“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

Comment les pompiers de Monaco se préparent et s'entraînent pour faire face aux interventions parfois périlleuses

Mis à jour le 29/11/2020 à 20:19 Publié le 29/11/2020 à 20:17
Les pompiers de Monaco en plein exercice.

Les pompiers de Monaco en plein exercice. Photo JFO

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Comment les pompiers de Monaco se préparent et s'entraînent pour faire face aux interventions parfois périlleuses

Une partie des hommes du colonel Fassiaux vient de boucler une exigeante formation de dix mois où cohésion et coopération sont tout aussi importantes que les compétences individuelles

Être prêts en toutes circonstances. Plus qu’une devise, une nécessité chez les pompiers. Particulièrement dans le mouchoir de poche qu’est le territoire de la Principauté, où les flammes représentent un danger imminent pour le millefeuille immobilier. Alors les hommes du lieutenant-colonel Norbert Fassiaux, chef de corps, répètent inlassablement leurs gammes.

Optimisant chaque temps mort dans les interventions pour parfaire leur savoir-faire. La règle, c’est la formation continue. Parfois sanctionnée par des examens, des passages de grade sous la supervision du capitaine Yann Payen, chef du bureau formation, instruction, sport.

La semaine dernière a justement vu un parcours de dix mois se conclure pour des futurs sergents, chefs de garde et officiers de commandement.

Photo JFO

"Toujours perfectible"

"On a deux types de formation. Celle spécifique d’adaptation à l’emploi quand des nouvelles personnes nous rejoignent. Et celle de maintien des acquis, en continu toute l’année, avec un programme de formation en fonction des niveaux", détaille le commandant Maxime Yvrard, responsable du bureau opérations, transmissions et planification, épaulé par le capitaine Stéphane Vincent.

Le lieutenant Alain Sacany, qui a reçu ses galons lors de la dernière Fête nationale, fait partie des hommes qui viennent de boucler dix mois de formation dans le but de passer à l’échelon supérieur. Après vingt ans de service au centre de secours de Fontvieille, où il a empilé les brevets dans des spécialités qui sortent des sentiers battus (plongeur, intervention radiologique, etc.), le lieutenant espère prochainement commander.

"Il y a deux niveaux de commandement, précise le commandant Yvrard. Le chef de garde incendie, qui dirige les trois premiers camions, et l’officier de permanence, qui dirige la totalité de l’opération de secours. Il fixe les missions, les idées de manœuvres." 

Un travail d’équipe bien assimilé par le lieutenant Sacany.

Photo JFO

"Après un briefing avec le chef de garde, qui permet d’appréhender la situation, on complète, après un tour de feu, pour prendre des décisions d’un commun accord." 

Car au-delà des compétences et de l’expérience de chacun, c’est la mise en musique des interventions, la cohésion, que scrutent les examinateurs. "À l’issue de chaque manœuvre, il y a un débriefing collectif de l’intervenant qui donne son ressenti. Et c’est toujours perfectible. Il refait tout le déroulement de A à Z pour voir les points clés et les éventuels oublis, comme celui qui n’aurait pas coupé le courant avant d’intervenir."

La moindre lacune pouvant faire l’objet d’une mise à niveau individuelle.

"Un œil bienveillant"

Un stage intensif et varié. La semaine dernière, quatre à six interventions par jour ont été simulées. Une journée type? Feu de magasin dès potron-minet dans la galerie du Métropole. Feu de conduit dans la buanderie d’un grand hôtel au petit-déjeuner. Feu d’un dépôt de liquides inflammables avant la pause méridienne. Feu dans la salle des machines d’un navire avant la sieste (lire ci-dessous). Et, cerise sur le gâteau, feu de véhicule près de matériaux dangereux.

Photo JFO

Preuve que l’imprévu colle aux bottes des pompiers, cette année a aussi été marquée par une pandémie inédite dont chacun continue d’apprendre.

