"Ça me gêne d’être dans l’illégalité, mais...": déjà sanctionné, un restaurateur cannois continue de déployer sa terrasse

Sanctionné en août et septembre pour deux tables installées sans autorisation, Pascal Marie continue de déployer sa terrasse. "Pas par défiance" assure le restaurateur, mais "par nécessité."

Pascal Fiandino Publié le 10/09/2022 à 14:39, mis à jour le 10/09/2022 à 14:38
Face à l’insistance du gérant de l’établissement du Suquet à garder sa terrasse dressée malgré la suspension, la Ville a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Nice. Photo DR

Si le rush touristique est passé, la "saison des terrasses", elle, continue... Après les épisodes estivaux survenus, notamment, au Da Laura, c’est un autre restaurateur cannois qui s’émeut de la suspension par la Ville de son espace extérieur.

"Je trouve ces mesures un peu brutales, souffle Pascal Marie, patron du Mickaella, placé en amont de la rue du Suquet depuis 2009. Je n’ai qu’une dizaine de couverts à l’intérieur [le double dehors] ce n’est pas tenable. Alors, oui, ça me gêne d’être dans l’illégalité, mais..."

S’il emploie ce terme, c’est parce que, depuis le 3 septembre, premier jour d’une "punition" de deux semaines, le Mickaella continue de déployer sa terrasse à l’heure des services. Situation qui dure depuis près d’un mois et qui a pour point départ... deux tables.

"Depuis deux ans, quand la Civette du Suquet ferme, je les installe le soir, avec quatre chaises, devant le bureau de tabac. La Ville m’y autorisait, explique Pascal Marie. J’ai une petite capacité, alors ça met un peu de beurre dans les épinards."

Une mise en concurrence ignorée

Sauf que, cette année, pas de laissez-passer. "Il y a eu un appel à la concurrence, où l’on me réclamait tout un tas de documents... Je n’ai pas insisté et je n’ai pas fait la demande." Pâques vient de passer et Pascal Marie ne réinstalle pas ses deux tables. Puis arrivent l’été et le flot des touristes; alors, il les ressort. "Je me suis dit: on verra..." Et il a vu: il reçoit un arrêté du maire lui notifiant la suspension de l’ensemble de sa terrasse, du 11 au 18 août. "J’ai continué quand même..."

 

Quelques jours plus tard, il indique avoir évoqué sa situation avec la députée Alexandra Martin: "Je lui ai dit que ce n’était pas de la défiance, que c’était alimentaire. Le lendemain, un médiateur de la police municipale est passé au restaurant pour m’indiquer que, si j’enlevais les deux tables, la suspension générale serait levée. Je me suis exécuté."

À l’issue de cet "accord", sans notification écrite, Pascal Marie assure n’avoir "plus eu de nouvelles" jusqu’à cet autre arrêté de suspension, du 3 au 17 septembre. "Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé entre-temps. On nous dit oui, on nous dit non..."

"Sans extérieur, je ferme"

Quoi qu’il en soit, il est déterminé à ne pas céder: "On a deux ans d’URSSAF à rembourser après la Covid, on a besoin que l’argent rentre. Je suis piqué au vif et je veux comprendre ce traitement mais aussi comment fonctionne l’attribution du domaine public pour les terrasses." Là, il s’émeut "des emplacements de 150 places, qui débordent sur des entrées privées. Quand je compare avec mes deux petites tables qui ne gênent personne..."

Avant de verser dans le fatalisme: "C’est maintenant que je dois travailler, pas pendant l’hiver. Et, si on reste sans terrasse, on est condamné à fermer le restaurant."

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