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Covoiturage sur la Côte d'Azur: on a testé pour vous l'application Blabladaily de Cagnes-sur-Mer à Menton

Huit conducteurs sur dix effectuent chaque jour la route en solo. Résultat: des routes saturées, de la pollution et des frais importants. Pour doper la pratique, des leviers existent pourtant. Trois applications de covoiturage sont proposées. Nous avons testé pour vous la plus populaire: Blabladaily.

Alexandre Ori Publié le 30/05/2022 à 10:25, mis à jour le 30/05/2022 à 10:23
Quand elle travaillait à Nice, Noëlla faisait le trajet à vélo. Mais maintenant qu’elle doit se rendre à Menton, elle a décidé de tenter le covoiturage. Photo A.O.

Nous avons testé pour vous l’application la plus populaire en la matière: Blabladaily. En voiture avec Noëlla, nouvellement inscrite.

Étape numéro 1: trouver un conducteur

Après avoir précisé nom, prénom et âge, je complète mon profil avec une photo et j’indique mon trajet quotidien entre Cagnes-sur-Mer et Monaco. Je peux alors envoyer une demande à cinq conducteurs se rendant en Principauté.

Souhaitant être sur place pour 9 heures du matin, l’application me propose des utilisateurs partant à 7h20 de Saint-Laurent-du-Var, la commune voisine. Je n’habite pas en centre-ville, et en moyenne, les conducteurs me donnent des rendez-vous assez éloignés: entre 26 et 30 minutes à pied. Il me faut donc soit prévoir un délai supplémentaire conséquent, soit y aller en voiture et payer le parking à la journée en plein centre-ville, soit prendre le bus.

Espérant commencer dès le lendemain matin le covoiturage, je vais vite déchanter. Sur les cinq demandes, trois sont restées sans réponse, et une a été refusée sans motif particulier. Une seule utilisatrice m’a envoyé un message, pour m’annoncer qu’elle se rendait à Menton alors que l’application indiquait Beausoleil. Une mauvaise manipulation qu’elle n’arrive pas à corriger, me précise-t-elle.

 

Le lendemain, deuxième tentative, cinq demandes aux mêmes conducteurs. Toujours pas de réponse. Sauf pour Menton… Je change donc mon fusil d’épaule et accepte la course.

Rendez-vous avec Noëlla à 7h50 à Cagnes-sur-Mer

Rendez-vous à 7 h 50 à la station Total de Cagnes-sur-Mer. La conductrice arrive, elle s’appelle Noëlla, 51 ans, tout sourire pour son premier covoiturage. Inscrite depuis une semaine, elle ne reçoit des demandes que pour Monaco, alors qu’elle prend l’autoroute pour se rendre à Menton. « Mais je ne suis pas très habile avec tout ça », m’explique-t-elle en riant.

Arrivée sur la Côte il y a une dizaine d’années, elle avait l’habitude d’aller au travail à vélo, ralliant Antibes puis Nice. Mais pour Menton, 47 kilomètres plus loin, il lui a fallu se résoudre à reprendre le volant. Entre le péage à 10 euros et le prix de l’essence en pleine augmentation, plus 40 euros par plein pour son Audi Q3, le budget mensuel dépasse les 600 euros, sans parler de l’entretien. « C’est le prix d’un loyer, ce n’est pas tenable », explique Noëlla, bien décidée à mutualiser les coûts.

Coût: 2 euros le trajet

« C’est ma mentalité, faire du social. On s’entraide. » Ma participation de 2 euros est prise en charge par la Métropole Nice Côte d’Azur pour mes quatre premiers trajets. Et pour le premier covoiturage de Noëlla, Blabladaily lui offre 15 euros. « C’est super, ça va me rembourser le péage », se réjouit-elle avant de calculer : « Mais après, il faudra que je fasse le trajet avec trois passagers pour presque me rembourser le péage. »

Il ne faut donc pas avoir peur de rouler avec des inconnus. « Je ne suis pas sauvage, mais je sais qu’il y a des gens qui n’aiment pas ça », confie Noëlla, en se rappelant la réaction de l’un de ses proches : « Tu vas avoir des gens à côté de toi, tu ne pourras pas écouter ta musique. » Lors d’un sondage réalisé en ligne par Nice-Matin en 2018, vous étiez 27 % à être freinés par la peur de faire de mauvaises rencontres. Habituée à embarquer des auto-stoppeurs, Noëlla explique avec légèreté : « Je n’ai pas pensé au danger. Et puis, je crois qu’il y a un système de notation des utilisateurs. Il y a donc un certain contrôle. »

 

"Plus rapide que le train"

L’autre raison qui l’a incitée à ne plus faire la route en solo, c’est l’écologie. « Avec tout ce que j’entends aujourd’hui, le mieux serait de déménager pour éviter un trajet si polluant. Mais c’est difficile à faire comme choix. Alors je préfère qu’on soit plusieurs dans la voiture. » De quoi mieux répartir l’empreinte carbone, limiter les embouteillages et réduire la pollution.

Mais alors, pourquoi ne pas prendre le train, encore plus écologique et toujours moins cher, l’aller-retour se faisant pour 15 euros, sans parler des abonnements à prix réduit ?

« C’est à cause du temps que ça prend », souffle Noëlla, qui a calculé : « 4 heures aller et retour, en comptant la marche entre le domicile et la gare, puis jusqu’au travail. Pour arriver à 9 heures, il faudrait que je me lève 1 h 30 avant. En voiture, je mets 40 minutes pour venir… quand il n’y a pas d’embouteillages, bien sûr. »

Nous arrivons pour 9 heures à Menton, dans les temps. Après avoir trouvé une place de parking, ma conductrice se réjouit que le ticket soit payé par son entreprise, « sinon ça ferait encore 80 euros par mois ». Ici, pas de parking gratuit pour le covoiturage.

« J’ai bien conduit, au moins ? », demande Noëlla, toujours avec son sourire sympathique. « J’ai beaucoup parlé. » Tout s’est bien passé et après ce premier trajet, elle est bien décidée à continuer le covoiturage : « J’espère avoir d’autres demandes, c’est quand même dommage d’être seul dans sa voiture. »

Offre numérique MM+

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