Dans son livre, cet expert décrit Monaco comme "la cité-État du monde du luxe"

Bruno Lavagna vient de publier un ouvrage intitulé "Géopolitique du luxe". En quarante fiches, le Monégasque trace les contours d’un domaine qui mêle art de vivre et savoir-faire. Interview.

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Joëlle Deviras Publié le 29/11/2021 à 11:07, mis à jour le 30/11/2021 à 15:52
Bruno Lavagna présente son livre "Géopolitique du luxe". Photo J. D.

Qu’est-ce que la planète luxe? S’il est facile à tout un chacun de dire ce qui ne l’est pas, il est bien plus délicat de tracer les contours d’un domaine qui mêle savoir-faire et art de vivre, universalité et subjectivité.

Bruno Lavagna s’est confronté à cette difficulté et tente de décortiquer les éléments du luxe à travers les modes, les pays, les politiques. Dans un ouvrage de 184 pages qu’il intitule Géopolitique du luxe, découpé en quarante fiches thématiques, le Monégasque explore toutes les composantes du luxe.

Directeur-fondateur de Be. Exclusive, Bruno Lavagna est expert international (métiers d’art, yachting, mode et accessoires, parfums et cosmétiques, gastronomie…) et consultant en géostratégie du luxe.

Il intervient au Master of Science in Luxury Management à l’International University of Monaco (IUM) en tant que conférencier, ainsi que dans le cadre de plusieurs ambassades de Monaco (Unesco, Europe, Russie, États-Unis, Chine, Inde, Japon, Australie…).

Comment vous est venue l’idée d’écrire un tel ouvrage?
Ma mère a enseigné l’histoire et la géographie et m’a transmis sa passion dès mon enfance. Par ailleurs, le luxe est le secteur dans lequel je travaille depuis 35 ans. Début 2019, alors que j’organise un rendez-vous entre un ami qui travaille dans la finance et la direction de chez Eyrolles, il m’est proposé de rédiger un ouvrage pour compléter la collection "Géopolitique", la maison d’éditions créée il y a quatre ans. En mars 2019, on me commande ce livre.

Y a-t-il une capitale mondiale du luxe?
Oui et non. Paris en est une et la France domine le marché du luxe. Sur les dix marques les plus valorisées en 2019, six sont françaises dont le top trois avec Louis Vuitton, Chanel, Hermès. Puis il y a aussi Cartier, Dior et Yves Saint-Laurent. Mais les capitales du luxe sont aussi Tokyo, Pékin, New Delhi, Marrakech, New York… Les pays avec le plus grand nombre de marques de luxe sont les États-Unis, la Suisse, l’Italie et l’Espagne.

Le luxe n’est pas une marque, c’est un état d’esprit

Quelle définition donneriez-vous du luxe?
Luxe vient de "luxus" qui signifie "lumière", excellence, mais aussi "fracture", rupture. Le luxe n’est pas une marque, c’est un état d’esprit, un art de vivre. Il est à la fois intemporel et immatériel. Il sort des sentiers battus.

En quoi une marque de luxe de reconnaissable?
Une marque est avant tout une maison créée par un homme ou une femme qui a développé un savoir-faire et un produit. Il ou elle a fait d’un objet pratique une petite perfection.

Le luxe doit-il nécessairement répondre aux défis environnementaux ou en est-il étranger?
Le luxe est toujours précurseur. Il est donc normal qu’il se soit intéressé aux défis environnementaux avant les industries de masse. Les marques de luxe respectent et ont anticipé les gestes écoresponsables. De plus, le client veut donner du sens à son achat. Par ailleurs, les grandes maisons rachètent les petits ateliers de corseterie, de bonneterie, de dentelles, de plumes pour conserver les savoir-faire. Elles sont ainsi pourvoyeuse d’emplois locaux.

La Principauté est-elle luxueuse?
Monaco est bien sûr une cité-Etat du monde du luxe et de l’excellence, encore plus iconique que Singapour ou Dubaï. C’est l’écrin de LVMH ou Chanel. Son image à l’international est présente dans l’hôtellerie, la gastronomie, le sport, l’environnement, l’humanitaire, la culture,...

L'ouvrage "Géopolitique du luxe"

De Bruno Lavagna. Éditions Eyrolles. Collection Géopolitique. 184 pages. En librairie depuis le 18 novembre.
Prix: 17,90 euros. Dédicace à la Fnac de Monaco le 6 décembre.

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