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Saint-Tropez La chapelle de Brigitte Bardot Monaco La Chapelle palatine des Grimaldi

Mis à jour le 17/12/2017 à 05:12 Publié le 17/12/2017 à 05:11

Saint-Tropez La chapelle de Brigitte Bardot Monaco La Chapelle palatine des Grimaldi

Pour découvrir la chapelle dédiée à saint Pierre d'Alcantra, il faut le mériter.

Pour découvrir la chapelle dédiée à saint Pierre d'Alcantra, il faut le mériter. Direction Vintimille, rejoindre Breil sur Roya, prendre la direction de Sospel-emprunter une minuscule route sinueuse et se lancer sur une piste caillouteuse sur plusieurs kilomètres.

Au milieu d'un paysage de campagne rude, cette minuscule chapelle domine la vallée de la Roya et semble observer de loin le village de Breil en contrebas.

Dans cette immense bâtisse du XVIIIe siècle construite sur trois niveaux, mise à sa disposition en échange de travaux de rénovation et d'entretien, Françoise Cotta, avocate pénaliste de renom, à une heure de sa Nice natale, a choisi de prendre encore plus de hauteur.

Face au massif de la Cougoule,la petite chapelle a une allure un peu mexicaine. Avec son toit en ardoise et son petit clocheton, elle a gardé un caractère sacré, revisité avec la sensibilité de Françoise : la partie droite de l'autel est consacrée à la religion catholique, les autres religions se partagent la partie gauche, tandis qu'un vieux livre consacré à Lénine contrebalance la Bible posée sur un coffre en bois.

Résistante et engagée comme son père (ancien maire de Nice à la Libération), Françoise accueillait l'année dernière à pareille époque plusieurs dizaines de migrants qui tentaient de rejoindre la France : « C'est incroyable, après ce qu'ils ont traversé comme épreuves, ils continuent à croire en Dieu : avant chaque départ ils vont prier. Ce sont les plus attachés à la chapelle. »

Entourée de Ludovic, Ivoirien, et de Chamberlain, Camerounais, Françoise Cotta continue à poursuivre les traditions qui ne sont pas les siennes : « Je vais le soir dans la chapelle éclairée par quelques bougies, en recherche d'un endroit isolé habité par les esprits. »

A quelques kilomètres sur les hauteurs du village de Sospel, dans le quartier de Berrins, la chapelle Saint- Joseph érigée en 1786 au milieu d'un pré semble toute fière de surplomber la vallée.

C'est en 1903,que les arrière-grands-parents de Mme Patricia Pavia-Orengo, simples agriculteurs, rachètent au décès du sénateur Borriglione cette propriété qu'ils payèrent en six années.

La toiture a été réparée en 1981 et la chapelle restaurée en 2009 et une toile sur châssis représentant le mariage de Joseph et Marie a repris sa place au-dessus de l'autel.

Patricia pour l'occasion a même fait fondre une cloche et fait faire une croix en fer qui ornent désormais la façade : « C'est ma patte », nous dit-elle.

Avec discrétion, Patricia évoque son mariage et le baptême de son fils dans les murs de la petite chapelle.

Elle préfère mettre l'accent sur la tradition initiée par ses grands-parents et qu'elle perpétue toujours : la célébration de la Saint-Joseph au mois de mars, une messe célébrée dans le pré qui jouxte la chapelle et où la population se retrouve.

« J'y suis attachée sentimentalement : je viens méditer de temps en temps alliant dans les prières, catholicisme et bouddhisme. »

Sur la route qui conduit à Breil sur Roya, à 1,5 km du village de Sospel, juste avant le carrefour de la route qui mène au col de Vescova vers Pierre-Haute, c'est en toute discrétion que la chapelle du Sacré-Cœur se dresse au milieu des prés dans un lieu chargé d'histoire.

En 2000, Pascale Kral Moshetti et son époux rachètent les ruines d'une bâtisse millénaire, un ancien prieuré construit en 1180 par quelques Templiers et preux chevaliers à leur retour de croisade en Terre Sainte.

Plusieurs années de lourds travaux sont nécessaires au couple pour restaurer cette ferme templière et la transformer en chambre d'hôtes.

Sur ce lieu ancestralement religieux se dresse également la chapelle du Sacré-Cœur, construite en 1945 avec une histoire beaucoup plus récente. En 1944, la population de Sospel est menacée de déportation en Italie du Nord par les Allemands. Les Sospellois comprirent qu'en priant Dieu la menace pouvait être écartée.

En septembre de la même année, Michel Domerego le maire du village, après avoir réuni la population dans la basilique, s'engagea à construire une chapelle à Saint-Gervais dédiée au Sacré-Cœur si la terrible épreuve de l'exil leur était épargnée.

Un mois plus tard,à la veille du Christ Roi, les habitants de Sospel virent les Allemands quitter leur village.

Une souscription fut lancée auprès de la population et la chapelle aussitôt érigée en 1948.

Toutes les années, lors du dernier dimanche de juillet, une messe ouverte à la population est prononcée devant la chapelle et « chacun s'approprie un peu ce lieu de pèlerinage ».

C'est sur la petite route qui mène au sanctuaire de Notre-Dame-des-Fontaines, à la sortie du village médiéval de la Brigue, que l'architecte niçois Jean-Baptiste Pachiaudi, Grand Prix de Rome d'architecture en 1880, à qui l'on doit entre autres la Villa Fortuné au 20, avenue Saint-Sylvestre à Nice fait construire en 1889 une maison d'artiste au milieu des champs : une maison à faux colombages s'inspirant des décors normands ou anglo-saxons très en vogue à l'époque. Il en fera sa résidence d'été. Quelques années plus tard, au décès de sa maman (ses parents étaient originaires de La Brigue), s'inspirant des chapelles toscanes, ce brillant architecte et son jeune compagnon Angelo Guasco firent construire cette petite chapelle d'un grand raffinement dans leur jardin remarquable : tout en arrondi (6 m de diamètre), couverte d'un dôme en zinc recouvert de mosaïques, huit colonnes en travertin de Sienne en façade, un sol avec deux teintes de marbre, des soubassements en bois de noyer, un autel ouvragé au style piémontais, des trompe-l'œil pastels représentant des paysages du Moyen-Orient.

C'est en 2000 que Marie Noëlle et Charles Turcat, tous deux originaires de Nice, achètent le chalet Santa Anna dont la petite chapelle était cachée par un mur de végétation : « Je suis tombée amoureuse de la maison et avant tout de la chapelle que j'ai découverte au moment de la première visite », lance Marie Noëlle.

Restaurée en 2011 dans le strict respect de ses créateurs, la chapelle Sainte-Anne des Pachiaudi abrite, dans l'ancienne sacristie, un bel espace d'exposition ouvert aux artistes locaux.


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