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Coronavirus: face aux labos débordés, ils vont se faire dépister... en Italie

Mis à jour le 21/09/2020 à 07:33 Publié le 21/09/2020 à 07:21
Devant les laboratoires de Menton, l’attente est parfois longue pour se faire dépister.

Devant les laboratoires de Menton, l’attente est parfois longue pour se faire dépister. Photo Jean-François Ottonello

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Coronavirus: face aux labos débordés, ils vont se faire dépister... en Italie

Les laboratoires observent une forte affluence et les patients doivent parfois attendre des jours avant d’avoir un rendez-vous. Pour accélérer la procédure, certains Français se font tester en Italie.

Dès potron-minet, ça baille derrière le masque en tissus. Les patients battent la semelle sur le trottoir.

Le nez en air ou les yeux rivés sur leurs chaussures ou leur portable. Depuis plusieurs jours, les files d’attente s’allongent devant les laboratoires de Menton.

En pleine crise de la Covid-19, tous veulent réaliser le dépistage par test nasopharyngé (PCR) qui permet de savoir à un instant T, si l’on est porteur ou non du virus. "À ce jour, nous réalisons – uniquement sur rendez-vous et le matin – environ 100 tests par jour. Pour gérer ce dépistage de masse, nous avons embauché une infirmière et une secrétaire en plus", précise Marie Poittevin-Mari, biologiste au Synlab Barla, situé sur l’avenue de Gare.

Rappelons que le PCR est désormais gratuit pour toute personne de nationalité française, avec ou sans ordonnance, avec ou sans sécurité sociale, avec ou sans symptôme.

Bref, tout le monde peut se faire dépister quelle que soit la raison. Pour gérer les flux, l’Agence régionale de Santé (ARS) a établi une liste des personnes prioritaires.

Depuis le 11 septembre 2020, une stratégie de priorisation des tests de dépistage a été mise en place.

Seront testés en priorité les personnes ayant des symptômes, les cas contacts et les personnels soignants ou assimilés. Pour ces publics, des plages horaires dédiées de test vont être mises en place dans les laboratoires.

Malgré tout, les labos de la cité sont à flux tendu et les patients sont parfois un peu perdus dans les démarches. "Il faut prendre un rendez-vous sur internet et télécharger des documents en pdf. Mais moi, je suis perdue avec la technologie !", confie Catherine, un brin désemparée.

Ce matin-là, la retraitée est venue se renseigner directement au laboratoire Barla de Menton car elle doit réaliser un test PCR avant son opération prévue en novembre.

"Nous réalisons environ 100 tests PCR par jour"

Tout aussi désespérée, Béatrice explique avoir passé des coups de fil à plusieurs laboratoires du secteur avant de trouver un rendez-vous. "C’est le parcours du combattant pour avoir quelqu’un au téléphone. J’ai fini par avoir un rendez-vous mais avec une semaine d’attente", confie Béatrice qui patiente devant le laboratoire de Carnolès pour réaliser le test tant attendu.

La Roquebrunoise a attrapé un rhume après avoir assisté à un mariage. Par précaution, Béatrice a décidé de se faire dépister. "Du coup, je suis restée une semaine enfermée chez moi en attendant le dépistage."

À côté d’elle, Mélitine acquiesce. "Ça fait plusieurs jours que j’attends d’être testée." La jeune mère de famille a un rhume et de la fièvre. "Je pense que j’ai attrapé l’angine de mon fils. Mais je veux être sûre…"

Mélitine s’inquiète de la lenteur des tests alors que l’automne arrive à grands pas. "Si le dépistage prend autant de temps, comment va-t-on faire quand tout le monde aura le nez qui coule et de la fièvre ? De plus, les enfants sont malades presque toutes les deux semaines !"

Concernant les délais, jugés trop longs par les patients, Marie Poittevin-Mari constate un désengorgement progressif: "Au fur et à mesure, on constate une prise de conscience. Les personnes qui n’ont pas de vraie raison de faire un test annulent leur rendez-vous pour laisser la place à d’autres."

