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Constituer une liste, tout un programme pour les candidats aux municipales

Se déclarer candidat à la mairie c’est facile. Réunir des colistiers pour mener campagne s’avère nettement plus compliqué… avec différentes variantes.

P.-H.C. Publié le 31/01/2020 à 18:57, mis à jour le 31/01/2020 à 18:57

Avant de séduire les électeurs, tous les candidats doivent emprunter un passage obligé : convaincre des concitoyens de participer avec eux à l’aventure.

Objectif: noircir le formulaire officiel et présenter à la préfecture une liste en bonne et due forme. Une liste qui, d’une part doit comporter autant d’hommes que de femmes et, d’autre part, doit donner envie aux votants de glisser le bulletin dans l’urne.

Ultime impératif: en cas de victoire, l’équipe doit être suffisamment solide et complémentaire pour tenir durant les 6 ans de mandat.

Loin d’être une formalité, cette étape peut donner quelques suées aux candidats. En fonction de leur profil, ils doivent faire face à deux types de difficultés.

 

Il y a ceux qui rament pour trouver des colistiers… et ceux qui doivent redoubler de diplomatie pour faire leur sélection parmi les innombrables propositions de service sans froisser les éconduits.

Ceux qui doivent refuser des candidatures

Maires sortants en position de force pour le prochain scrutin, Thierry Albertini (La Valette) et Hervé Stassinos (Le Pradet) par exemple avouent prendre très au sérieux la constitution de leur liste.

Tous les deux souhaitent en effet renouveler en profondeur leur équipe et y vont sur la pointe des pieds pour ne pas rater cette étape. Eux sont dans le cas de figure où ils ont plus de prétendants que de places à offrir sur la liste.

Ils sont donc en position d’imposer leurs exigences.

"J’ai réuni l’équipe majoritaire et je leur ai dit que pour être un de mes colistiers, il faudra remplir cinq critères, annonce, tout en autorité, Thierry Albertini. Il faut être connus et connaître les Valettois. Il faut aussi être compétent, car aujourd’hui une ville ça se gère comme une entreprise. Il faut ensuite qu’ils soient disponibles, parce qu’il faut donner de son temps. Il faut être convivial, c’est-à-dire, savoir vivre ensemble. Et enfin, il faut que j’aie confiance en eux."

Une liste de critères que reprend dans les grandes lignes le maire du Pradet.

"Avant tout, la première exigence, c’est d’avoir totalement confiance en la loyauté de ses colistiers, sourit un peu acide Hervé Stassinos, qui se rappelle avoir vu sa majorité se fissurer récemment. La loyauté, c’est vraiment ce qui passe avant tout. Ensuite, je regarde le sens de l’engagement, parce qu’un mandat c’est long et ça prend beaucoup de temps sur la vie de famille ou la vie professionnelle. On ne peut pas prendre tous ses week-ends. Enfin, je choisis mes colistiers en fonction de leur domaine de compétence."

Avec ces exigences et face à un grand nombre de prétendants, ces têtes des listes doivent faire leurs choix… et réussir à ne pas fâcher ceux qu’ils laissent sur le côté.

"C’est parfois compliqué, avoue Thierry Albertini. Il faut expliquer à certains qu’ils peuvent attendre un mandat."

 

"Il faut le faire avec diplomatie et franchise", complète Hervé Stassinos.

Comment font-ils ensuite pour composer l’équipe qu’ils imaginent gagnante? Chacun sa petite recette.

"Je veux des personnes qui sont prêtes à travailler pour le bien commun et qui l’ont prouvé en s’investissant déjà dans les CIL ou les associations, explique Thierry Albertini. C’est important de puiser dans le creuset associatif et le bénévolat. Il faut aussi avoir des personnes qui sont influentes dans leur quartier pour avoir une représentation de l’ensemble de la commune."

"En revanche, contrairement à une idée reçue, je ne crois pas vraiment aux reports de voix que pourraient apporter des représentants associatifs, tempère Hervé Stassinos. Ce que les gens recherchent, c’est une équipe cohérente."

Ceux qui ont plus de mal à boucler leur liste

"Honnêtement, à l’heure actuelle, pour boucler la liste, il nous manque encore au moins trois hommes et trois femmes", s’agace Pierre Karbownik, candidat d’une liste soutenue par le Rassemblement national au Pradet. Une situation qui l’irrite d’autant plus, qu’il sait que lors des Européennes, quelque 1 300 Pradétans ont voté pour Jordan Bardella.

 

"On fait du porte à porte et on est en permanence sur le terrain pour trouver les colistiers qui nous manquent, explique le candidat. Mais on constate que les gens craignent de s’engager. Principalement parce qu’ils redoutent les contraintes… ou qu’ils se disent dégoûtés de la politique. Alors on insiste en faisant vibrer la fibre patriotique."

Même situation vécue à La Garde où le candidat RN confiait récemment avoir du mal à trouver des colistières. "Je ne désespère pas, mais si jamais je n’y arrive pas, c’est que la parité m’a tué", déplore-t-il.

Un peu plus loin et sous couvert d’anonymat, un candidat avoue lui aussi rencontrer des difficultés mais qu’elles n’ont rien à voir avec sa couleur politique.

Il évoque clairement les pressions - réelles ou imaginées - que peuvent exercer les mairies.

"On a rencontré beaucoup de gens qui aimeraient être sur la liste mais qui ont peur de représailles parce qu’ils travaillent en mairie ou ont de la famille qui y travaille. On fait aussi face à une vraie timidité chez les responsables d’associations qui ont plein de choses à dire mais ne veulent pas apparaître sur une liste de peur de voir fondre les subventions. On a enfin le cas des personnes qui ont un logement social et craignent de le mettre en jeu."


Des équilibres à trouver

 

Qu’il croule sous les propositions ou qu’il soit à la pêche aux noms, chaque candidat tente de rédiger une liste avec sa petite recette. Se disant très sollicité Vincent Maurel compte lui mettre en avant "la moralité et les antécédents" des colistiers qu’il choisira pour l’accompagner.

"Une équipe, ça se recrute comme du personnel" assure le candidat sans étiquette à Toulon, chef d’entreprise dans le civil. Plus aguerri aux us et coutumes de la politique, Amaury Navarranne (candidat RN à Toulon) assure rencontrer toutes les personnes qui souhaitent s’engager derrière lui pour écouter leurs propositions puis faire ensuite ses choix.

"Et le maillage géographique se fait naturellement, parce que le mouvement est déjà très implanté dans les quartiers en particulier dans les CIL", sourit le conseiller municipal. Enfin, Cécile Muschotti (candidate LREM à Toulon) assure qu’elle regarde l’équilibre d’’ensemble.

"Je vais présenter une liste qui sera la plus représentative possible de la population en ayant des personnes de toutes les catégories socioprofessionnelles et de toutes les générations. Je privilégie aussi les personnes ayant une expérience associative."


Les règles du jeu

Date limite

 

Les candidats au premier tour doivent déposer leur liste du 10 février au 27 février.

S’ils sont en mesure d’être présents au second tour, ils doivent se manifester avant le mardi 17 mars 18 heures.

De 15 à 69 

 

En fonction de la taille de la commune, les conseils municipaux se composent de 15 membres (communes de 1000 à 1.499 habitants) à 69 (300.000 habitants et plus). Il faut une liste de 33 noms pour une commune de 10 à 20.000 habitants, 35 noms de 20 à 30.000.

Parité

Les listes sont composées alternativement d’un candidat de chaque sexe au premier comme au second tour.

Offre numérique MM+

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