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Cette jeune femme de Cap-d'Ail donne tout pour sa passion du culturisme

Mis à jour le 23/05/2018 à 11:36 Publié le 23/05/2018 à 09:22
En lice dans la catégorie « Bikini » lors du concours Eric Favre, Ana était jugée sur l'harmonie et la symétrie de son corps.

En lice dans la catégorie « Bikini » lors du concours Eric Favre, Ana était jugée sur l'harmonie et la symétrie de son corps. Photo DR

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Cette jeune femme de Cap-d'Ail donne tout pour sa passion du culturisme

Établie à Cap-d'Ail, l'athlète a débuté sa carrière de culturiste en remportant l'épreuve "Bikini" et en raflant tous les prix, dont celui du public, lors du concours Eric Favre à Nice. À quel prix ?

C'est un p'tit bout de femme d'à peine 1,65 m qui s'avance au rendez-vous. Talons légèrement compensés, blue-jean et veste noire cintrée, Ana Helena Dumitrescu apparaît au naturel. Exit la peau tannée, les muscles saillants et les poses crispées qui font des ravages sur les podiums de culturisme. Au civil, c'est avec un sourire franc, un joli port de tête et une entière féminité que Wonder-woman se présente. Ses yeux gris perçants tranchant d'emblée avec le bleu azur qu'elle a adopté voilà quelques années.

Alors étudiante dans sa ville natale de Pitesti, Ana est convaincue par le discours de professeurs français en mission de recrutement dans l'université roumaine. Son visa pour la France, terre inconnue, se nommera "Erasmus". Un virage plus qu'une parenthèse.

À Nice, la jeune femme bûche jusqu'en Master II en filière Staps, spécialité "Sport et tourisme". L'examen final en poche, en français, la studieuse expatriée complète son bagage par des diplômes de coach sportif jusqu'à être embauchée, voilà six mois, à la salle de fitness World Class Monaco.

"Par le sport, j'exprime mes sentiments"

Sur le port de Cap-d'Ail, Ana divulgue ses conseils au client tout en sculptant son propre corps quotidiennement. Un corps "génétiquement symétrique" - merci papa, maman - et affûté dès le plus jeune âge par une pratique intensive du sprint.

"Je viens d'une famille très sportive. Mon père est le meilleur coach d'athlétisme de Roumanie (Valentin Pitestean Coroja), d'où ma passion pour le sport. J'ai pratiqué le sprint dès 12 ans et plus précisément le 60 mètres."

Si la vélocité est intacte, la passion a mué avec l'âge. "Il faut sacrifier beaucoup de choses quand tu fais un sport de performances et mon papa était très strict aussi… J'ai choisi les études."

Usant de machines de fitness au moindre temps libre. "Le sport me donne l'occasion d'exprimer mes sentiments, de me vider la tête. Quand je n'ai pas le temps de faire du sport, je ne me sens pas bien."

Un exutoire et une véritable drogue avec ses phases de descente: colère, tristesse, remise en question, mal-être… En manque, Ana devient à fleur de peau.

Toujours en quête de se surpasser, de repousser ses limites, la jeune femme de 25 ans trouve alors un nouveau défi dans la compétition. "Je regardais beaucoup de filles, sur les réseaux sociaux, qui font ce genre de compétitions et je me suis dit que si je m'entraînais tous les jours, je pourrais tenter ma chance…"

La passion prend une autre dimension. Le sport individuel devient collectif, chez World Class. Christos Fiotakis apportant son expertise aux entraînements physiques, Alfie Caballero sur l'alimentation. Exigence, passion, discipline…

Ana doit désormais pousser son hygiène de vie à son paroxysme et adopter un régime alimentaire drastique.

"ça a été le plus dur. La diète pendant la préparation nécessite de l'organisation puisqu'un athlète va manger quatre à six fois par jour. Tout est précis et chronométré."

Des apports en protéines, glucides, lipides… calculés au gramme près, à toute heure de la journée, "pour assurer une bonne qualité musculaire".

"Les larmes qui coulent à l'entraînement"

"J'ai découvert ce que c'est d'avoir faim et surtout ce que l'on peut faire même lorsque l'on mange moins." Au menu essentiellement: viandes blanches, poissons, viandes rouges très faibles en graisse, thon, haricots, brocolis, riz basmati… Et de temps en temps, "de la fatigue", notamment avant le fameux concours Eric Favre à Nice.

"C'était mon deuxième contact avec ce type de compétition. La première fois, c'était en avril lors de la Monaco Cup organisée par l'association monégasque de bodybuilding et fitness affiliée à l'IFBB. J'ai eu un problème avec ma crème de bronzage qui n'était pas homologuée et le juge m'a classée 5e… Parce que j'étais trop musclée pour ma catégorie aussi."

En l'occurrence, la catégorie "Bikini". "La plus féminine" face à celles "fitness", "body-fitness" et "body-builduing".

Pas la moins exigeante pour autant, d'autant qu'il a fallu affiner la musculature entre les deux compétitions…

"Je faisais deux heures d'entraînement en salle quotidiennement et pas de course à pied mais des escaliers. J'ai alterné musculation et cardio. J'ai découvert ce que c'était d'avoir mal, avec les larmes qui coulent pendant les séances d'entraînement, mais aussi que j'avais plus de ressources que ce que je croyais. J'ai pris plaisir à me dépasser et confirmer que les limites se trouvent uniquement dans la tête… J'ai énormément appris sur moi et j'ai encore tout à apprendre."

Ana rêve désormais du Top de Colmar, référence en France, et de compétitions internationales. En espérant détenir les visas nécessaires…

Vainqueur d'un voyage pour Tahiti lors du concours Eric Favre, avec départ le 29 juin, jour de son anniversaire, Ana n'a pas obtenu les visas nécessaires en tant que ressortissante roumaine… Une frustration aussitôt gommée par un autre but. Une autre ligne d'horizon.

Car Ana voit loin. Très loin…

En lice dans la catégorie « Bikini » lors du concours Eric Favre, Ana était jugée sur l'harmonie et la symétrie de son corps.
En lice dans la catégorie « Bikini » lors du concours Eric Favre, Ana était jugée sur l'harmonie et la symétrie de son corps. Photo DR

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