tours sur lui-mĂȘme Ă  vingt mĂštres d'altitude, grĂące Ă  ses manettes. Un brin frileux sur la vitesse, toutefois. Pas de quoi doucher l'enthousiasme effrĂ©nĂ© des spectateurs. « Un homme volant, il n'y a vraiment qu'ici qu'on peut voir ça », s'extasie Peter, les yeux Ă©bahis.

Cinq minutes de pirouettes. Et puis, le retour sur la terre ferme, sous les applaudissements nourris de la foule et les sirĂšnes hurlantes des bateaux.

« C'est le meilleur. Il a tellement travaillĂ© pour ce jour », lance sa femme Saschi, la peur ayant laissĂ© place Ă  une fiertĂ© incommensurable. Quand le rĂȘve d'enfant se mue en un vol pour l'histoire. Quand la fiction devient rĂ©alitĂ©. Quand le futur devient le prĂ©sent.

"Comme conduire un tapis volant"

« J’ai toujours eu cette idĂ©e folle dans un coin de ma tĂȘte », confie David Mayman.
« J’ai toujours eu cette idĂ©e folle dans un coin de ma tĂȘte », confie David Mayman. Photo M.A.

«He did it ! » À peine a-t-il reposĂ© le pied sur le tarmac de l’hĂ©liport qu’une nuĂ©e de journalistes l’encercle. Fier mais Ă©prouvĂ© par cette premiĂšre,David Mayman se prĂȘte volontiers au jeu des questions-rĂ©ponses. Non sans un brin d’humour.

Qu’est-ce qu’on ressent dans les airs?
C’est comme conduire un tapis volant (rires).Il n’y avait pasd’avion autour de moi, doncj’avais une vraie libertĂ© dansmes mouvements.
En haut, en bas, Ă  gauche, Ă  droite.

Un instant magique

On peut aller jusqu’à 160 km/h mais pas aujourd’hui.J’avais un peu peur (rires).

Arriver Ă  ce moment-lĂ  a dĂ» vous demander des annĂ©es d’entraĂźnement?
Dix ans! Mais vous, si vous voulez voler, vous n’aurez pas besoin d’autant de temps. Personnellement, j’ai fait beaucoup d’erreurs qui m’en ont fait perdre. DĂ©sormais, je peux entraĂźner quelqu’un Ă  voler pendant une  ou deux semaines.Tout le monde peut le faire! C’est comme conduire une voiture, mais en plus marrant.

ConcrĂštement, comment fonctionne le Jetpack JB-10?
Cela peut paraĂźtre enfantin mais vous avez la poignĂ©e de droite pour contrĂŽler la puissance etcelle de gauche pour s’orienter. Et aprĂšs, deux puissants turbo-rĂ©acteurs qui dĂ©gagent prĂšs de 1000 chevaux. La machine pĂšse lourd: 74 kgavec le rĂ©servoir plein.MoitiĂ© moins, Ă  vide.

D’oĂč vous est venue cette idĂ©e folle?
Je l’ai toujours eu dans un coin de ma tĂȘte.J’avais vu l’homme volant dans les films, dans les dessins animĂ©s. J’ai, pour ma part, volĂ© dans des hĂ©licoptĂšres, c’était une vraie passion. Finalement, c’est un rĂȘve de gosse que j’ai pu rĂ©aliser aujourd’hui.Maintenant, je veux voir d’autres gens prendre le contrĂŽle de cette machine et voler.

À quoi peut-elle servir, justement ?
Avec celle-ci, on va faire des dĂ©monstrations et des vols de formations. AprĂšs, elle peut ĂȘtre utilisĂ©e pour des usages militaires, pour Ă©vacuer quelqu’un par les airs, en cas d’agression par exemple. Pour extirper des personnes d’un endroit inaccessible par l’hĂ©licoptĂšre. Mais peut-ĂȘtre avec une autre version automatique, sans pilote.

Un petit mot pour votre famille qui semblait trÚs inquiÚte avant le décollage?
Merci de m’avoir tant supportĂ©. Je ne les ai pas beaucoup vues car j’avais pour obligation d’aller souvent aux États-Unis.Cela m’a pris beaucoup de temps.Alors, merci Ă  elles.

D’autres endroits de rĂȘve pour voler aprĂšs New York et Monaco ?
Sydney, c’est certain. Et puis Londres et San Francisco...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.