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Bernard Spindler : une voix s'est tue

Mis à jour le 25/03/2017 à 05:20 Publié le 25/03/2017 à 05:20
Bernard Spindler, au micro de RMC.	(DR)
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Bernard Spindler : une voix s'est tue

L'illustre journaliste de Radio Monte-Carlo est décédé hier à Nice à l'âge de 77 ans. Les Monégasques perdent un compatriote et un grand nom de la presse en Principauté

Tu peux tout raconter. Tu ne cherches pas les mots ; ils viennent tout seuls. Et puis s'ils ne viennent pas, essaie au moins d'être drôle. »

Bernard Spindler, journaliste hors pair, orateur d'exception, a passé des décennies au micro de RMC notamment, pour raconter l'actualité du sport ou du cinéma. Plus encore, il savait créer l'actualité à lui tout seul par l'unique talent qu'il avait de jouer avec les mots, les phrases, les idées, avec pertinence et impertinence, humour et dérision.

Mais voilà, depuis hier matin, la voix de Bernard s'est définitivement tue.

« Du talent à l'état pur »

Bernard Spindler est décédé à Nice. Il avait 77 ans. Naturalisé monégasque en 2004, il fut une des figures les plus légendaires de RMC et TMC. Il savait tout faire. Et il a tout fait : journaliste, reporter, rédacteur en chef du service des Sports et des Informations générales, présentateur des journaux de la mi-journée…

C'était la grande époque où les ménages français vivaient au rythme des émissions de radio et de télévision. Des années 60 jusqu'aux années 80, Bernard Spindler ponctuait ainsi la vie des familles dans la France entière et même au-delà des frontières de l'Hexagone.

« Il a été un des plus grands journalistes que j'ai connus, témoigne José Sacré. Du talent à l'état pur. Un homme honnête. Génial au boulot ; chaleureux avec ses amis. Un professionnel d'exception avec une capacité d'improvisation phénoménale. » L'ancien animateur de RMC se souvient : « Le premier jour où j'ai commencé à la radio, en 1967, j'ai vu arriver un homme à 8 h 30. On s'est salué. Il avait un petit bout de papier griffonné. Il a pris l'antenne et a fait un quart d'heure de résultats sportifs et de commentaires ; comme cela ; sans rien. Il m'a stupéfié. Et tout au long des années où je l'ai côtoyé, dans tous les domaines, il m'a époustouflé. »

En 1986, Bernard Spindler part à TMC et Jean-Louis Filc lui succède au service des Sports de RMC. « Le sport automobile a toujours été sa grande passion, se souvient ce dernier. Il couvrait le Grand Prix de Formule 1 et m'a demandé de continuer à participer aux nuits du Rallye de Monte-Carlo. Nous avons ainsi, lui et moi, couvert l'événement durant vingt ans. Nous faisions vingt-quatre heures de commentaires non-stop de 1980 à 1996 environ. Il a connu tous les sportifs de son temps, notamment Jean Todt, Bernard Darmiche… Il a même été copilote sur des rallyes. »

François Chantrait, conseiller technique au secrétariat général du gouvernement, ex-directeur du Centre de presse, a également travaillé avec Bernard Spindler à RMC, au début des années 90. « C'est une très très grande voix de la radio et quelqu'un que je respectais énormément. Il avait toujours le souci de lancer les jeunes. » Tous les deux ont fait renaître le Monaco Press Club en 2005 et Bernard Spindler en est devenu naturellement le président.

Un homme érudit

En 2012, le journaliste sollicite ses confrères, représentants de la presse locale, pour reprendre le flambeau. Il devient alors président d'honneur du Monaco Press Club. Lui se consacre alors principalement à l'écriture. Car il était aussi homme de culture, passionné de cinéma - il a couvert beaucoup de Festivals de Cannes -, de musique, d'opéra et de littérature. Il a travaillé aux Éditions du Rocher et est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment La Maîtresse vénitienne, Sport auto, histoires secrètes, Cocteau Marais : un si joli mensonge, Le Mystère des Tuileries, Jeux de dames à Monte-Carlo, Paris en flammes

Le 14 décembre 2016, le Monaco Press Club avait organisé une rencontre avec Jean-Pierre Foucault à laquelle les anciens de RMC avaient été conviés. Un moment de retrouvailles, chaleureux et amical. Au premier rang des invités, Bernard Spindler avait, ce jour-là, pris le micro. Et impossible de le lui reprendre !

Aujourd'hui, on se dit peut-être qu'un jour, là-haut, ou ailleurs, il nous racontera de nouveau ses plus belles histoires…


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