Dans cette ruée aux tests PCR, les labos entrevoient une alternative : l’arrivée imminente des tests salivaires chez les personnes présentant des symptômes.

Autre solution : certains laboratoires pourraient très bientôt proposer un test multiparamétrique. "Le dépistage permettrait de faire la différence entre un cas de Covid, de grippe, de virus respiratoire syncytial (VRS) ou de coqueluche. Un outil nécessaire en pleine période hivernale", précise Marie Poittevin-Mari.

Une prise en charge plus directe via le test salivaire

Certains vont se faire dépister en Italie.
Certains vont se faire dépister en Italie. Photo Jean François Ottonello

Vendredi dernier, La Haute autorité de santé a validé les tests salivaires comme moyen de détection du coronavirus chez les personnes symptomatiques.

Ils permettront notamment de tester plus facilement les enfants, les personnes âgées et les personnes présentant des troubles mentaux.

Cette mesure permettra ainsi de désengorger – en partie – les laboratoires. "Mis à la disposition des médecins, ce test salivaire permettra une prise en charge directe de certains patients. Par exemple, il pourrait être très utile aux pédiatres", précise Marie Poittevin-Mari, biologiste au Synlab Barla de Menton.

Directrice de l’hôpital de La Palmosa, Odile Capitani-Dollo voit d’un très bon œil la validation des tests salivaires. "Nous gagnerons du temps, notamment, lorsque nous avons des patients admis en urgences à La Palmosa. Actuellement, il faut attendre 48 heures avant d’avoir les résultats des tests PCR et la procédure à suivre est lourde et contraignante. Le test salivaire permettra d’avoir plus de fluidité dans la prise en charge des malades."

"Pour gagner du temps, j’ai fait un test en Italie"

Restaurateur à Menton, Silvio a passé des jours à chercher un laboratoire pour réaliser un test PCR à Menton.

"Il fallait attendre deux semaines avant de pouvoir avoir un rendez-vous. Je voulais absolument tester toute mon équipe car j’avais une suspicion. Comme nous sommes en contact avec des clients toute la journée, le dépistage devenait urgent. De plus, je devais me rendre à un mariage et je ne voulais prendre aucun risque pour le bien-être de mes proches", confie-t-il.

Découragé par les délais, Silvio a fini par opter pour une autre solution, plus onéreuse : réaliser un test PCR à Vintimille. "J’ai payé 60 euros par personne. Les résultats, tous négatifs, ont été transmis le lendemain."

Pourquoi une détection en pharmacie?

Depuis le 11 juillet dernier, il est possible de réaliser un test sérologique rapide en pharmacie.

En quelques minutes, à l’aide d’une goutte de sang, le patient pourra savoir s’il présente des anticorps et donc s’il a été en contact avec le coronavirus ces dernières semaines.

Cependant, cette méthode ne permet pas de savoir si l’on est encore contagieux ou non. "Le test en pharmacie est efficace mais il s’adresse plutôt aux personnes qui craignent d’avoir attrapé le coronavirus dans le passé", tient à préciser Marie Poittevin-Mari, biologiste du laboratoire Synlab Barla de Menton.

Toute personne qui présente des symptômes (fièvre, difficultés respiratoires, perte de goût…) est appelée à faire un dépistage PCR en laboratoire.

Pour l’heure, les tests sérologiques rapides ne sont pas pris d’assaut. "Clairement, tout le monde se rue sur les PCR", confirme Claude Calvin, responsable de la pharmacie éponyme.

Où se faire dépister?

- Eurofins Labazur Florette
98, avenue Jean-Monnet à Menton.
04.92.10.47.47.Test sur rendez-vous.
Site Internet : www.eurofins-biologie-medicale.com

- Synlab Barla de la gare
3, avenue de la gare à Menton.
2 04.93.57.79.79. Test sur rendez-vous.
Site internet : www.labo-barla.eu


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