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Comment le Musée d'Anthropologie reconstitue l'histoire de Monaco

Mis à jour le 13/02/2019 à 08:25 Publié le 13/02/2019 à 08:21
Ce mardi après-midi, Émilie Perez, anthropologue, expliquait à tous ses collègues, à partir d’un fragment de bassin humain, une histoire incroyable.

Ce mardi après-midi, Émilie Perez, anthropologue, expliquait à tous ses collègues, à partir d’un fragment de bassin humain, une histoire incroyable. Photo Jean-François Ottonello

Comment le Musée d'Anthropologie reconstitue l'histoire de Monaco

Avec Elena Rossotti-Notter, directrice depuis dix mois du Musée d’Anthropologie préhistorique, le lieu est devenu un site qui attire les chercheurs les plus éclectiques

"Émilie est en train de me raconter une histoire fantastique. Venez!" Elena Rossoni-Notter a transformé en ruche le laboratoire-réserve du Musée d’Anthropologie préhistorique. Autour de la nouvelle directrice, tout le monde se réunit. Émilie Perez, anthropologue, explique: "Ce bassin humain a été trouvé au XIXe siècle à Monaco-ville. Il a été retrouvé dans notre collection et appartient à une femme, morte à l’âge de 17 ans à la suite d’un impact d’arbalète. On lui a tiré dans le dos!"

Ici, les objets parlent, retrace l’histoire d’un Monaco lointain. "Notre passion est de rendre vivant les objets", explique Elena Rossoni-Notter.

Dans cette belle et grande salle où sont alignés ossements et fragments d’amphore ou de céramique, tous travaillent à la prochaine exposition sur les grandes découvertes archéologiques monégasques.

Jérôme Magail, assistant, fait des missions à l’étranger depuis 2006, et en Mongolie, tous les étés, depuis 2010, pour étudier les premiers nomades.

François Burle est commis archiviste.

Emiliana Martini fait de la restauration d’objets archéologiques. Hugo Arcin, lui, est étudiant en première année de BTS de communication et fait un stage de quatre mois.

La Grotte de l’Observatoire: une pépite

Kader Moussous est docteur en archéologie, chercheur et médiateur scientifique culturelle (notamment avec les classes primaires de 9e de l’Éducation nationale).

Face à lui, des os issus de la Grotte de l’Observatoire, à l’époque où Monaco ressemblait à une savane.

"Nous avons repris les fouilles il y a deux ans. Ce sont les ossements les plus anciens que nous connaissons de Monaco. Le travail du paléontologue commence à la découverte des os. Il faut essayer de les identifier. Là, vous voyez une mâchoire d’aurochs (bœuf sauvage). Ici, il y a 20.000 ans, il y avait des renards polaires, des rênes, des bisons... Avant, il y a 90.000 ans, c’était les hippopotames, les rhinocéros, les éléphants, les macaques. Monaco ressemblait alors à une sorte de savane."

Olivier Notter est responsable des fouilles à la grotte. Un site qui n’a rien d’anecdotique. "Elle est connue dans le monde entier par les chercheurs", lance Elena Rossoni-Notter. L’homme préhistorique a séjourné ici entre -300.000 et -20.000 ans. "Nous avons retrouvé des ossements de lion des cavernes, de hyènes, de lynx des cavernes, de panthères et d’ours des cavernes", explique Kader Moussous.

La technologie au service des chercheurs

Pour une prospection plus approfondie, le Musée d’Anthropologie a fait venir un drone, et, en collaboration avec le Jardin exotique, des entreprises de géomètres et experts logistiques et techniques vont tenter de percer le mystère de la paroi de la grotte.

La technologie au service d’une anthropologie qui soit intéressant à la fois pour le grand public et les chercheurs : c’est ce que propose Esther Vidal. Elle fait de la modélisation 3D. "Je prends plusieurs photos pour reconstituer un crâne sur écran. On essaie de faire quelque chose didactique."

Le port occupé dès la période grecque

Ricardo Gonzalez, quant à lui professeur d’histoire et d’archéologie antique, s’intéresse beaucoup au port Hercule. "Il a l’air d’être plus important que l’on croyait. On commence à avoir la certitude qu’il y avait une occupation du port depuis la période grecque jusqu’à l’Antiquité tardive (7e siècle)."

Elena Rossoni-Notter souligne notamment l’épave trouvée en 1962 au niveau de La Rascasse garnie d’amphores africaines. L’embarcation date du IIIe siècle de notre ère.

Le musée d’anthropologie préhistorique, c’est bel et bien du travail tous azimuts avec des centaines de milliers d’objets à exhumer des réserves. Mais l’enthousiasme est là: "Je suis sûre qu’on va découvrir quelque chose d’important à Monaco", assure Elena Rossoni-Notter.


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