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Binge-drinking : Le signe d'un problème non résolu

Mis à jour le 11/02/2018 à 05:09 Publié le 11/02/2018 à 05:09
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Binge-drinking : Le signe d'un problème non résolu

Le Dr Faredj Cherikh est concerné au premier plan par l'alcoolisation des jeunes : ce chef du service d'addictologie du CHU de Nice en reçoit régulièrement.

Le Dr Faredj Cherikh est concerné au premier plan par l'alcoolisation des jeunes : ce chef du service d'addictologie du CHU de Nice en reçoit régulièrement. Il a pu mesurer l'évolution de leurs comportements ces dernières années, notamment le binge-drinking, l'intoxication massive.

« Effectivement, les adolescents boivent de l'alcool de plus en plus tôt. Mais il faut bien distinguer ceux qui vont juste goûter de ceux qui vont consommer régulièrement, voire en devenir dépendants. Le problème de ces phénomènes d'alcoolisation, surtout le binge-drinking, est que jusqu'à l'âge de 25 ans, le système nerveux central est encore en pleine évolution. Si on boit massivement, on l'endommage de manière irrémédiable. »

On distingue ainsi plusieurs types de consommateurs. Celui qui va juste « tester » : « Si cela reste une expérimentation occasionnelle, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Les ados vont boire par jeu, pour affirmer qu'ils sont devenus adultes et donc qu'ils font des « trucs » d'adultes ».

Là où le bât blesse, c'est lorsqu'il s'agit d'une personne fragile, vulnérable, pour qui la boisson sera un réconfort. La prévention joue alors un rôle primordial.

« Si un jeune se retrouve aux urgences après une forte alcoolisation, il faut le prendre comme un signal d'alerte. Les parents doivent saisir l'occasion pour lui parler et éventuellement l'emmener consulter. Il faut lui expliquer, lui faire prendre conscience des risques auxquels il s'expose et surtout, il ne faut pas que cette situation se reproduise. D'autant que plus tôt il consomme, plus il aura de mal à arrêter et plus il risquera de tomber dans l'alcoolisme. »

C'est donc des soins d'accompagnements, relationnels qu'il faut proposer aux adolescents qui s'enivrent chaque semaine. Les parents ont ici une place à prendre. Ils doivent faire preuve d'autorité et donner un cadre à leurs enfants qui ne cherchent ni plus ni moins que leurs propres limites.

Comportements à risques

Lucide, le Dr Cherikh constate qu'« on ne peut pas empêcher un jeune de boire. Il le fera tôt ou tard. En revanche, on peut lui donner les clés pour avoir une consommation raisonnable qui ne le mette pas en danger ».

Boire un verre de vin pour savourer le plaisir gustatif, d'accord, descendre la bouteille, non. « Il y a un problème à partir du moment où une personne - quel que soit son âge - ne parvient pas à s'arrêter de boire. Il peut s'agir par exemple de quelqu'un qui ne boit jamais pendant la semaine mais qui le samedi soir sera incapable de se contenter d'un verre et va s'enivrer, parfois en prenant des drogues pour « tenir le coup » toute la soirée. Avec tous les risques que cela comporte. »

Car à l'ivresse s'ajoutent souvent des comportements à risques : des relations sexuelles non consenties souvent sans protection, mais aussi des violences.

Les bitures hebdomadaires pèsent aussi sur les résultats scolaires. Le risque de décrochage est grand.

« Les adolescents connaissant mal leurs limites peuvent se retrouver, des lendemains d'ivresse, face à de véritables black-out, note le Dr Cherikh. Ils ne savent plus du tout ce qu'ils ont fait et ont eu des comportements dont ils ne pensaient pas être capables. »

Mal-être sous-jacent

La consommation excessive d'alcool doit être vue comme un signal. « Un jeune qui boit beaucoup et régulièrement peut trouver dans l'alcool un refuge. Cela montre qu'il a des soucis non résolus. Un ado introverti va peut-être chercher un effet désinhibiteur tandis qu'un autre, sûr de lui voire excentrique, va vouloir sentir l'excitation. À chaque fois, on peut s'interroger sur le mal-être sous-jacent. »

Il n'y a donc pas de profil type, pas de sujet plus à même de tomber dans l'alcoolisme.

Mais l'éducation, que ce soit celle des parents ou reçue à l'école, va permettre de prévenir certains comportements à risque. Ainsi, le dialogue doit rester ouvert et s'il ne suffit pas, il faut alors pousser la porte d'un spécialiste qu'il soit médecin, psychologue...

Les premières ivresses conduisent souvent aux premiers malaises. Car un jeune qui n'a quasiment jamais bu d'alcool a un seuil de tolérance très bas. Par ailleurs, ses effets n'interviennent qu'entre vingt minutes et une heure après l'ingestion. De ce fait, boire beaucoup dans un laps de temps fait courir un risque plus élevé de vomissement, endormissement voire dans les cas les plus graves, coma éthylique.

Le problème réside aussi dans le fait que les industriels proposent des boissons alcoolisées très sucrées, qui se boivent « toutes seules » mais qui, du coup, conduisent à une surconsommation manifeste.

L'alcool peut perturber l'érection chez l'homme et diminuer le plaisir chez la femme.

L'alcool perturbant le fonctionnement du cerveau, il peut engendrer une plus grande irritabilité. La personne ivre a moins de filtre, ce qui explique le risque accru de violences.


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