Comment les stations-services font face à la pénurie de carburant à Monaco

Face à la pénurie de carburant qui touche la France et Monaco, chacun s’adapte. Si certains rationnent, d’autres ne sont pas inquiets. Tour d’horizon, ce lundi, des stations de la Principauté.

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Yannis Dakik Publié le 11/10/2022 à 05:05, mis à jour le 11/10/2022 à 10:31
A la station Esso, la longue file de voitures s'enchaîne. Photo Jean-François Ottonello

Les coups de sifflet de la police résonnent sur l’avenue des Castelans. Autour de la station-service Esso, c’est un gentil désordre qui s’installe. Vers midi, ce lundi, les voitures s’enchaînent, formant une longue file de deux-roues d’un côté; et une file encore plus longue de voitures de l’autre.

Ces dizaines d’automobilistes viennent pour se ravitailler. Mais seulement de quelques litres, restriction oblige. "On limite les prises de carburant à 25 euros, explique Jérémy, le comptable de la station venu prêter main-forte à ses collègues débordés par l’afflux de clients. Pour les sociétés on autorise un peu plus. On devrait tenir aujourd’hui et demain [lire ce lundi et mardi, NDLR]. Mais si on n’est pas livrés ce sera compliqué."

Car pour l’approvisionnement, c’est au jour le jour. "J’ai appelé Esso, ils m’ont dit qu’ils ne savaient pas. Pour l’instant on n’a plus de SP95, il nous reste pas mal de gazole et le SP98 diminue petit à petit."

Chez Pit-Stop Monte-Carlo, les véhicules se sont succédé à la pompe du matin au soir. Photo Jean-François Ottonello et Yannis Dakik.

"Est-ce que ça ira mieux demain?"

À l’intérieur, le téléphone ne cesse de sonner. "Non Madame, on ne peut pas faire le plein, c’est maximum 25 euros." "Est-ce que ça ira mieux demain?" Les questions fusent. Les pompistes, eux, font au mieux et multiplient les allers-retours entre la caisse et les pompes. "Ils courent partout, poursuit Jérémy. On essaie d’aller au plus vite. Les gens râlent un peu mais ils sont quand même compréhensifs."

 

Chez les clients, l’inquiétude monte doucement. "Je travaillais sur une courte durée ce matin et quand j’ai su que la station était ouverte j’en ai profité pour venir, raconte Mickaël. J’ai attendu un petit quart d’heure derrière une dizaine de voitures."

D’autres ne sont même pas au courant de la vague de pénurie. "Je suis rentré de trois jours en Italie pour faire le plein et il n’y avait plus rien", témoigne un autre client.

En fin de journée, la station indiquait ne plus avoir de SP98, seulement du gazole toujours limité à 25 euros par véhicule.

Impossible de se servir plus de 25 euros de carburant chez Esso ce lundi, sauf pour les sociétés. Photo Jean-François Ottonello et Yannis Dakik.

Aucune restriction à Pit-stop Monte-Carlo

Même combat à une poignée de kilomètres de là, du côté de Pitstop Monte-Carlo. Les automobilistes font également la queue. La seule différence? Aucune restriction d’approvisionnement. "On a été livrés vendredi, rassure Clivio Piccione, le gérant. Depuis l’ouverture à 7h ce matin c’est la queue en permanence. Pour le moment on a de tout mais reste à savoir si on va être livrés demain [lire aujourd’hui, NDLR]."

Quant aux tarifs, rien n’a changé par rapport à la fin de la semaine dernière. Et cela ne devrait pas bouger, à une seule condition. "Tout dépendra de si on est livrés. Si c’est le cas il n’y a pas de raison d’infliger ça au client. Sinon, il y aura peut-être une légère hausse."

Les automobilistes ont dû patienter de longues minutes chez Esso. Des agents de la Sûreté publique sont venus faire la circulation. Photo Jean-François Ottonello et Yannis Dakik.
Pas de pénurie chez Romano Energy, ce qui n’a pas empêché les clients de se ruer sur les pompes (et de faire la queue). Photo Jean-François Ottonello et Yannis Dakik.

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