Rubriques




Se connecter à

Carotte, piment d'Espelette, baba... Le portrait chinois de Mélanie Serre, la nouvelle cheffe du Elsa à Monaco

Elle a pris les rênes, il y a quelques jours, du restaurant 100 % bio du Monte-Carlo Beach. Elle promet d’y faire une cuisine de caractère aux saveurs épicées. « Il faut qu’il y ait du goût ! »

Julie Baudin Publié le 20/05/2022 à 08:00, mis à jour le 20/05/2022 à 19:00
La nouvelle cheffe a dû s’adapter à un mode de cuisine différent de son restaurant parisien. Un challenge qu’elle semble avoir relevé haut la main en peu de temps. Jean-François Ottonello

Elle a débarqué il y a quelques jours de la capitale et de son restaurant, le Louis Vins dans le 5e arrondissement, pour poser ses ustensiles de cuisine au Elsa. Face à la mer au Monte-Carlo Beach.

Si le dépaysement est complet, le challenge est aussi de taille. Elle devra, ici, servir une cuisine 100 % bio, satisfaire une clientèle qu’elle sait exigeante - elle a déjà passé quatre ans à Monaco aux côtés de Joël Robuchon -, et faire oublier aussi sans doute un peu l’étoile perdue il y a quelques semaines.

De tout cela, Mélanie Serre en est bien consciente.

 

Et les premières heures passées au Elsa ont été quelque peu stressantes! "On ne connaît pas l’endroit, pas le personnel, pas l’équipe. Et on ne connaît pas les produits puisqu’on est sur du 100 % bio, du poivre ou encore de la farine au sel qui sale moins. On s’imagine que beaucoup de choses existent en bio, mais ce n’est pas le cas. Je suis arrivée avec plein de recettes testées à Paris dans mon restaurant, j’étais sûre de moi, j’avais fait mes fiches techniques, mes photos… Et je me rends compte que plein de produits n’existent pas en bio ! Il a fallu revoir et apprendre pas mal de petites choses, mais c’est génial, c’est un super challenge."

Mélanie Serre a donc relevé ses manches, géré les premiers coups de stress et elle a réussi avec talent le lancement du restaurant il y a quelques jours! Elle avance maintenant. Et elle semble confiante et sereine.

Quelques semaines après Victoria Vallenilla, la chef du Coya, Mélanie Serre au Elsa a accepté de se prêter au jeu de l’interview façon portrait chinois sur le thème de sa cuisine. Rencontre sur la terrasse du Elsa baignée du soleil d’une fin d’après-midi.

Si vous étiez une entrée de votre carte?
La carotte! C’est une entrée qu’avec de la carotte fane qui a été complètement déclinée. On retrouve de la purée de carotte au cumin, des tronçons de carottes cuites à l’anglaise, des pétales de carottes jaunes, rouges, oranges garnies soit avec du pesto de fanes de carotte, soit avec de la confiture de carotte, et servies avec une tuile de cumin, des fanes de carotte et un jus de carotte au gingembre et à l’orange. Pourquoi la carotte ? Parce que ça rend aimable !

Si vous étiez un plat?
Sur ma carte je serais le rouget. C’est pour moi le poisson qui représente le plus la Méditerranée. Je l’aime quand il est à peine cuit, encore rosé à l’intérieur. Je le sers avec une purée de roquette, un condiment à l’ail noir et un jus très très corsé d’arêtes de rouget, relevé et pimenté. J’accompagne ce plat avec des gnocchis au citron, clin d’œil à nos voisins. Je ne connais pas vraiment la cuisine italienne mais j’ai la chance d’avoir une sous-cheffe qui est venue avec moi, Simona, qui est Italienne et qui va me diriger un peu dans ce sens-là.

 

Un dessert?
Je serais le baba. Gabrielle, qui est ma pâtissière, a fait un baba sans rhum vraiment top à la rhubarbe et à l’eau de rose. À la fin, elle vient déposer dessus un jus un peu épais avec une infusion de pétales de rose. C’est très subtil. D’habitude je n’aime pas tous ces desserts à base de fleurs, que je trouve un peu chimiques, et là c’est vraiment très subtil et très bon.

Si vous étiez une odeur?
Le fumé du barbecue. Je fume le maquereau avec la flamme du chalumeau à la place de le cuire à la poêle ou au four. Il reste presque cru à l’intérieur. Je fais aussi les oignons comme ça.

Une saveur?
Mon côté pimenté, relevé, épicé. Je suis un fan de piments d’Espelette, j’en mets partout dans tous les plats, c’est terrible ! Il relève tout et c’est un exhausteur de goût. Je le marie à tout. Je suis capable de faire une tartiflette avec du piment d’Espelette, ça ne me dérange pas ! Ici, je fais un risotto au piment fumé.

Si vous étiez une boisson de votre carte?
Le vin blanc. Sec. Sur la carte, je ne sais pas. Je ne l’ai pas encore étudiée. Mais pour moi, le meilleur c’est le Condrieu, vallée du Rhône. C’est de chez moi.

Si vous étiez un ustensile de cuisine?
Des petites pinces pour attraper les petites pousses et les petites fleurs. Soit la petite sonde, comme une aiguille, pour vérifier la cuisson du poisson ou la chaleur des aliments. Vous plantez la sonde dans l’aliment et vous venez la poser sur le visage au-dessus de la lèvre, la partie la plus sensible du visage et vous vérifiez la température.

Si vous étiez un plat étranger?
J’aime tout. Mais s’il faut choisir, j’aime bien tout ce qui est asiatique. C’est comme ça qu’ici je fais mon filet de bœuf. Je le fais mariner 48 heures dans une marinade d’huile de sésame, de soja, du gingembre, de la coriandre.

Si vous étiez un chef étoilé?
Joël Robuchon. J’ai fait 8 ans avec lui au début de ma carrière, quatre ans ici à Monaco et quatre ans à Paris. C’est le côté hommage et respectueux que je lui dois. Après, je suis plus, je pense, dans l’esprit d’un chef comme Régis Marcon qui est dans la transmission dans le côté nature, côté montagne il va chercher ses herbes, ses champignons… Je me retrouve plus là-dedans.

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.