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Ces femmes du XXe qui Un manuel scolaire, best-seller de G. Bruno La villa Isola Bella de K. Mansfield Lesley Blanch, sa passion pour les voyages et Romain Gary L’amie de Jean Cocteau, Irène Lagut Un jardin au nom de la princesse Rahmeh

Mis à jour le 08/03/2019 à 10:06 Publié le 08/03/2019 à 10:05
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Ces femmes du XXe qui Un manuel scolaire, best-seller de G. Bruno La villa Isola Bella de K. Mansfield Lesley Blanch, sa passion pour les voyages et Romain Gary L’amie de Jean Cocteau, Irène Lagut Un jardin au nom de la princesse Rahmeh

Écrivains ou peintres, exploratrice, designer ou même religieuses… Au siècle dernier, de nombreuses femmes ont laissé leur empreinte sur Menton et sa région. L’occasion de leur rendre hommage

Katherine Mansfield, célèbre écrivain néo-zélandaise, a vécu à Menton dans les années 1920 et 1921. Ses écrits témoignent de son attachement pour la cité et sa villa de Garavan baptisée « Isola Bella ». Souffrante, à la santé fragile, Katherine Mansfield trouve à Menton une oasis de sérénité, où elle écrit ses plus beaux récits comme Les filles du Colonel, L’Étranger ou La jeune fille. À son mari John Middleton-Murry, elle décrit les instants passés à Menton avec sa servante, Marie.

« C’est une bonne fortune d’avoir Marie qui me soigne de mieux en mieux chaque jour. Elle a tant de sympathie pour moi que tous ses plats ont une saveur particulière. »

Aujourd’hui, la villa « Isola Bella » est une propriété privée qui ne se visite pas. Mais une petite dépendance, en contrebas, reçoit régulièrement en résidence un auteur néo-zélandais lauréat de la fondation qui porte son nom.

Tout commence en 1944. L’écrivain et aventurière anglaise, Lesley Blanch, rencontre à Londres un jeune aviateur français devenu ensuite un célèbre écrivain d’origine russe.

Un certain... Romain Gary. C’est le début d’une histoire d’amour entre les deux âmes bohèmes. Lesley Blanch était alors décoratrice de théâtre et rédactrice de l’édition britannique de Vogue quand elle épouse son amant.

Les jeunes mariés s’installent impasse Scarouget à Roquebrune à l’été 1949 (photo). Romain Gary écrit et entame en parallèle une carrière de diplomate. Le couple fusionnel voyage en Suisse, en Bulgari, mais aussi à Los Angeles. Mais l’idylle ne dure qu’un temps... L’auteur de La Promesse de l’aube quitte Lesley Blanch pour l’actrice du film A bout de souffle, Jean Seberg.

Voyageuse dans l’âme et passionnée d’Orient, Lesley Blanch en profite pour parcourir le monde en solitaire de la Sibérie à la Mongolie en passant par la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, l’Égypte ou même le Sahara. Ces pérégrinations lui donnent de la matière pour l’écriture de ses romans et récits de voyage comme Les Sabres du paradis et Voyage au cœur de l’esprit.

Elle s’installe à Menton

Vers la fin de sa vie, Lesley Blanch s’installe à Menton dans le quartier de Garavan. Un jour de printemps 1994, la maison de l’écrivain part en fumée. Sa collection de tableaux, ses tapis d’Orient, sa bibliothèque remplie de livres de voyages... tout part en fumée. Anéantie mais combative, elle fait reconstruire aussitôt sa maison. Après une vie menée tambour battant, Lesley Blanch s’éteint à Menton à l’âge de 103 ans.

Décédée à Menton en 1923, Augustine Fouillée - dite G. Bruno - est une femme de lettres française célèbre pour avoir publié en 1 877 un véritable best-seller sous la IIIe République : Le Tour de France par deux enfants. Dans un premier temps, G. Bruno ne pensait écrire qu’un récit éducatif pour ses propres enfants. À souligner qu’elle est la mère du célèbre philosophe et poète, Jean-Marie Guyau. Ce dernier est mort en 1888 à l’âge de 34 ans et enterré au Trabuquet à Menton.

Au fil du temps, le roman d’éducation de G. Bruno se révèle être une référence pour tous les petits Français ! Dans Tour de France par deux enfants, le lecteur suit André et Julien Volden, âgés de 7 et 14 ans, partis à la recherche de leur oncle. À travers leur voyage, les deux enfants découvrent la géographie de leur pays mais sont également initiés à l’instruction civique, l’artisanat, l’économie, l’agriculture et même les sciences.

L’ouvrage s’est vendu à plus de 20 millions d’exemplaires ! Au cours de sa vie, G. Bruno publie également Francinet, manuel d’instruction civique et de morale, romancé sous la forme de l’histoire d’un adolescent entrant dans la vie professionnelle. La notion de promotion sociale intervient dans Les Enfants de Marcel, qu’elle publie en 1887. Grâce à ces ouvrages, G. Bruno a marqué plusieurs générations d’écoliers.

Le 4 août 1944, Irène Lagut s’éteint à l’âge de 102 ans à la Maison russe de Menton. Au cours de sa longue vie, Irène Lagut a résidé dans la rue Longue, sur le Cours du Centenaire, mais aussi à Castellar.

La peintre et décoratrice aura rencontré de nombreux artistes, dont Guillaume Apollinaire, Picasso, mais aussi Jean Cocteau, dont elle fut très proche. En 1921, les deux amis travaillent sur un projet de ballets baptisés Les mariés de la Tour Eiffel. En 1926, Irène Lagut épouse le grand chirurgien Firmin Cadenat et le couple s’installe à Menton. Dans les années cinquante, Jean Cocteau et Irène Lagut continuent leur correspondance et l’amitié se poursuit. La peintre réalise même le lézard pour la mosaïque du musée du Bastion de Menton à partir des croquis du célèbre poète.

À la fin de sa vie, la Mentonnaise d’adoption fait trois donations successives au musée Jean-Cocteau, dont un ensemble de 50 lettres, billets et cartes postales que l’artiste lui avait destinés. Irène Lagut restera à jamais un port d’attache de Cocteau à Menton.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, de grands aristocrates britanniques bâtissent de petits paradis à Menton. À cette époque, lord Percy Radcliffe, militaire britannique, tombe sous le charme d’une vieille bâtisse, ayant appartenu à la famille italienne des Monléon.

Il achète le domaine en 1905 mais ne reviendra y vivre qu’en 1922. Le désormais général retourne dans sa villa mentonnaise au bras de sa ravissante épouse indienne : Rahmeh Theodora Swinburne. La propriété porte alors son nom. C’est la naissance de l’actuel jardin du Val Rahmeh, situé à Garavan.

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