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Aveline Carmoi : en quête de Mon côté sauvage

Mis à jour le 11/08/2018 à 05:11 Publié le 11/08/2018 à 05:11
Aveline Carmoi poste régulièrement des vidéos mettant en scène des producteurs de plantes du secteur. Support de communication pour sa future boutique en ligne.

Aveline Carmoi poste régulièrement des vidéos mettant en scène des producteurs de plantes du secteur. Support de communication pour sa future boutique en ligne. Rémy Masseglia

Aveline Carmoi : en quête de Mon côté sauvage

Ex-Parisienne, la jeune femme s'est installée à Breil-sur-Roya pour confectionner des tisanes. Elle réalise des vidéos de producteurs de plantes afin de promouvoir sa future boutique en ligne

En admettant qu'à chaque prénom correspond une destinée, Aveline était vouée à se tourner vers le milieu agricole, sinon botanique. Les sages vous le diraient : on porte rarement le nom d'une noisette par hasard…

Et de fait, après une première carrière en tant que technicienne du son à Radio France, Aveline Carmoi s'est installée dans la Roya dans un but précis : créer des tisanes à base de plantes cueillies en pleine nature. En vue de les commercialiser. Et de retrouver, dit-elle, son côté sauvage. Un trait de caractère enfoui que la jeune néorurale s'attelle, depuis, à transformer en marque.

Les internautes amateurs de plantes connaissent déjà la page Facebook et la chaîne Youtube « Mon côté sauvage » pour les vidéos qu'Aveline poste régulièrement. Sont déjà sortis seize micro-documentaires (de moins de dix minutes) dans lesquels elle présente le travail des producteurs de plantes du secteur. Leurs méthodes.

Souhait d'une agriculture mutualisée

« Je m'adresse à ceux qui sont ce que j'étais avant : des citadins qui ne savent pas par quel bout prendre les choses. J'essaie de faire des explications avec humour, d'importer un ton léger à des choses qui me tiennent à cœur », explique-t-elle. Consciente que les tisanes sont encore trop considérées comme des breuvages « pour mémé », alors qu'elles représentent une bonne alternative au thé et au café, souvent consommés en surdose.

« Des personnes que je ne connais pas me suivent depuis le début. Le but de ces vidéos n'est pas tant que les gens me regardent, mais qu'ils aillent dans la nature. Je ne suis pas forcément en capacité de donner des conseils aux autres. Le message que je fais passer c'est : cueillez les plantes qui vous attirent. Comme moi je le fais. Mon côté sauvage, en fait, c'est ma propre transition. » Désormais loin de la ville, où les habitants sont en « véritable déconnexion avec la nature ».

Au fond, c'est parce qu'elle cherchait un astucieux compromis qu'Aveline a lancé sa chaîne Youtube. Soucieuse d'apprendre le métier au contact de ceux qui l'exercent depuis longtemps, tout en respectant chacun d'eux.

« Il y a pas mal de producteurs ici, et quelques plantes en tension. Alors j'ai réfléchi à la manière de trouver mon marché sans être dans de la concurrence », assure-t-elle. Précisant avoir - dans cette logique - immédiatement écarté l'option de vendre ses produits sur les marchés locaux. « Je me suis dit que le mieux était d'apporter aux producteurs de la visibilité. Mais il y a tout de même un projet commercial derrière : mes vidéos sont la communication de ma future boutique en ligne. » Dans laquelle elle proposera ses propres tisanes, ainsi que des coffrets autour des plantes aromatiques et médicinales. Vendant, de fait, des produits assemblés ou conçus par d'autres qu'elle.

Citadine de naissance mais rurale de cœur, Aveline cultive en effet une philosophie élémentaire : c'est en s'unissant que l'on réussit le mieux. D'autant plus dans des métiers où il est ardu de se faire une place. « Un prétendant à l'installation rencontre beaucoup de difficultés aujourd'hui, surtout dans le sud où il faut payer un loyer élevé pour un métier qui génère peu de revenus. L'installation à plusieurs est à mon avis le moyen de demain de faire de l'agriculture. »

Sa propre chance aura été de rencontrer Anne Menoret, fondatrice d'Art'Tisane, une société d'infusions implantée à Breil dont les restos de luxe raffolent. « Je cherchais un endroit où apprendre. Elle a accepté de tout m'expliquer, de me prêter du matériel… et même de me montrer ses lieux de cueillettes », souligne Aveline. Qui, déjà détentrice d'un brevet d'exploitation agricole en maraîchage bio, poursuit actuellement une formation en herboristerie.

Celle qui se décrit comme un « paysan sans terre » a par ailleurs fait le choix d'intégrer une coopérative. Une solution qui lui permet de ne pas avoir à vivre de la seule cueillette. Et, surtout, de ne pas être contrainte à créer sa propre entreprise. Dans un premier temps, du moins. Le temps de tester la viabilité de son activité.

« Parfois, les gens ont du mépris pour les néoruraux qui se lancent et abandonnent car c'est trop dur de cultiver. Mais l'agriculture est presque dans les gènes de chacun. Il ne faut sûrement pas remonter bien loin dans l'arbre généalogique pour retrouver des paysans. On est donc tous légitimes à l'être », clame Aveline. Attachée à ce que l'on concède à chacun le droit d'essayer de changer les choses.

À échelle personnelle.

Voire universelle.


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