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Confiné sur un bateau à Miami, il ne peut pas rentrer à Monaco

Artiste engagé pour une croisière, Nicolas Jelmoni, originaire de Monaco, ne peut pas rentrer, les vols commerciaux aux États-Unis étant interdits aux membres d’équipage de bateaux.

CEDRIC VERANY cverany@monacomatin.mc Publié le 13/04/2020 à 17:21, mis à jour le 13/04/2020 à 18:07

On peut penser que le décor est idyllique pour se confiner: sur un bateau de croisière en Floride où le soleil brille 300 jours par an.

Mais à 8 000 kilomètres de la Principauté, aucun paysage n’empêche d’avoir le mal du pays et de vouloir retrouver sa famille et ses amis.

C’est le cas de Nicolas Jelmoni. L’artiste originaire de Monaco est confiné dans la baie de Miami à bord du Scarlet Lady, un nouveau géant des mers de la compagnie Virgin Voyages.

Construit dans les chantiers navals de Gênes, le bateau a pris la mer le 14 février dernier pour une première croisière transatlantique afin de rejoindre son port d’attache en Floride.

 

"Dans l’esprit de se renouveler et d’attirer un public plus jeune, Richard Branson a créé ce bateau comme un boutique-hôtel avec des spectacles d’une qualité jamais vue sur des croisières", explique le gymnaste et acrobate qui appartient au monde du cirque.

Sa compagnie, "Les 7 doigts", a été sollicitée pour créer un spectacle pour ce bateau, une version sportive et moderne de Roméo et Juliette baptisée Duel Reality, dans lequel Nicolas et sa complice Charlotte sont les personnages principaux.

Suite logique pour le tandem, auréolé d’un clown de bronze en 2019 au Festival international du cirque de Monte-Carlo, pour un numéro de main à main.

"On a appris l’annulation au milieu de l’Atlantique"

"Au début du mois de mars, les premiers jours de croisière, nous apprenons au milieu de l’Atlantique que nous ne ferons pas escale à New York où des événements étaient prévus sur le bateau. Et que l’arrivée des premiers clients attendus à Miami était annulée", détaille Nicolas

À la mi-mars, Virgin Voyages annonce repousser le lancement officiel du bateau au mois d’août. À bord, le personnel et les artistes présents se confinent.

"Personne n’a le droit d’embarquer, la compagnie prend soin de nous et nous dit qu’on peut rester jusqu’à la mi-avril ou bien rentrer chez nous".

 

À distance, Nicolas observe la situation à Monaco, en France et en Italie et choisit de rester en Floride jusqu’à la mi-avril.

"J’étais en sécurité sur le bateau. Nous n’avons aucun malade à bord, je pouvais continuer à m’entraîner, profiter du beau temps. Je suis nourri, logé, je ne prends pas le risque d’être infecté dans un aéroport ou possiblement d’infecter ma famille lors de mon retour et j’espère à la mi-avril et que la situation soit plus tranquille en Europe", explique-t-il.

Nicolas instaure même un rendez-vous quotidien sur les réseaux sociaux où il partage sa routine sportive et propose un entraînement accessible à tous à faire à la maison en live sur Instagram.

Confiné en cabine

À bord, l’ambiance est plutôt détendue, même si chacun s’inquiète de voir la pandémie gagner du terrain dans tous les pays.

Au début du mois d’avril, au regard de la situation sanitaire, la compagnie ferme les espaces publics du bateau et impose le confinement total dans les cabines.

"La nouvelle est dure, c’est un gros changement mais très compréhensible afin de surtout nous aligner aux précautions que le reste du monde est en train de prendre".

Son départ est prévu alors au 10 avril pour rejoindre Monaco.

 

"Nous avons fait nos bagages, nous étions prêts à partir après avoir fait toutes les démarches administratives quand, dans la soirée du 9, nous avons appris que le Center for Disease Control venait de changer ses règles et qu’il n’autorisait désormais plus aucun membre d’équipage d’un bateau de croisière à embarquer dans un vol commercial".

"Si quelqu’un veut venir me chercher avec un avion privé"

Coup de massue, retour sur le Scarlet Lady. "Nous sommes à présent bloqués sur le bateau. J’essaye de rester positif et je suis reconnaissant d’être en bonne santé. Notre compagnie prend toutes les mesures en place pour nous garder en sécurité et essaye de trouver un moyen de nous rapatrier chez nous."

Des options sont possibles via des vols charters dédiés au rapatriement.

Ou bien des vols dans un avion privé. Aussi, il lance un appel, un peu avec humour, mais on ne sait jamais… "Si quelqu’un possède un avion privé et est intéressé pour me venir me chercher à Miami, je lui en serais très reconnaissant".

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