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"C'est dur mais on n'a pas le choix": les salariés d'un grand hôtel de Monaco témoignent de leurs conditions de travail en plein Covid

Mis à jour le 18/08/2020 à 09:37 Publié le 18/08/2020 à 09:21
Vue aérienne sur le Monte-Carlo Bay

Vue aérienne sur le Monte-Carlo Bay Photo JFO

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"C'est dur mais on n'a pas le choix": les salariés d'un grand hôtel de Monaco témoignent de leurs conditions de travail en plein Covid

Gouvernante générale, cheffe lingère, coiffeuse, femme de chambre, serveuse, cuisinier... Ces petites mains du Monte-Carlo Bay Hotel & Resort nous racontent leur nouvelle manière de travailler en pleine crise de coronavirus. Ces travailleurs de l'ombre expliquent comment ils se sont adaptés aux contraintes sanitaires, parfois très pénibles.

"Le temps de ménage dans les chambres a augmenté"

Caroline Courtois, gouvernante générale
Caroline Courtois, gouvernante générale Photo Dylan Meiffret

Caroline Courtois, gouvernante générale: "Le nettoyage des chambres s’effectue de la même façon qu’en temps normal, sauf que l’on doit utiliser un virucide aux normes 14.476 pour désinfecter toutes les zones de contact. Les chambres doivent être systématiquement aérées pendant le temps de nettoyage, qui va de 45 minutes à une heure. Le temps de ménage est ainsi augmenté de cinq à dix minutes depuis la Covid. Les femmes de chambre doivent aussi parfaitement bien désinfecter leur matériel, les aspirateurs, les locaux, tout. Certains clients se montrent très méfiants à l’égard de la Covid. Ils nous demandent de faire très attention, nous préviennent quand ils sortent de la chambre pour que le service soit effectué. Les femmes de chambre doivent en tenir compte."

"Il n’est pas question d’être relax"

Frédérique Marsan, gérante du salon de coiffure "Brown Bar Monaco-Moscou"
Frédérique Marsan, gérante du salon de coiffure "Brown Bar Monaco-Moscou" Photo Dylan Meiffret

Frédérique Marsan, gérante du salon de coiffure "Brown Bar Monaco-Moscou", qui emploie 10 personnes: "Le port du masque est le plus pénible. Il n’est pas toujours facile, aussi, de l’imposer aux clients. Les vacanciers, surtout étrangers, ont l’impression qu’en vacances, ici, ils peuvent se relâcher et être plus relax. On leur explique que non, il n’est pas question d’être relax, parce que porter le masque est une obligation. Sinon, depuis la Covid, une personne est chargée, toute la journée, de tout nettoyer, de tout désinfecter. Les fauteuils après chaque cliente, les ciseaux, les brosses, tout. Au niveau de l’activité du salon, je constate que la clientèle locale, en particularité les dames âgées, sont un peu réticentes à sortir pour venir ici. Alors, les coiffeuses se déplacent de plus en plus souvent à domicile. Cette activité est en train de se développer. Aujourd’hui, un tiers de nos clientes préfèrent être coiffées à la maison."

"Pas le choix"

Eric Wolles, responsable de la partie balnéaire (piscine, plage, bar du Lagon)
Eric Wolles, responsable de la partie balnéaire (piscine, plage, bar du Lagon) Photo Dylan Meiffret

Eric Wolles, responsable de la partie balnéaire (piscine, plage, bar du Lagon): "Le masque en extérieur et par cette canicule, franchement, c’est très dur. On court beaucoup, de 9h à 20h, on s’essouffle vite, on a du mal à respirer. Mais on tient le coup. On est obligé de prendre des masques en tissu, les chirurgicaux étant très vite trempés. Au début, j’ai eu beaucoup de mal à faire comprendre à mon équipe qu’il fallait porter le masque en extérieur. Aujourd’hui, tout le monde s’est adapté. De toute façon, on n’a pas le choix."

"Je ne suis pas inquiète"

Nidia, femme de chambre
Nidia, femme de chambre Photo Dylan Meiffret

Nidia, femme de chambre: "Le plus difficile a été de prendre l’habitude de travailler avec le masque. Le travail reste le même mais il est encore plus minutieux. Nous devons désinfecter tout ce que les clients peuvent toucher. Quand on doit manipuler les draps et les serviettes usagées, on met obligatoirement des gants, pour se protéger. Mais je ne suis pas inquiète, il suffit de faire attention."

"Tout le monde joue le jeu"

Arnaud Collin, sous-chef junior dans les cuisines
Arnaud Collin, sous-chef junior dans les cuisines Photo Dylan Meiffret

Arnaud Collin, sous-chef junior dans les cuisines, qui comptent 27 employés: "On doit porter le masque en permanence. On se lave les mains très régulièrement et on fait encore plus attention qu’avant aux règles d’hygiène. Le plus contraignant est le port du masque. On a du mal à se comprendre quand on se parle car le masque étouffe la voix. Et puis, dans notre métier, on doit goûter ce qu’on prépare. On est donc constamment obligés de lever le masque pour goûter et sentir nos plats. Et pour communiquer avec les serveurs, je suis obligé de soulever le masque à chaque fois avant de parler, sans quoi on ne s’entend pas. Mais c’est comme ça, on n’a pas le choix. Il n’y a pas d’autre solution pour ne pas être infecté et ne pas infecter. Au début, ça n’a pas été facile de convaincre tous les cuisiniers de porter le masque. Et puis, ils ont compris qu’il fallait faire avec. Maintenant, c’est acquis, tout le monde joue le jeu."

"On fait très attention"

Illustration
Illustration Photo Dylan Meiffret

Joséphine, chef lingère: "C’est difficile. On doit faire plus attention qu’avant pour se protéger. En plus de porter le masque tout le temps, on prend le linge des clients avec des gants. On doit rester à distance des clients quand on va chercher leur linge. Dans tout ce qu’on fait, on doit prendre le moins de risque possible. On fait très attention parce qu’on a tous peur."

"On s’est habitués à tout ça"

Orsolya, serveuse: "On fait beaucoup plus attention au nettoyage des tables, des sets, des menus, du sel et du poivre, des chaises et des accoudoirs. On a un produit spécial pour tout désinfecter. On a pris l’habitude de ces nouvelles tâches. Pour se protéger nous-mêmes, on a le masque, que l’on porte toute la journée. On utilise le gel hydroalcoolique très souvent. Après deux mois, on s’est habitués à tout ça."


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