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Cirque avec des animaux : les uns contre les autres A Cap-d’Ail, les opposants se sont fait entendre

Mis à jour le 20/01/2019 à 05:03 Publié le 20/01/2019 à 05:02

Cirque avec des animaux : les uns contre les autres A Cap-d’Ail, les opposants se sont fait entendre

Alors que les portes du chapiteau étaient ouvertes hier pour faire découvrir au public le travail des familles de cirque avec leurs animaux, à Cap-d’Ail une association a dénoncé ces pratiques

Il y avait foule hier après-midi sous le chapiteau. Pas de spectacle à l’affiche, mais une après-midi portes ouvertes pour le public.

Une formule qui a séduit. D’abord parce qu’elle est gratuite. Ensuite parce qu’elle est rapide - une heure et demie, assez pour capter et conserver l’attention des jeunes enfants. Enfin parce qu’elle permet au public de voir l’envers du décor et le travail des familles de cirque avec leurs animaux. C’est l’engagement du festival international du cirque de Monte-Carlo, de continuer à proposer des numéros de cirque traditionnels avec des animaux, en dépit des voix s’élevant sur ces pratiques un peu partout.

Comme l’an passé, la princesse Stéphanie, qui préside le Festival, propose aux visiteurs de signer une pétition pour défendre cette tradition. Et à voir l’émerveillement du public, hier, voyant défiler lions, bisons et éléphants, on imagine que le cirque avec des animaux a de beaux jours devant lui.

Des lions élevés au biberon

C’est le but recherché de cet open doors : montrer le lien fort entre un dresseur et un animal. Ou, détail sémantique important, plutôt « instructeur » ou « entraîneur », le mot dresseur n’ayant pas été prononcé par le Monsieur Loyal et la vétérinaire Florence Ollivet-Courtois encadrant cette masterclass.

Pourtant, c’est bien le métier du Britannique Martin Lacey Jr, premier à entrer dans l’arène avec sa bande de fauves. Sans son costume pailleté mais en jean et sweat pour raconter son quotidien avec ces lions, qui naissent en captivité dans son cirque depuis 22 générations, « et que nous élevons au biberon », précise-t-il.

Le bien nommé lion King, a bien biberonné car, affichant 300 kg sur la balance, il est une vraie « machine à tuer », le décrit Martin Lacey Jr. Pourtant le fauve se prête à un langoureux calin avec son « boss » qui le ferait passer pour un agneau de lait. Il a fallu deux ans d’entraînement pour arriver à cette proximité. « Chaque lion a un prénom qui correspond à son tempérament. Notre travail n’est pas de casser ce tempérament mais d’aider à le construire. Comme un enfant. C’est pourquoi nous avons des lions très actifs, d’autres paresseux. Et c’est bon pour leur santé de travailler, de s’entraîner ».

Les éléphantes de la famille Gartner, elles aussi sont de bonnes élèves. Sur la piste, Joy Gärtner et ses fils évoluent avec cette ménagerie qu’il appelle « ses filles ». Et qu’il dorlote avec complicité. Certains y verront de la tendresse, d’autres un asservissement. Le débat n’est pas tranché dans l’opinion, mais dans les gradins, les numéros de cirque avec des animaux ont, hier, fait sensation.

Voilà plus de dix ans qu’ils réitèrent leur mouvement. Faisant le front chaque week-end de cirque à la frontière entre Monaco et Cap-d’Ail. Fidèles au poste, les sympathisants du collectif animalier du 06 étaient une bonne quinzaine, principalement des femmes, à protester hier le long de l’avenue du 3-septembre, sous l’œil des deux gendarmes présents pour surveiller ce rassemblement pacifique et bon enfant. Mot d’ordre : « Oui au cirque, mais sans animaux »

C’est le credo du président du collectif, Christian Razeau, qui mène le front depuis le début. Et qui ressent un vent favorable à son action dans l’opinion. « Il y a une prise de conscience animalière dans la société. Avant les gens nous faisaient des doigts d’honneur, maintenant beaucoup nous disent bravo », explique-t-il, coupé par une jeune femme qui arrive pour soutenir le mouvement et enfile un tee-shirt portant le slogan de la manifestation.

« La société évolue très rapidement, on ne peut plus tolérer celle relation dominant/dominé dans un spectacle. Cela s’apparente à de l’esclavagisme. Ce que l’homme ne peut plus faire subir à un autre homme, il le fait subir à un animal ».

Un point de vue définitif, qui ne veut pas entendre parler de relation affective entre un dresseur et son animal. « Pour nous les dresseurs n’ont qu’à changer de métier. Nous ne sommes pas contre l’art du cirque mais voir, par exemple, des bisons à Fontvieille, ça n’a pas de sens. J’apparente cela à de l’internement, la conscience humaine doit arrêter ces cirques ». Et de proposer la création d’un parc animalier « franco-italo-monégasque dans les Alpes du Sud pour recueillir ces animaux esclaves ». Pas sûr que l’idée fasse son chemin chez les pro-circassiens…

Protestation, hier après-midi, d’un groupe de militants du Collectif animalier du 06, le long de l’avenue du 3-septembre.
Protestation, hier après-midi, d’un groupe de militants du Collectif animalier du 06, le long de l’avenue du 3-septembre. Cyril Dodergny

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