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Dans la tête du président du jury du film fantastique

Mis à jour le 21/10/2018 à 05:02 Publié le 21/10/2018 à 05:02
Avec « son  » jury, Hervé Renoh verra les courts-métrages en compétition dans les mêmes  conditions que les spectateurs. 	(DR)

Dans la tête du président du jury du film fantastique

Le réalisateur Hervé Renoh (L'Ennemi, Lola, Cassandre…) préside les délibérés au festival du film fantastique de Menton. Il met en lumière ce rôle « subjectif » et l'importance des prix décernés

Hervé Renoh vient de finir une série de tournages. À Marseille, le réalisateur a travaillé sur plusieurs épisodes de la série policière Léo Matteï, diffusée sur TF1. Ensuite, il a pris la route de la Cité du citron, direction le casino Barrière. C'est le théâtre du Festival du film fantastique de Menton, qui se déroule là jusqu'à ce soir, et Hervé Renoh est président du jury.

Dix-huit courts-métrages sont en compétition, et cinq prix en jeu - celui du festival, de l'interprétation féminine, masculine, du meilleur scénario, et du meilleur film d'animation -. Il revient donc à « son » jury, cinq personnes en tout, d'attribuer les récompenses. Après des débats qui durent « parfois des heures », lance Hervé Renoh.

« Orienter les débats et essayer de convaincre »

Il parle d'expérience. Le réalisateur a déjà endossé le costume de jury. Ce vécu lui permet donc de mettre en lumière les ressorts de la décision du jury, les réflexions qui permettent de pencher pour tel ou tel film. « Je suis là pour être totalement subjectif, explique-t-il tout de go. Je revendique cette subjectivité : l'art et ce métier sont faits de passion et de coups de cœur… »

Pourtant, l'affect n'est pas le seul élément qui rentre en ligne de compte, au moment de faire un choix. Loin de là. Il faut jauger « l'ensemble de la proposition artistique entre le scénario, la réalisation, les comédiens, explique le réalisateur de deux longs-métrages et de plus de trente téléfilms et autres épisodes de séries télévisées. On voit souvent, aux César ou aux Oscars, un film rafler plusieurs prix. Ce n'est pas un hasard : un film est un tout ». Lui croit au « collectif dans le cinéma », et « c'est ça qu'il faut récompenser ».

Avec toutes ces données en tête, son rôle de président est d'« orienter les débats, et d'essayer de convaincre les autres membres du jury de se ranger à mon avis », répond celui qui a collaboré au film Indochine, sorti en salles en 1992, Oscar du meilleur film étranger. Il rit, et puis : « Je peux être très convainquant ».

D'ailleurs, Hervé Renoh ne veut « surtout pas de consensus mou », préfère « une bonne discussion passionnée ».

La décision des membres du jury est lourde de conséquences. Ces prix ont beaucoup d'impacts, pour les réalisateurs, et Hervé Renoh le sait. « On a une responsabilité vis-à-vis des artistes qui ont fait des films, dit-il. Un court-métrage, c'est des mois et des mois de travail, un long-métrage, des années et des années de travail ».

Des prix qui peuvent « changer une carrière »

Un prix, c'est donc une forme de reconnaissance, une manière d'envoyer un message. « On dit qu'on reconnaît un travail de grande qualité qui mérite d'être promu pour qu'un artiste puisse en faire d'autres », poursuit celui qui a tourné un épisode de la série Lola à Menton il y a quelques années.

Mais, surtout, une récompense, c'est un coup de pouce pour les réalisateurs, dans un milieu où il est « difficile de trouver des financements », où aller au bout d'une production est « un vrai combat ». Là encore, Hervé Renoh est passé par là. L'une de ces récompenses a « complètement changé ma carrière », dit-il. C'était en 1995, à Clermont-Ferrand, quand son film L'Ennemi a été primé.

L'an dernier encore, il a remporté le grand prix du Festival du film policier de Cognac avec un épisode de la série Cassandre, et cela « a eu un effet positif ». Exemple : « Beaucoup de gens vous appellent pour vous rencontrer, vous demandent sur quel projet vous travaillez… »

Bref, ce rôle de président de jury fait écho à beaucoup de pans de sa carrière de réalisateur. Au cours de celle-ci, « j'ai eu la chance d'être aidé par des mentors, des gens qui ont vu mes courts-métrages et m'ont dit : "Continue". C'est mon rôle aujourd'hui ». Une manière de boucler la boucle.


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