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Cap-d'Ail, terre d'Eden

Mis à jour le 01/07/2019 à 11:57 Publié le 04/07/2019 à 18:00
Bâti par le baron de Pauville, l’hôtel Eden et ses 150 chambres est inauguré en 1892. Il sert notamment de carte de visite au site Mala sur lequel il reste alors de nombreuses parcelles à construire. En 1947, il sera transformé en appartements.

Bâti par le baron de Pauville, l’hôtel Eden et ses 150 chambres est inauguré en 1892. Il sert notamment de carte de visite au site Mala sur lequel il reste alors de nombreuses parcelles à construire. En 1947, il sera transformé en appartements. Photo F.C.

Cap-d'Ail, terre d'Eden

À la fin du XIXe siècle, la station touristique se développe avec, notamment, la construction de l’hôtel Eden. Dans son sillage, les demeures Belle Époque fleurissent sur ce bout de roche qui semble flotter sur la mer.

D'un côté, le ciel d'un bleu profond, une mer azur, des vagues qui s'abandonnent sur les roches volcaniques. De l'autre, de superbes villas de la fin du XIXe, début du XXe siècle. Voilà planté le décor du sentier du littoral de Cap-d'Ail. Il serpente dans la ville, puis rejoint le bord de mer et ne le quitte plus, épousant chacun des méandres creusés par les eaux. Pour la nourriture spirituelle, il suffit de lever les yeux vers les demeures Belle Époque qui jalonnent le chemin et d’écouter Lorraine, guide de la ville, retracer l’éclosion de ce piton de rêve.

"Ici, en 1880, il n’y avait rien d’autre que des terres agricoles", explique-t-elle. Rien, le désert, avant que le baron de Pauville – Charles Alfred Léon Nicolle, de son vrai nom – Parisien fortuné au flair incontestable et créateur du quotidien Le Petit Niçois, tombe sous le charme du site.

Les ânes sur la route

Il se passe quelque chose ici. Le quartier Mala a du potentiel. Pauville en est convaincu. Même si le train ne s’arrête qu’en haut du cap. Même si la basse corniche est seulement empruntée par des convois d’ânes...

Sous l’Eden, la villa Les Violettes est symptomatique de la volonté de lumière des habitants au début du XXe siècle.On y a multiplié les espaces de contemplation ensoleillés et à l’abri du vent.
Sous l’Eden, la villa Les Violettes est symptomatique de la volonté de lumière des habitants au début du XXe siècle.On y a multiplié les espaces de contemplation ensoleillés et à l’abri du vent. Photo F.C.

"Entre 1881 et 1896, le baron acquiert 21 hectares de terres sèches et rocailleuses situées en bord de mer. À bas coût...", rembobine Lorraine. Il y fait construire un hôtel de luxe. Sur une partie des terrains restants, il envisage un temps d’implanter des logements ouvriers, pour héberger les employés de l’hôtel.

Dans une logique économique, les hectares libres seront finalement divisés en parcelles et vendus à différents promoteurs. On construit une gare dans le bas de Cap-d’Ail pour offrir un accès facile aux visiteurs. L’hôtel Eden devient donc une carte de visite pour le quartier Mala.

Le principe est simple: on attire la gentry internationale par une infrastructure d’hébergement luxueuse, puis on l’incite à acheter une parcelle dans le lotissement voisin. Mais pour séduire, il faut mettre les moyens.

"Lors de son inauguration, en 1892, l’Eden rivalise de modernité avec les plus grands palaces de la Côte d’Azur. Les journaux écrivent que l’hôtel Eden était “le plus élégant et le plus confortable, le mieux situé de tout le littoral”", rappelle la guide. Derrière la façade jaune clair, ordonnée de pilastres et de frontons, se cachent 150 chambres équipées de salles de bains et dotées du confort moderne.

Plus haut, si la façade du Château des Terrasses tranche un peu avec le style Belle Époque, son élégante marquise s’inscrit bien dans le style 1900.
Plus haut, si la façade du Château des Terrasses tranche un peu avec le style Belle Époque, son élégante marquise s’inscrit bien dans le style 1900. Photo F.C.

L’ascenseur, quelle aventure!

Les aménagements sont encore révolutionnaires: chauffage à vapeur, électricité, ascenseur (qui sera, par sa rareté, une véritable attraction pour les visiteurs), télégraphe et même téléphone, restaurants derrière deux majestueuses vérandas, aujourd’hui détruites. Rien n’est trop beau!

Pour divertir la clientèle, on ouvre une promenade en bord de littoral, avec un tir aux pigeons. On songe un temps à construire un funiculaire permettant d’accéder facilement à la mer... Projet finalement abandonné.

L’Eden aimante cependant.

Autour, sur l’éperon cap-d’aillois, des dizaines de villas Belle Époque poussent. Partout, derrière les murs au long desquels s’agrippent bougainvilliers et jasmins, bow-windows, ouvrages en fer forgé, céramiques en façade font du quartier un repaire à petits bijoux encore aujourd’hui tendrement bichonnés par leurs propriétaires.


Savoir+
Le bureau d’information touristique de Cap-d’Ail (87, bis avenue du 3 septembre) organise, à la demande, des visites commentées autour des villas Belle Époque de la commune. Pour organiser une visite, il suffit d’appeler le 04.93.78.02.33. ou d’adresser sa demande par e-mail info.capdail@nicecotedazurtourisme.com

Bâti par le baron de Pauville, l’hôtel Eden et ses 150 chambres est inauguré en 1892. Il sert notamment de carte de visite au site Mala sur lequel il reste alors de nombreuses parcelles à construire. En 1947, il sera transformé en appartements.
Bâti par le baron de Pauville, l’hôtel Eden et ses 150 chambres est inauguré en 1892. Il sert notamment de carte de visite au site Mala sur lequel il reste alors de nombreuses parcelles à construire. En 1947, il sera transformé en appartements. Photo F.C.

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