"On a mis à profit les temps plus calmes liés à la première phase de confinement pour rédiger des procédures parce que c’était une découverte. Pour éviter que nos personnels soient contaminés, que le service de secours reste opérationnel et que le virus ne rentre pas chez nous, en sachant qu’on a aussi toutes les familles de militaires qui habitent dans la caserne", rappelle le commandant Yvrard, ancien chef de la sécurité sur le porte-avions Charles-de-Gaulle.

Les pompiers de Monaco ont enfin dû apprivoiser un nouvel outil: le drone. "On a un œil bienveillant quand on domine la situation", confie le lieutenant Sacany, qui a pu mesurer l’utilité de l’engin dès sa première utilisation.

C’était en avril, lors d’un feu d’appartement au dernier étage d’un immeuble de la rue Plati dont, heureusement, une mère et son fils sortirent indemnes. "Grâce au drone et à sa caméra thermique, on a tout de suite pu identifier les points chauds." Et sauver des vies.

Yacht en feu: pas de miracle sans coopération

Cette fois, c’était fictif. Demain, ce pourrait être réel.

"On fait au moins un ou deux feux plus ou moins importants tous les ans. Ils peuvent venir des machines comme être d’origine électrique dans les cabines", explique le commandant Yvrard, alors que ses hommes se déploient pour un exercice sur le port Hercule.

Peu avant 11 heures, le capitaine d’un méga-yacht appelle à la rescousse. Un feu s’est déclaré dans la salle des machines. Un homme ne répond pas à l’appel.

Une poignée de minutes plus tard, les sirènes résonnent depuis la caserne de la Condamine.

"Tous les sapeurs sont formés au feu de navire dès qu’ils rentrent chez nous. C’est le Bataillon des marins de Marseille qui nous forment dans des simulateurs." Un tronc commun constamment enrichi grâce à une essentielle coopération.Ce jour-là, la police maritime est en soutien, tout comme la Société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM) et le Yacht-club.

"On a besoin de travailler les réflexes"

Des alliés indispensables de par leurs connaissances des navires et de leurs propriétaires, voire de leurs moyens techniques s’il fallait, par exemple, remorquer les bateaux voisins pour éviter une propagation du feu.

"La SEPM reste le concessionnaire-exploitant et cet exercice est tout aussi important pour nous dans une marina qui a ses propres personnels. On a besoin de travailler les réflexes", avance le directeur général adjoint, Olivier Lavagna.

"C’est ce que les pompiers appellent la prévision, à savoir qu’un jour on peut avoir un problème et qu’il faut optimiser les relations interservices. Ça permet aux hommes d’avoir un cadre et de s’améliorer", ajoute Olivier Campana, directeur technique et d’exploitation au Yacht-club.

"L’objectif est double pour nous, poursuit le commandant Yvrard. D’abord on a la chance d’avoir des navires sur lesquels s’entraîner, qui sont différents d’un environnement urbain. Et pour le commandement, ça permet de travailler en interservices parce qu’on ne maîtrise pas tout dans le port. C’est de l’entraide mutuelle." 

Et les capitaines, dont les propres équipages sont formés à intervenir sur un feu notamment en mer, sont demandeurs d’après Olivier Campana. "Sur un yacht, il y a une obligation d’avoir une équipe de permanence, précise Olivier Lavagna. Le but est surtout de vérifier qu’ils sont à bord pour se tenir prêts si besoin."

Les pompiers réalisent d’ailleurs des inspections régulières des dispositifs anti-incendie avec la Direction des Affaires maritimes sur les navires de plus de 24 mètres battant pavillon monégasque. Des contrôles assortis de préconisations.

Revenons à l’exercice, mené sous l’œil du colonel Fassiaux et concluant. Objectifs? "Quelle que soit l’intervention, la priorité c’est la sécurité des personnes, résume le commandant Yvrard. Ensuite il faut cantonner le feu en jouant avec les moyens de secours du bord. Généralement, si ça brûle, c’est que le premier moyen a échoué. Il faut alors circonscrire et limiter les dégâts sur des navires qui valent plusieurs millions d’euros."

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.