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C’est la goutte d’eau qui fait déborder... d’émotion Une image plus poétique et positive de la question

Mis à jour le 30/10/2019 à 10:07 Publié le 30/10/2019 à 10:06
Yasmina Farber est la réalisatrice du documentaire, qui sera projeté vendredi soir au théâtre du Lavoir.

C’est la goutte d’eau qui fait déborder... d’émotion Une image plus poétique et positive de la question

Une projection du film sur l’odyssée de Mandine Guillaume et Émilien Urbach - embarqués à bord d’un bateau-théâtre, sur les traces des migrants - est prévue vendredi soir au Lavoir théâtre

Durant l’été 2018, les comédiens mentonnais Mandine Guillaume et Émilien Urbach se sont lancés dans une folle odyssée. À bord d’un bateau théâtre - l’Hétérotope, référence à un lieu où l’utopie est possible - ils ont navigué. Non pas pour rentrer chez eux, toutes voiles dehors, mais en vue d’emprunter le chemin inverse des migrants qui voguent vers l’exil. Faisant escale dans divers ports de la Méditerranée, afin d’y proposer une représentation de leur pièce « C’est la goutte d’eau », tirée de leur expérience à bord de l’Aquarius - un navire affrété pour sauver des exilés de la noyade - deux ans auparavant.

Tous les ingrédients de l’épopée

Résultat de multiples bouteilles lancées à la mer, le projet d’origine s’est étoffé, l’équipage s’est agrandi. Et au moment de larguer les amarres, l’ancien grand reporter pour France 2 Yasmina Farber en faisait partie. Bien décidée à immortaliser cette odyssée dans le cadre d’un documentaire, même si les chaînes TV et les productions qu’elle espérait convaincre s’étaient alors désengagées. « Nous venons d’univers différents, mais nous avons eu pour point commun de travailler sur des fonds propres, commente Mandine Guillaume. Yasmina se mettait dans un coin avec sa caméra et filmait ce qu’elle souhaitait. Ce n’était pas évident, nous ne sommes pas habitués au regard que les autres posent sur nous. Au théâtre, on décide de ce que l’on montre. Le film, c’est son choix, ce qui lui a plu, son regard. »

Tous les ingrédients de l’épopée s’y retrouvent cela dit : l’aventure familiale (le navire a compté jusqu’à six enfants à son bord), le voyage en lui-même, les représentations théâtrales, les débats qui ont suivi, les rencontres et ateliers... S’y ajoutent des images d’archives, nécessaires selon la réalisatrice pour replacer l’aventure dans un contexte.

La mort de 30 000 personnes en mer, depuis dix ans.

Le documentaire - qui sera projeté vendredi, à 20 h 30, au Lavoir théâtre - reflète d’ailleurs, au rythme imposé par la navigation et les comédiens, une part d’actualité.

Des débats différents selon les escales

Quand l’équipage jetait l’ancre à Gênes, on apprenait en effet que l’Italie fermait ses ports aux bateaux transportant des migrants. « Nous avons assisté à une manifestation sur place. Jouer dans ce contexte donnait de la force à la représentation et aux débats », assure Mandine. Précisant que le public rencontré sur la tournée était constitué de personnes acquises à la cause des solidaires, mais aussi de migrants, et de plaisanciers en vacances. « Certains se posaient la question de savoir quoi faire s’ils étaient appelés en mer pour un Mayday. Tout le monde est concerné par le sujet dès lors qu’il se trouve sur la Méditerranée », détaille-t-elle. Insistant sur un point : « Ce n’est pas une histoire de cause. Notre spectacle n’affirme rien ».

Hors de question, en conséquence, de porter un quelconque jugement. Reste que les débats suscités à chaque escale se sont montrés bien différents selon les territoires. À Port-de-Bouc, le point de départ, « tout le monde était à des années-lumière des considérations qu’on pouvait avoir à Menton - ville qui était, elle, au cœur de l’actualité. » À Lesbos, port final, c’est devant des réfugiés que la pièce a été jouée. « Nous étions pile entre les deux camps de l’île, là où ils venaient prendre l’air. C’était une belle représentation dans toutes les langues », se rappelle la comédienne. Pour qui ces lieux n’avaient au fond qu’un seul point commun, mais pas des moindres. La Méditerranée comme berceau. Consciente de la beauté du symbole, l’équipe projetait avant chaque représentation une partie du précédent débat. Afin de faire se rencontrer les gens, quelle que soit leur raison d’être en mer. « Nous avions pour objectif de relier la Méditerranée. Relier, étymologiquement, c’est rendre solidaire. »

Mandine Guillaume et Émilien Urbach sur les traces des migrants...

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