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"Avec le prix de l'essence, pas le choix": les automobilistes azuréens se tournent de plus en plus vers le train pour venir travailler à Monaco

Entre fin du télétravail et hausse du prix des carburants, de plus en plus d’automobilistes admettent laisser la voiture au garage et se tourner vers le train. Témoignages en gare.

Kévin Sanchez Publié le 15/03/2022 à 15:26, mis à jour le 15/03/2022 à 14:47
Si la fréquentation en gare de Monaco n’est pas revenue aux standards d’avant la crise sanitaire, les quais étaient bien bondés cette semaine. Et la majorité des usagers du rail ne se voit pas reprendre la voiture pour aller travailler. Photo Cyril Dodergny

Depuis plusieurs semaines, la fréquentation de la gare de Monaco est en légère hausse. Une constatation non sans lien avec la tenue de la Fête du citron, qui a amené bon nombre de touristes pendant deux semaines. Mais avec la fin annoncée du télétravail et l’augmentation du prix de l’essence, les usagers des TER de la ligne Grasse-Vintimille ne se voient globalement pas utiliser un autre moyen de locomotion pour se rendre au travail en Principauté.

"Je suis un usager régulier du train. C’est avant tout un moyen pratique de venir travailler à Monaco et économique. Ne pas payer un parking plus l’essence et le péage c’est quand même très intéressant financièrement. Malgré les petits désagréments que l’on peut rencontrer parfois", estime Maxime.

Pour d’autres, prendre la voiture devient clairement un luxe. "J’ai 4 enfants et je ne peux plus me permettre de payer plus de 100 euros par semaine pour faire mon plein, explique, de manière pragmatique, Christelle. Le gouvernement [français] veut nous donner une prime pour compenser l’augmentation du prix de l’essence mais ça ne suffit pas. Je vais faire un plein et ensuite? Du coup je me suis tournée vers le train. C’est plus économique, j’évite les bouchons et niveau écologie, c’est une bonne chose. Pour l’instant je n’ai pas eu de problème de retard mais je ne me fais pas d’illusion, ça arrivera… Après si je peux économiser 300 euros ou plus par mois, je ne vais pas me plaindre."

"Je suis largement gagnant"

"Je prends le train depuis le début de l’année. Je n’ai pas vraiment de raison de changer cette habitude. C’est un rythme à prendre. Au final, sur le mois dernier, je suis largement gagnant et quand on voit l’augmentation des prix de l’essence, ça ne va pas s’arrêter. Entre l’essence qui est passée à deux euros le litre, plus la difficulté de stationner et même le temps de trajet, il n’y a pas photo. Je me demande pourquoi je ne l’ai pas fait avant", admet Marc, qui avait l’habitude de venir en Principauté en voiture.

 

Comme lui auparavant, d’après un Sondage Ipsos, 78% des habitants de la Métropole Nice Côte d’Azur utilisent toujours leur voiture au quotidien pour leurs déplacements. Un chiffre qui ne concerne plus Pierre et sa compagne.

"Avec ma femme on n’utilise plus notre voiture. Sauf pour aller nous promener le week-end ou nous rendre en famille, chez des amis… On espère gagner de quoi se payer de bonnes vacances cet été. J’aurais bien faire du covoiturage, mais il n’est pas évident de se coordonner avec les collègues de travail parce qu’ils ne font pas forcément le même trajet."

Trottinette électrique dans le train

Si certains sont assez éloignés de la gare, reste la solution du vélo ou la trottinette. "Pas le choix, l’essence est devenue trop chère, regrette Sébastien. J’utilisais mon scooter, mais passer deux fois par semaine à la pompe ce n’est plus possible. Du coup, j’ai investi dans une trottinette électrique avec l’argent que j’ai eu à Noël. Ça devrait être rentable encore quelques années. Sauf si le prix de l’électricité augmente aussi, mais bon… Elle m’a coûté l’équivalent d’un mois et demi de carburant donc je vais commencer à rentrer dans mes frais."

Sauf que parfois certains aléas viennent perturber la circulation des TER entraînant des retards, comme ce fut le cas mardi dernier sur le trajet de Menton en direction de Cannes. "Sur une journée comme celle-là, ça fait réfléchir, ironise Sandrine. Malheureusement, ça m’est arrivé trois fois en un peu plus d’un mois et demi d’utilisation. Mais au final, c’est comme si j’étais bloquée dans un bouchon sur l’autoroute à cause d’un accident. Au lieu d’être seule dans ma voiture, je suis avec un peu plus de monde. Ça permet de discuter un peu avec d’autres personnes. Ça fait du bien aussi."

 

Une situation pas toujours bien vécue par les utilisateurs du réseau TER, comme le confie Jean en cherchant un autre moyen de rentrer chez lui. "J’ai essayé le train mais désormais c’est terminé. Je ne sais pas combien de temps il va me falloir pour rentrer chez moi, donc tant pis je vais rendre mon abonnement. Demain je reprends ma voiture même si je dois payer plus cher mon essence. Je vais y gagner en qualité de vie, même si je dois faire des économies ailleurs."

Finalement le train a quitté la gare avec une heure de retard, laissant une grande partie des usagers sur le quai dans l’attente des wagons suivants. Une situation en grande partie due aux travaux réalisés sur les voies. Ils devraient prendre fin le mois prochain.

2.000

Soit le nombre de personnes supplémentaires qui sont passées – pour un aller – en moyenne par la gare de Monaco entre les mois de février et début mars. Cela représente l’équivalent de la capacité de 2 grands TER, ou une augmentation d’environ 17% des voyages entre fin janvier et début mars.

Pour rappel, au début de l’année, on recensait moins de 10.000 voyages contre plus de 13.000 à ce jour.

Avant la pandémie, plus de 23.000 voyageurs empruntaient le chemin de la gare quotidiennement.

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