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"Construire des 4 pièces sur la zone de l’Ida"

Délogements, travaux, indemnités... le médiateur de l’opération Apolline, Albert Croési, dresse sa feuille de route et évoque la création d’appartements-tiroirs – et provisoires – à l’Ida

Thomas Michel Publié le 16/08/2017 à 10:04, mis à jour le 16/08/2017 à 10:05
Photo archives JFO

Début juillet, le Ministre d’État, Serge Telle, lui a remis la barre d’un navire à la dérive avec l’approbation d’un souverain si soucieux qu’il avait – fait exceptionnel – visité les résidents des immeubles domaniaux des Jardins d’Apolline.

Ni une, ni deux, le délégué de la Cellule de veille pour la priorité nationale, Albert Croési, a remisé son costume pour endosser celui de médiateur.

"On n’a pas fait descendre le Prince dans la rue pour rester les bras ballants. Il ne s’est pas déplacé en personne pour qu’on reste à regarder passer les mouettes."

Un chargé de mission exceptionnelle qui n’a eu que quelques jours pour faire d’Apolline son jardin.

 

"La fibre patriotique"

Apolline, ses 4 blocs, 237 appartements, 800 résidents, médecins libéraux, commerçants, association des résidents et, surtout, son insalubrité chronique et galopante.

Ou l’histoire d’un second œuvre manifestement bâclé sur un ensemble immobilier domanial et moderne – le premier doté de la climatisation –, déjà iconique de la Principauté. Une maison, pour près de 10 % de la population monégasque, rongée par l’humidité et la moisissure.

Un "fiasco sanitaire" dont les coupables auront à répondre au terme des différentes expertises et dont les politiques ne manqueront pas de s’emparer à l’entame – imminente – de la course à la présidence du Conseil national.

Albert Croési, lui, n’entend pas traîner pour résoudre une drôle d’équation: recaser, pour des périodes de huit mois à un an, l’ensemble des locataires. Tous logés, bloc par bloc – ou presque, dans des "appartements-tiroirs" domaniaux, privés, provisoires, voire... français. Alors que le gouvernement promet un "programme à la carte" et a déjà prévu de budgétiser 10 millions d’euros pour l’opération de réfection totale, Albert Croési assure que la solidarité opère. Trois Monégasques auraient ainsi spontanément proposé leur logement – parfois à Nice –.

 

"La machine est partie. L’administration des Domaines et les services de l’Habitat collaborent merveilleusement bien (...)" Quant aux critiques de l’association des résidents ou autres: "Rien ne m’émeut. Si on veut m’aider tant mieux et je ne promets pas d’ascenseur en retour. C’est la fibre patriotique." 

Le médiateur admet aussi de premiers contre-temps. "Ce qui complique les relogements, c’est la typologie. J’ai peut-être fait une erreur au début en annonçant que j’avais 160 appartements. Oui, j’ai 160 appartements, mais je n’ai pas la typologie qui me convient. Il y a des blocs avec une grande majorité de 4 pièces, d’autres avec des 2 pièces. C’est très compliqué d’avoir la typologie précise d’Apolline. La décision du gouvernement d’identifier un bloc m’a permis d’avancer. On va attaquer par le B et je connais mes besoins en typologie de ce bloc-là, donc j’ai bon espoir, d’ici la fin de l’année – même avant – d’avoir trouvé ce qu’il faut pour déloger le bloc B."

"Pas de panique"

Promettant une compensation absolue aux "naufragés", le médiateur dresse un constat minutieux des vices à gommer, des faïences aux gonds des fenêtres. Une méthodologie posée. "On va tout refaire à neuf. Les décennales vont repartir à zéro et les loyers seront abordables."

"Je vais vite dans le calme. Mon rôle est d’avoir une vision sur l’ensemble de l’opération. Des délogements et relogements, au lien avec les entreprises. Pas de panique, on va y arriver mais il n’y a pas de temps à perdre", répète à l’envi Albert Croési. Un pré-chantier initié en période de congés estivaux pour beaucoup d’entreprises et de «naufragés d’Apolline» mais aussi de pré-campagne électorale pour certains.

 

"La politique politicienne ne m’intéresse pas (...) Et je ne voudrais pas que des gens qui ne sont pas sur des listes fassent de la politique. Chacun son rôle", balaye Croési, qui assure garantir un service "sur-mesure" aux personnes impactées et avoir déjà rencontré une "cinquantaine" d’entre elles plus portées sur le "Je voudrais" que le "Je veux".

Sa méthode: un coup de file, une rencontre. Et pour l’heure, donc, aucun "capricieux". "On ne m’a pas encore demandé le Roof de l’Hôtel de Paris", plaisante celui dont les propositions de relogement concernent, "à 70 %", les quartiers de la Condamine et de Fontvieille.

La suite, c’est un entretien fleuve d’un homme dans l’action et, parfois, la réaction...

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