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Aux Moneghetti, nous vivons dans la crainte

Une réunion entre le maire et ses administrés du quartier touché par la vague de dégradations de véhicules a été organisée hier. Un exutoire pour les habitants qui réclament plus de sécurité

Nicolas Hasson-Fauré Publié le 09/01/2016 à 05:12, mis à jour le 09/01/2016 à 05:12
Jean-François Ottonello

C'est un petit cylindre noir, tout en longueur. Une bombe lacrymogène. Une dame la tient dans sa main, qu'elle tend un peu en l'air. « Est-ce que c'est normal que je me promène avec ça ? lâche-t-elle. Est-ce que c'est normal qu'une femme de soixante ans doive se promener avec ça pour sortir son chien ? Non, ce n'est pas normal. »

La sortie est adressée à Gérard Spinelli, le maire de Beausoleil. Le dialogue se déroule hier matin, dans la lumineuse salle du conseil municipal de la mairie. Une réunion publique y est improvisée. Une soixantaine de riverains des Moneghetti sont montés ici pour dire, encore une fois, leur colère après la vague de dégradations de véhicules qui touche ce quartier résidentiel de Beausoleil. Une cinquantaine de véhicules ont été vandalisés en une quinzaine de jours.

« ça va devenir comme la Corse »

 

Le rassemblement devant la mairie a d'ailleurs été décidé à la fin d'une réunion publique spontanée, jeudi soir sur le parking de la résidence Les Moneghetti, particulièrement touchée par ces actes de vandalisme.

Le premier enjeu de ce moment est d'exprimer un sentiment commun à beaucoup d'habitants, que résume une dame dans la salle : « Nous vivons dans la crainte », lâche-t-elle.

Et comme lors de la réunion de jeudi soir, il faut calmer le jeu. Jacky Maiffret, un représentant du syndic de la résidence Les Moneghetti, évoque d'abord la montée de tensions dans le quartier, suite à ces dégradations. « Un jour ou l'autre, ça va devenir comme la Corse », lâche-t-il à côté du premier magistrat et face à la foule. Il évoque surtout la problématique au centre de beaucoup de questions des riverains : les effectifs et la présence policière dans le quartier.

« Tous les gens demandent des renforts. La police nationale à Beausoleil est inexistante. J'ai entendu dire qu'à Menton (NDLR : là où est situé le commissariat dont dépend Beausoleil), il n'y avait pas beaucoup de policiers. » Ce que lui et les riverains veulent ? « Faire pression auprès de Monsieur Estrosi (NDLR : le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur) pour qu'il nous envoie des renforts. »

Réponse du maire de la ville : « On est en zone police. On dépend du commissariat de Menton. Cela dépend de l'État, pas d'Estrosi. À Menton, les effectifs diminuent. On est passés de 140 à moins de 100 agents. »

Justement, le dossier qui agite les Moneghetti n'est pas du ressort du premier magistrat. Reste que Gérard Spinelli rassure. Sur les interventions et l'augmentation des effectifs de la police municipale, sur le suivi de l'enquête, sur l'implication des enquêteurs, sur la prochaine arrivée de caméras de surveillance à Beausoleil, dont sept aux Moneghetti…

 

Sentiment d'abandon

Au fond, lors de cette réunion publique, il est peu question des actes de vandalisme dont sont victimes les habitants du quartier. Les riverains parlent davantage de l'ambiance du quartier, des « antennes volées », des « seringues », du « dealer qui vend ses barrettes devant tout le monde ». Une forme d'exutoire, micros ouverts. Comme un moyen de tout mettre sur le tapis. Il est aussi question du sentiment d'abandon, des « fermetures de commerces », du bus qu'il faut attendre pendant « quarante minutes ». « Maintenant, on paye un peu le résultat de ce laisser-aller », résume une autre dame.

Après une heure d'échanges, la réunion touche à sa fin. « Ça rassure, quand même », glisse un riverain, visiblement tranquillisé par les propos du maire. Surtout, juge-t-il, « s'il n'y avait pas eu ces deux réunions, ça aurait pu déborder ».

Jacky Maiffret, lui, reste « vigilant » : « On aimerait avoir du concret, dit-il. Tant qu'on ne les a pas arrêtés, je reste sur le qui-vive. »

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