Ce point de vente collectif en cours de finalisation ouvrira à la fin avril à Saint-Maximin

Porté par l’association Graines de producteurs, ce projet de magasin à Saint-Maximin en vente directe est sur le point de se concrétiser. L’ouverture est prévue à la fin du mois.

Gérard Leva Publié le 09/04/2020 à 17:40, mis à jour le 09/04/2020 à 17:26
Bientôt ouvert, le point de vente collectif est situé devant la cave coopérative vinicole. Photo G.R.

Circuit court, vente directe assurée par des producteurs, large choix, engagement d’une production de qualité, orientation pédagogique…

Le projet répond à de nombreux critères, dans le cadre notamment du développement durable, et aux souhaits des consommateurs en quête de proximité.

Du "manger local". La crise sanitaire a mis en exergue ce propos. Après des mois de gestation, le point de vente collectif est sur le point d’être finalisé.

 

L’ouverture est prévue à la fin du mois voire début mai. L’espace multimodal est aussi sur les bons rails.

Le coprésident de l’association Graines de producteurs (porteuse du projet), Christian Brayer, directeur du lycée privé Provence verte, a bien voulu faire un point sur ce dossier.


Quand a émergé ce projet?
L’idée a été lancée il y a presque trois ans. Ce projet s’inscrivait dans le cadre de la création d’un pôle agricole fort autour de la cave coopérative vinicole (Le cellier de la Sainte-Baume, Ndrl). Les élus locaux ont répondu favorablement et ont apporté leur soutien. Christine Lanfranchi, alors maire et présidente de la communauté de communes, a porté le projet. Elle a travaillé sur une zone agricole protégée qui entoure notamment la cave. La municipalité a mis une orientation forte sur le secteur agricole. Dans ce domaine, Saint-Maximin est en avance.

Quelle est l’avancée des travaux de l’espace multimodal?
Le bâtiment, situé derrière la cave, est construit à 80 %. Il devrait être terminé pendant l’été. À terme, il permettra aux maraîchers, éleveurs, à tous les agriculteurs qui ont besoin de froid… de stocker leurs productions dans des chambres froides compartimentées. La capacité de cette structure est d’environ 1500 m3. Aujourd’hui pour transporter par exemple des légumes en grande quantité sur une longue distance, ce n’est pas difficile. Mais sur des circuits courts et de petites quantités de produits, on ne sait pas gérer. Cet espace va répondre à ces deux problématiques. L’idée est de proposer un service supplémentaire pour des agriculteurs qui n’ont les moyens d’investir dans des chambres froides.

Et celle du point de vente collectif?
Le point de vente collectif est créé à 99 %. Des raccords électriques doivent être réalisés. L’entreprise espère sortir du confinement. L’ouverture est prévue fin avril au plus tard début mai. Face à la situation actuelle, on a dû la repousser. Le magasin, situé devant la cave, de forme carré a une superficie de 250 m2. On trouvera sur les étals fromages, viande, miel, pain, fruits, légumes… Dans un premier temps, ce point de vente accueillera une cinquantaine d’agriculteurs. Ils sont adhérents à l’association Graines de producteurs. Elle a été créée le 29 janvier dernier avec trois présidents : Pascal Cortez président de la cave vinicole, Jean-Paul Decomis maraîcher à Saint-Maximin et moi-même. Nous avons souhaité mettre dans cette coprésidence la cave, le lycée et un agriculteur maximinois.

Quel est l’esprit de ce projet?
Il porte sur les produits locaux, la diversité, les valeurs humaines et l’acceptation. Ces critères me permettent d’être optimiste sur le bon déroulement de l’activité. Ce projet répond à un besoin de consommation très fort. La crise sanitaire a fait que tout le monde se précipite sur les produits locaux. Il y a une prise de conscience dans ce domaine et un souhait de soutenir l’agriculture locale. Il répond également au projet alimentaire territorial de la Provence verte.Les enquêtes auprès des consommateurs ont mis en exergue une demande forte en produits locaux dont notamment ceux patrimoniaux: la prune de Brignoles, le coing de Cotignac… Il y a une volonté de diversification.

D’où viennent les producteurs?
Dans un rayon de 70 km. Ils sont en grande majorité varois. On monte sur Manosque pour les pommes. On va chercher de la farine et des céréales dans les Bouches-du-Rhône. Il y a une dizaine de maraîchers, des éleveurs (bovins, ovins, caprins), des producteurs laitiers, des apiculteurs…

Quel est le principe du point de vente?
Au moins un agriculteur est tenu d’être présent dans le point de vente. Il représente ses collègues. L’idée est de recevoir une clientèle en recherche de sens alimentaire. On respectera la saisonnalité. Tous les producteurs ont signé une charte qualité. Le collectif s’assure que les démarches de production soient faites dans les règles. Voire certifiées quand c’est bio par exemple. On a aussi quelques produits en AOP. La volonté est d’aller vers du qualitatif et des circuits courts. Par ailleurs, nous sommes en train d’embaucher trois salariés dont une directrice. Les deux autres seront des vendeurs. Un sera à temps plein. Et le deuxième sera un apprenti du lycée privé Provence verte dans le cadre de son de son diplôme de spécialisation "transformation et vente de produits fermiers".


Derrière la cave coopérative vinicole a été construit l’espace multimodal qui devrait être terminé pendant l’été. Photo GR.

Comment a-t-il été financé?
Par des fonds européens (Feader) à hauteur, à peu près, de 500 000 euros. Le coût du projet, espace multimodal et point de vente collectif, s’élève à plus d’un million d’euros. Les autres 50 % sont financés par les agriculteurs à travers la coopérative. Sur ce point un petit retour arrière s’impose. Il y avait une coopérative fruitière sur Saint-Maximin, "Argens fruits" . Elle stockait des pommes dans des espaces de froid. Au fil des années, la production a baissé et la structure a été vendue. Il y a trois ans Coop de France a accepté le principe de transférer les actifs à la coopérative vinicole. Ce qui a permis à la cave d’avoir des fonds pour porter les constructions du pôle multimodal et du point de vente collectif. Nous avons bien respecté le budget. La cave est propriétaire de ces deux structures. Elle louera le point de vente collectif à l’association Graines de producteurs.

Quelle va être l’implication du lycée?
Je pense que ce l’on est en train de faire à Saint-Maximin est unique en France. Je me retrouve coprésident de cette structure, pour un directeur d’un établissement scolaire ce n’est pas commun. Une convention a été signée avec le lycée. Ainsi, non seulement le point de vente collectif promouvra les produits locaux et formera la jeune génération. Presque tous les jours, un ou deux lycéens seront pris en charge par l’équipe du magasin. L’objectif est de proposer aux producteurs d’accompagner les élèves – qui ne sont pas, pour la plupart, issus de la ruralité – sur du savoir-faire et du savoir-être.

Quels enseignements tirez-vous de cette initiative?
Je suis très heureux en tant que directeur d’un lycée agricole de mettre à disposition mon énergie, mes compétences. Ce projet de territoire rend un service considérable à des agriculteurs. Il y a une volonté de former les jeunes. Ça veut dire quelque part, de renouveler la population agricole dans les années futures. Si demain le lycée agricole ne relève pas le défi de l’installation, forcément on ne sera plus dans la souveraineté alimentaire.

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