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Ces navires experts luxembourgeois bientôt à l'oeuvre pour l'extension en mer à Monaco

Mis à jour le 29/03/2017 à 11:12 Publié le 29/03/2017 à 05:12
Début avril, le Mimar Sinan mouillera dans la baie monégasque. Cette immense barge flottante est équipée d'une grue pour permettre la préparation des fonds marins.

Début avril, le Mimar Sinan mouillera dans la baie monégasque. Cette immense barge flottante est équipée d'une grue pour permettre la préparation des fonds marins. et visuels Jan De Nul

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Ces navires experts luxembourgeois bientôt à l'oeuvre pour l'extension en mer à Monaco

La société Jan De Nul, experte en dragage pour projets maritimes, entre en œuvre pour trois ans avec ses navires experts afin de préparer les sols sous-marins de l'urbanisation en mer

Ils ont des noms d'explorateurs marins ou de yachts… mais ces navires-là ne sont pas prévus pour la plaisance. Mimar Sinan, Tigre, ou Simon Stevin sont quelques-uns des gros porteurs de la société luxembourgeoise Jan de Nul qui mouilleront à tour de rôle ces trois prochaines années dans l'anse du Portier.

Objectif : préparer le terrain sous-marin pour l'extension en mer. Une mission confiée à ce groupe spécialisé dans le dragage de terrain et projets offshore. Sur leur carte de visite : des réalisations comme l'île palmier de Dubaï, le port de Cherbourg ou l'extension à venir du canal de Panama.

À Monaco, la société Jan de Nul, choisie par Bouygues Travaux Publics, entend faire montre de son savoir-faire chirurgical en respectant l'environnement avec des outils annoncés comme "haut de gamme" et quelques fleurons de sa flotte qui compte 200 navires qui travaillent sur toutes les mers du monde. Premières manœuvres le 3 avril en Principauté en suivant un calendrier détaillé par Kobbe Peirs, chef du projet monégasque où il faudra faire avec les contraintes d'un chantier "en mer ouverte, de grande profondeur avec un environnement sensible".

Étape 1 : à partir du 3 avril, la dépose des enrochements. Les blocs actuellement en place en contrebas du rond-point du Portier, qui pèsent entre 6 à 10 tonnes vont être déplacés. Moyens mis en œuvre : une pelle posée sur un ponton flottant - le plus grand au monde - réadapté pour Monaco. « Le moteur de la pelle, a été placé à l'arrière du ponton, dans une salle de machines insonorisée pour minimiser les nuisances ».

Sur la barge, certaines roches touchées par la Taxifolia, seront nettoyées avant d'être transportées par la mer à Imperia en Italie pendant plusieurs jours. Deux pontons feront la navette entre Monaco et l'Italie et ils seront stockés à terre.

L’un des bateaux les plus impressionnants sera le gros porteur qui - à partir du mois de septembre-, approvisionnera le chantier en petits blocs de pierre qui serviront d’assise sous-marine à la plateforme. Long de 190 mètres, le bateau peut contenir jusqu’à 30000 tonnes de pierres par voyage.
L’un des bateaux les plus impressionnants sera le gros porteur qui - à partir du mois de septembre-, approvisionnera le chantier en petits blocs de pierre qui serviront d’assise sous-marine à la plateforme. Long de 190 mètres, le bateau peut contenir jusqu’à 30000 tonnes de pierres par voyage. Photo DR

Étape 2 : enlever un sédiment superciel pollué entre 2 mètres et 32 mètres de profondeur sous le niveau de l'eau.

Une matière qui a été sondée et s'avère polluée par les hydrocarbures, peintures, déchets. Moyens mis en œuvre : une pelle articulée posée sur un navire.

La pelle est équipée d'un godet qui cueille la substance polluée en profondeur. Le godet se referme avec une trappe pour remonter à la surface et déverser la matière dans des cuves.

"Nous avons trois barges de ce type qui effectueront des rotations, chaque 2 000 m3 jusqu'à notre usine de traitement de sédiments à Toulon, ou ils seront revalorisés".

Étape 3 : à partir du mois d'août par 45 mètres de profondeur, les équipes de Jan de Nul vont capter des sables sous-marins à évacuer. Moyens mis en œuvre : un navire qui sera géopositionné selon une cartographie des fonds précise pour viser la zone à aspirer. Une fois positionné, le principe est celui d'un aspirateur pour ôter les sables souillés et mettre le substrat rocheux à nu. "Cette étape est nécessaire car nous sommes dans une zone sismique et les caissons qui seront par la suite positionnés à cet emplacement doivent avoir une assise solide". Le sable capté sera ensuite rejeté en mer, dans les eaux territoriales monégasques, par 75 mètres de fond.

Étape 4 : de septembre à avril 2018, installation d'une assise sous-marine composée de cailloux entre 2 et 18 centimètres. Ce tapis servira de première couche à la structure du projet. Moyens mis en œuvre : un gravier sera spécialement produit pour cette tache à Fos-sur-Mer. Et acheminé en Principauté par un navire de 190 m de long qui peut en contenir 30 000 tonnes par voyage. Deux rotations sont planifiées chaque semaine. Au départ, les pierres sorties de la carrière de Fos seront nettoyées et dépoussiérés pour éviter la turbidité lorsqu'elles seront immergées dans la baie monégasque. Cette étape se fera par un outil sous-marin, positionné dans un puits au cœur du navire qui déversera précisément les pierres au fond de l'eau.

Étape 5 : au moment de l'installation progressive des dix-huit caissons de béton qui formeront la ceinture de la plateforme du projet, la société Jan de Nul sera à nouveau sur le pont pour placer à l'arrière des caissons, des blocs rocheux qui assureront le maintien des mastodontes.

Étape 6 : dragage du sable pour combler le terre-plein. Moyens mis en œuvre : "En Méditerranée les concessions de sables sont peu nombreuses. On en trouve davantage en Mer du Nord, mais pour ce projet, nous avons sélectionné une dune de sable sous-marine au nord de la Sicile". Le sable sera prélevé par 120 mètres de profondeur. Trois jours de voyage sont nécessaires entre la Sicile et Monaco pour drainer, à chaque fois, 40.000 m3.

Il faudra quinze rotations pour apporter les 600.000 m3 nécessaires à la préparation du terre-plein.

Au moment du déversement, un navire pompera l'eau pour damer le sable, le densifier et l'aplanir progressivement. Jusqu'à la livraison en mars 2020.

Sur ces navires de travail, une vingtaine de personnels d’équipage et de techniciens vivent en autonomie, avec des cabines «comme un hôtel trois ou quatre étoiles» assure-t-on.
Sur ces navires de travail, une vingtaine de personnels d’équipage et de techniciens vivent en autonomie, avec des cabines «comme un hôtel trois ou quatre étoiles» assure-t-on. Photo DR

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