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Bateau à hydrogène : Une montée en puissance dans la région

Mis à jour le 27/03/2019 à 10:27 Publié le 27/03/2019 à 10:26
Les émissions des ferries (ici dans le port de Toulon), navires de croisières ou cargos sont à l’origine de  maladies pulmonaires et cardiovasculaires.

Les émissions des ferries (ici dans le port de Toulon), navires de croisières ou cargos sont à l’origine de maladies pulmonaires et cardiovasculaires. M. S.

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Bateau à hydrogène : Une montée en puissance dans la région

Navires de croisière, ferries, cargos… polluent l’air. Pour limiter ces émissions nocives, la France veut renforcer d’ici à 2020 des normes antipollution en Méditerranée. Et si la solution passait par l’hydrogène ? L’Azuréen Arnaud Vasquez travaille à cette alternative pour des bateaux de taille moyenne. En 2021, une navette maritime naviguera sans polluer à Toulon. Dans ce sillage, c’est toute une filière hydrogène qui monte en puissance dans la région

Des panaches noirs s’échappent des cheminées des navires de croisière, cargo, porte-conteneurs et autres ferries. Dans les grands ports de la Méditerranée, la pollution générée par le trafic maritime préoccupe.

« Le transport maritime utilise du fioul lourd, particulièrement polluant. Il peut contenir jusqu’à 3,5 % de soufre, contre moins de 0,01 % pour les voitures, pointe Arnaud Vasquez, fondateur de la start-up Hyseas Energy qui veut développer l’hydrogène comme carburant alternatif.

« Un seul cargo équivaut à 50 millions de voitures »

« Aujourd’hui, la pollution d’un seul cargo équivaut à environ 50 millions de voitures dans les cas où la teneur en soufre est encore de 3,5 %.

À l’échelle mondiale, 90 % de nos échanges de produits manufacturés passent par la mer, ça donne des volumes gigantesques et, en vingt ans, le trafic maritime a augmenté de 300 %. »

Bref, cette source de pollution n’est pas près de se tarir.

« À ce rythme, estime l’Organisation maritime internationale (OMI), en 2050, le shipping générera 17 % des émissions de CO2. »

L’enjeu en termes de santé publique est considérable. Une étude publiée en 2015 par l’université de Rostock (Allemagne) établi un lien entre les gaz d’échappement des cargos et des pathologies graves.

À l’origine de maladies pulmonaires et cardiovasculaires sévères, ce rapport estime que les émissions du transport maritime sont responsables de 60 000 décès prématurés par an en Europe.

Le soufre va être réduit par sept

En 2020, la nouvelle réglementation internationale qui entrera en vigueur va améliorer la donne avec une réduction par sept (0,5 % contre 3,5 %) du taux maximal de soufre dans le carburant utilisé.

Mais la France veut aller encore plus loin. L’état plaide pour la mise en place en Méditerranée d’une zone de limitation de la pollution des navires (ECA), comme il en existe déjà en mer du Nord ou dans la Manche.

L’objectif : diviser encore par cinq (à 0,1 %) le taux de soufre autorisé et réduire les émissions d’oxyde d’azote.

D’après l’étude commandée par l’état, avec la mise en œuvre de cette mesure, la pollution au dioxyde d’azote pourrait baisser à Marseille (-5,5 microgrammes/m3), Toulon (-5 µg/m3), mais surtout à Nice (-8 µg/m3).

« Le cap fixé par l’Organisation maritime internationale est de réduire en 2050 de 50 % les émissions par rapport à 2008. Mais où sont les technologies pour arriver à cet objectif ? », interroge Arnaud Vasquez.

Une véritable filière hydrogène émerge dans le Sud-Est. En effet, près d’une centaine d’acteurs sont impliqués : des grands groupes comme Air Liquide, Engie, EDF, des PME comme Green GT, HySeas Energy et des laboratoires de recherche (Mines ParisTech à Sophia Antipolis, CNRS…), la CCI du Var, la Région Sud...

« L’hydrogène est une alternative intéressante pour la mobilité, pose Flavien Pasquet, animateur de la filière hydrogène au sein du pôle de compétitivité Cap Énergie. Et, en région Sud, l’idée c’est d’utiliser principalement l’hydrogène “vert”, produit à partir d’une électricité issue d’énergies renouvelables. »

Qu’en sera-t-il de la future station du port de Toulon ?

« C’est Engie Cofély qui est partenaire. On fabriquera l’hydrogène in situ avec un électrolyseur, note Hervé Moine. Certes, aujourd’hui, l’électricité dans le réseau est à 80 % d’origine nucléaire, c’est donc de l’hydrogène décarboné. »

Mais, reprend Arnaud Vasquez, « Engie s’engage contractuellement à injecter dans le réseau autant d’énergie verte que ce que la station consommera ».

Dans un deuxième temps, l’objectif sera d’alimenter ces stations, par une production « locale » et verte. « À 10 km de Toulon, sur le plateau de Signes, quatre parcs photovoltaïques ont été installés. Nous allons en aménager un cinquième qui sera en majorité dédié à l’hydrogène », précise Hervé Moine.

Il table sur un délai de deux à trois ans, avant d’être en capacité de produire cet hydrogène.

Par ailleurs, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le projet HyGreen Provence prévoit également une production d’H2 vert, à partir d’énergie solaire. « L’hydrogène produit sera stocké dans des cavités souterraines salines de grande dimension à Manosque », explique Flavien Pasquet. Il table sur une montée en puissance du projet à partir de 2023.

L’énergie produite par la centrale équivaut à une fois et demie les besoins de la population de Signes.
L’énergie produite par la centrale équivaut à une fois et demie les besoins de la population de Signes. Lionel Barbe/Mydrone.fr

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