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Comment limiter la chute de rochers sur les routes ?

Mis à jour le 18/03/2018 à 05:20 Publié le 18/03/2018 à 05:20
Opérationnel depuis 2016, ce drone sert principalement à sécuriser les 500 km de routes départementales exposées aux chutes de pierres. 	(DR)

Comment limiter la chute de rochers sur les routes ?

Une centaine de blocs de rochers tombent en moyenne chaque année sur les routes de nos montagnes. Mardi dernier, un éboulement a encore coupé la route de la vallée de la Vésubie

La route est toujours coupée dans la vallée de La Vésubie, à hauteur d'Utelle. Des blocs rocheux - certains d'une taille impressionnante - se sont détachés de la falaise :

il faudra une semaine pour sécuriser le passage.

Les mouvements de terrain représentent le risque numéro 1 dans notre département.

« Comme le relief est jeune, il est soumis, sous un climat méditerranéen, à une forte érosion qui engendre des mouvements de terrain, explique Jean-Pierre Ivaldi, géologue et hydrogéologue. Les anciens avaient tracé les sentiers muletiers, sur la partie haute des reliefs, pour s'affranchir de ce risque, puis on a construit les routes modernes dans les fonds de vallée où les éboulements sont fréquents. »

Il tombe en moyenne une centaine de blocs de rochers par an sur les routes de nos montagnes. Comment assurer la sécurité de ceux qui les empruntent ?

Vérifier les filets régulièrement

Les filets sont inspectés « au plus tous les six ans », indique le conseil départemental qui gère 500 kilomètres de routes de montagne. Les agents vérifient que les câbles n'ont pas rouillé et que les « dispositifs fonctionnent », explique Marc Javal, directeur des routes du département.

Les dispositifs ? Ce sont notamment les fameux « freins » qui sont censés absorber l'énergie du bloc de pierre. Qu'ils soient plaqués à même la roche ou placés à la verticale, ils doivent répondre aux réglementations européennes en vigueur depuis 2013.

Le Département investit environ 2 millions par an pour l'entretien et l'investissement. Il a également formé 24 agents aptes à réaliser des travaux acrobatiques. La Métropole Nice Côte d'Azur indique également les contrôler tous les quatre ans.

La collectivité gère 500 ouvrages pour un budget de 221 000 euros en 2015.

Inspecter les ouvrages avec des dronesDepuis 2016, le Département privilégie les drones pour inspecter les ouvrages (il utilisait auparavant des hélicoptères). « Une méthode moins coûteuse » affirme le conseil départemental. Elle a aussi l'avantage de permettre de s'approcher au plus près des dispositifs de protection, afin de détecter d'éventuels problèmes.

Anticiper

« Il y a des endroits où l'on sait que ça va tomber, on évite. Il y a des moments où l'on sait que ça peut tomber, on évite. Le reste, c'est aléatoire. La montagne est un être vivant », résume Thomas Lebourg, maître de conférence à l'université de Nice-Sophia Antipolis et membre du laboratoire niçois Géoazur. Les scientifiques qui auscultent la montagne évaluent régulièrement le risque de chute de blocs de pierre. La trajectoire de détachement du bloc est également modélisée.

« Quand l'eau s'infiltre dans les roches à la faveur de fractures et qu'elle gèle lors des nuits d'hiver, son augmentation de volume accroît les tensions au sein de ces roches, explique Jean-Pierre Ivaldi. Puis, quand la glace fond au soleil, la roche fragilisée se délite, des parties se décrochent. Si vous circulez sur ces routes avant le lever du soleil, le risque est faible, mais il s'accroît en matinée et en milieu de journée avec le réchauffement de l'atmosphère. »

Il est recommandé d'être extrêmement prudent sur ces routes et d'adapter son allure de manière à pouvoir éviter un bloc tombé derrière un virage, par exemple.

« Mais, on n'empêchera pas les roches de se détacher, affirme Michel Corsini géologue, professeur à l'université de Nice-Sophia Antipolis. C'est l'évolution normale de ces montagnes que ces roches tombent. »

Creuser des tunnels

« Avec les filets, on peut limiter l'aléa, mais on n'est pas à l'abri, poursuit Michel Corsini. La géologie est complexe en montagne, les proportions de ce qu'on avait prévu sont parfois dépassées. Puisqu'on ne pourra jamais empêcher les roches de tomber, le tunnel est la solution la plus sûre. »

C'est aussi la plus coûteuse, même si son entretien est bien moins gourmand que celui des filets métalliques.

Construire des casquettes en béton

Thomas Lebourg fait partie de la mission MASSA, pour « Medium And Small Size rockfall hazard Assessment » ou « Évaluation de l'aléa lié aux chutes de blocs et aux éboulements de taille intermédiaire », un programme d'étude financé par l'Europe, qui réunit des scientifiques français, italiens et suisses. Dans ce dernier pays, les casquettes en béton, construites à flanc de falaise pour protéger la route, sont très utilisées pour réduire le risque d'accident. Une solution moins onéreuse que le tunnel.

En mars 2017, un éboulement avait déjà coupé la route de la Vésubie. Cette fois-là aussi, elle avait été fermée plusieurs jours afin  de permettre le dégagement et de sécuriser la zone.	(DR)

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