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Bouchers, primeurs, fromagers... sont-ils les gagnants de la crise à Menton?

Mis à jour le 08/03/2021 à 22:21 Publié le 08/03/2021 à 19:45
Malgré l’affluence régulée à l’entrée, les ventes se maintiennent au marché des Halles municipales.

Malgré l’affluence régulée à l’entrée, les ventes se maintiennent au marché des Halles municipales. BOTELLA / Nice Matin

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Bouchers, primeurs, fromagers... sont-ils les gagnants de la crise à Menton?

Bouchers, primeurs, fromagers... Redécouverts pendant les confinements, prisés pour leurs produits frais et locaux, ces commerçants mentonnais se portent bien malgré la pandémie

Volonté de soutenir les commerçants de proximité pour certains, d’éviter les foules des grandes surfaces pour d’autres… Depuis la crise sanitaire, les Mentonnais auraient-ils pris de nouvelles habitudes en termes de consommation ? Entre la longue file d’attente du supermarché et le confort d’un restaurant en terrasse se trouve un juste milieu aussi tentant que savoureux… Celui du poulet rôti du dimanche, des légumes du marché ou des pâtes fraîches du traiteur. Nouveaux plaisirs, les commerces de bouche ont la cote dans le "monde d’après".

Patrick, de la fromagerie-crémerie des Halles, se réjouit de maintenir de bons chiffres.
Patrick, de la fromagerie-crémerie des Halles, se réjouit de maintenir de bons chiffres. BOTELLA / Nice Matin

Au marché des Halles : "On a récupéré une clientèle qui veut mieux manger"

Seuls les masques et le filtrage à l’entrée rappellent que nous sommes en pleine pandémie au marché des Halles municipales. Les clients, eux, sont bel et bien au rendez-vous. "Venez voir le samedi et le dimanche ! s’exclame Rose-Marie Pallu, fromagère. Il y a beaucoup plus de monde, c’est clair. Je pense qu’on peut dire qu’on est tous gagnants ici." Deux stands plus loin, Patrick, un autre fromager, acquiesce : "Au niveau de l’affluence, on ne s’en rend pas forcément compte puisque trente personnes maximum sont autorisées à entrer simultanément dans le marché. Mais au niveau de la vente, on a de bons chiffres, voire une légère hausse. Après, ça dépend des jours. En début de semaine, c’est plutôt calme et puis, ça s’accélère le vendredi".

Un intérêt positif…

Son voisin boucher, Claude Buis, est plus tempéré. "C’est vrai qu’on s’en sort mieux que les restaurateurs, confie-t-il. Par rapport aux grandes surfaces, le marché permet de s’aérer un peu, les gens aiment bien venir y faire un tour. » Fanny Boiron, elle, a ouvert récemment une épicerie écoresponsable au cœur du marché. Elle y propose des pâtes, des farines, des céréales… avec pour vision de « permettre aux gens de faire toutes leurs courses ici". "Les clients que j’ai depuis l’ouverture reviennent, ce qui témoigne d’un intérêt positif pour cette façon de consommer », analyse la jeune femme....

Jusqu’à quand ?

Du côté de Maison Boéri, on est un peu plus sceptique. "On a très bien travaillé jusque-là, concède Marc Viale, gérant de l’enseigne. Après, on voit bien que tout peut changer du jour au lendemain. On espère tout de même que les consommateurs vont continuer de privilégier le commerce de proximité. Quand je vois qu’aux supermarchés, ils s’entassent à trois cents ou quatre cents personnes alors qu’on nous régule nos entrées… » Au lendemain du premier confinement, ce traiteur avait réalisé près de deux milles livraisons. Un chiffre qui a drastiquement chuté une fois la ville déconfinée et les bonnes volontés dissipées…

Confiance et gage de qualité

Joint par téléphone, Yoann Caveriviere, responsable de la boucherie éponyme et porte-parole des exposants du marché, se veut confiant : "Globalement, l’ensemble des commerçants est plutôt satisfaits en effet, nous livre-t-il. On a récupéré une clientèle qui ne veut pas s’entasser dans les grandes surfaces et, surtout, qui veut “manger du bon”. C’est un argument qu’on entend souvent. Crise sanitaire et “bien manger” ont toujours été intrinsèquement liés… C’est comme à l’époque de la vache folle, les gens n’allaient plus que chez les bouchers car ils ont confiance en leurs commerçants."Si l’entrepreneur estime que la clientèle des commerces de bouche se rajeunissait déjà depuis quelque temps, la crise sanitaire a probablement accentué le phénomène. « Les gens veulent acheter moins et mieux !", résume-t-il.

"On est devenus l’Amazon des pâtes !", plaisante Luisa Inversi de Pasta Piemonte.
"On est devenus l’Amazon des pâtes !", plaisante Luisa Inversi de Pasta Piemonte. Système / Nice Matin

En dehors du marché, les commerçants sont partagés

Devant la Boucherie de la Condamine, avenue Carnot, il faut un peu patienter. Trois personnes font déjà la queue à l’intérieur de l’établissement. Il y a des habitués, comme Jean-Marie et son épouse, « consommateurs réguliers", mais pas que. Yoann Buquet, cogérant du commerce, se libère un instant : "On a beaucoup plus de monde depuis la crise sanitaire. Ça s’est constaté dès le premier confinement. Les gens ont changé leurs habitudes de consommation. Ici, je pense qu’ils se sont rendu compte que les grandes surfaces sont plutôt chères et que le commerce de proximité n’est pas si onéreux en comparaison. On voit maintenant des jeunes, des couples venir régulièrement".

