Coronavirus: les concierges aussi sont exposés... à tous les étages

Si chacun se confine pour faire face au virus, les parties communes des résidences deviennent, dès lors, des zones à risques. En première ligne, les gardiens assurent l’entretien avec précaution.

Alexandre Plumey Publié le 07/04/2020 à 18:41, mis à jour le 07/04/2020 à 19:11
David, gardien dans un immeuble raphaëlois, accorde une attention particulière aux zones touchées par tous. Photo Philippe Arnassan

Ils font partie du quotidien des habitants de la résidence. Croisés tous les jours dans la cage d’escalier, dans les couloirs ou le hall d’entrée et toujours serviables et dévoués à la gestion de l’immeuble, les concierges ont, eux aussi, subi le contrecoup des mesures de confinement.

D’abord invités à rester chez eux – comme tout le monde dans un premier temps –, peu à peu ils sont de retour à leurs tâches quotidiennes.

Mais ils demeurent au cœur d’une lutte intestine entre des résidents soucieux de voir leurs parties communes – intérieures et extérieures – entretenues et des syndics devant composer avec les desiderata des entreprises de nettoyage ou les normes sanitaires encore plus importantes.

Au milieu de tout ça, les gardiens demeurent craintifs au regard de leurs conditions de travail et de leur exposition aux risques de contamination.

Entre craintes et nécessité de propreté

Alors comment expliquer cette remise en questions des consignes initiales?

Certains diront que les copropriétaires et membres des conseils syndicaux ne souhaitaient pas payer un employé au chômage technique.

 

Donc moins opérationnel dans la résidence. D’aucuns assurent que les gardiens font partie de ces professions qui doivent être amenées à reprendre le travail autant que faire se peut.

D’autres comprennent les craintes légitimes.

"Sur le coup, pris de court, nos agents n’étaient pas totalement équipés pour respecter les mesures sanitaires, justifie le responsable d’un syndic raphaëlois, ne souhaitant pas être cité. Nous avons eu le temps de nous approvisionner pour les fournir et assurer leur sécurité. Ils peuvent ainsi reprendre le travail."

Entre-temps, d’autres mesures avaient été prises comme, par exemple, la fermeture de certains locaux à poubelle pour éviter de rentrer dans les lieux trop confinés voire humides, où la prolifération du virus est favorisée.

Néanmoins, l’exposition au virus continue et questionne, voire inquiète.

"Il faut travailler donc je viens, il n’y a pas de problème là-dessus, mais ne m’occupant pas du nettoyage des parties communes, je ne vois pas en quoi passer la tondeuse est une activité essentielle en ce moment", questionne Étienne, gardien d’une résidence du côté du port de la cité de l’Archange.

"Je vois plus de cinq personnes par jour"

D’autant que d’autres opérations sont reportées par manque d’approvisionnement des pièces et qu’un chômage partiel est envisagé chez bon nombre de syndics.

 

"Ils n’assurent plus toutes leurs tâches, donc on répond logiquement aux conditions du chômage partiel", justifie un autre dirigeant de syndic, sous couvert d’anonymat.

Parmi les activités quotidiennes: le nettoyage des parties communes, lorsque celles-ci ne sont pas – plus – assurées par les entreprises de nettoyage.

"En travaillant, je croise plus que les cinq personnes préconisées par jour, constate David, employé dans une résidence du centre-ville raphaëlois. D’autant plus que je m’occupe des parties communes, alors je les nettoie plus souvent. J’ai reçu des produits d’entretien, mais, à titre d’exemple, je n’ai que quelques masques ou gants de protection…"

Si les syndics interrogés sont conscients de l’exposition de leurs agents, même protégés de gants, ils avancent également l’importance de l’hygiène et donc de la poursuite du travail.

Avec, quand c’est possible, un maximum de précautions sanitaires.

Quand c’est possible…

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