Affluence le week-end

À quelques mètres, la Rôtisserie de l’avenue Cernuschi nuance un peu. « On a eu un bond pendant le premier confinement, c’est vrai, nous répond un employé. Maintenant, les commandes sont stables. Les affaires marchent bien, sans plus." Cette hausse de la fréquentation lors des confinements, une employée d’un primeur du centre-ville s’en souvient aussi : "Les gens ne voulaient pas mettre les pieds dans les grandes surfaces ! Depuis janvier, c’est plus calme. On a pas mal de monde le week-end surtout. » Rares sont ceux qui diront le contraire.

"Ni gagnants, ni perdants"

Malgré la pandémie, ces commerces mentonnais se portent bien. Au plus fort de la crise sanitaire, ils ont réussi à se maintenir grâce au click & collect et aux livraisons. À présent, ils sont autorisés à rester ouverts, y compris pendant le confinement du week-end, en tant que commerces alimentaires.Appréciés pour leurs produits frais et de qualité, à l’heure où les supermarchés sont souvent pointés du doigt pour leurs risques de contamination, certains voient même un nouveau type de clientèle affluer chez eux. Alors, gagnants ou pas ?

Passion livraison

« On ne peut pas dire qu’on soit perdants ou gagnants, tranche Patricia Rousseau, gérante du primeur Le Potager. Les gens ont besoin de l’alimentaire mais en ce qui concerne les ventes, ça dépend des jours. On a notre noyau de fidèles déjà. »Même ressenti chez Flammes & Co, boucherie-traiteur. « Non, il n’y a pas forcément plus de monde, résume Mireille, responsable de la boutique. Après, oui les affaires marchent car on a gardé notre clientèle habituelle mais je ne pense pas que de nouvelles habitudes se soient créées. Si nouveaux clients il y a, c’est dû à la fermeture des restaurants selon moi. À défaut d’aller au restaurant, les gens se font plaisir en achetant à manger chez nous."

Les restrictions à la frontière jouent aussi en la faveur de ces petits commerces, selon Luisa Inversi, gérante de Pasta Piemonte. "Les Mentonnais vont beaucoup faire leurs courses en Italie et là, ils ne peuvent plus. Ils sont obligés de consommer ici. Sur notre créneau, les pâtes fraîches, on est moins concurrencés !", détaille-t-elle.Avec environ une à deux commandes en click & collect par jour, cette entrepreneuse ne constate pas nécessairement une hausse des ventes dans sa boutique mentonnaise. C’est davantage grâce à son déploiement sur le web et aux livraisons effectuées dans l’ensemble des Alpes-Maritimes que son entreprise cartonne.

Cliente régulière, Monique Gauthier se rend au marché pour les légumes, les fruits et la viande.
Cliente régulière, Monique Gauthier se rend au marché pour les légumes, les fruits et la viande. BOTELLA / Nice Matin

"Je ne fréquente plus les supermarchés"

Il y a ceux pour qui c’est une évidence depuis longtemps, à l’instar de Monique Gauthier. « Je viens au marché depuis des années, confie cette retraitée croisée aux Halles. Je n’achète jamais de surgelés. Ici, je prends des légumes, des fruits et de la viande. Je pense que c’est un comportement qui se développe depuis la crise sanitaire mais il faut aussi avoir le temps. Moi, je n’ai plus d’activité, je peux venir me balader ici quand je veux ! »

Et ceux pour qui la crise sanitaire a été un élément déclencheur. « Je ne vais plus que rarement dans les grandes surfaces, atteste Mauricia, ancienne coiffeuse de 65 ans. Je préfère le marché, les petits commerces ou bien les supérettes telles que Marché U." Pour cette Mentonnaise, il y a « beaucoup trop de monde » dans les grandes surfaces, ce qui rend plus propice une contamination à la Covid-19. Néanmoins, ce choix de privilégier les commerces de proximité a un coût. « Pour être franche, dès que nous pourrons retourner en Italie, je passerai la frontière, avoue-t-elle. Mon budget ne me permet pas de faire de grosses courses dans les épiceries du coin. Je continuerai cependant d’acheter chez mon boucher et j’éviterai de plus en plus les grosses enseignes."

Dominique, quant à elle, a commencé à changer sa façon de consommer en automne dernier, « lorsque la Covid est revenue en force en France". Depuis, elle ne fréquente plus les hypermarchés, "où les règles ne sont pas respectées et nous sommes les uns sur les autres". Le plus souvent, elle se fait livrer par des supérettes du centre-ville ou par le marché pour les légumes. « Il m’arrive aussi de prendre un panier de saison à un producteur de Sainte-Agnès, complète-t-elle. Dans les supermarchés, il y a trop de tentations et finalement, on dépense plus !"

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