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Au volant de son 17 tonnes, le routier alcoolisé errait en sens interdit sur le port de Monaco

Mis à jour le 15/07/2020 à 12:02 Publié le 15/07/2020 à 12:28
Le chauffeur a traversé la Principauté comme dans un épais brouillard. « J’ai bu parce que j’étais stressé de ne pas connaître le chemin. »	(Illustration J.-F. Ottonello)
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Au volant de son 17 tonnes, le routier alcoolisé errait en sens interdit sur le port de Monaco

Immobilisé après s'être trompé d'itinéraire, le Belge de 57 ans venait surtout d'ingurgiter un litre de bière.

"S’il n’y avait pas eu l’intervention de la police, je serais encore en train de tourner avec mon camion. Je ne connaissais pas la Principauté. J’ai pris le sens interdit parce que j’étais perdu et je n’avais pas d’autre choix. Surtout quand il est impossible de manœuvrer pour retrouver une autre voie ou de revenir en arrière…"

Le chauffeur belge d’un poids lourd, menotté pour sa comparution à l’audience de flagrance, s’est expliqué sur sa double erreur de trajectoire le lundi 22 juin 2020, vers 17 heures, entre le boulevard  Louis-II et la place Sainte-Dévote.

"Je devais livrer de la marchandise à Fontvieille. Je tournais comme un pot. Plutôt que d’emprunter une autre direction difficile pour s’engager, j’ai préféré continuer tout droit sur une portion en sens interdit…"

"J’ai peur de conduire à Monaco"

Certes, le chauffeur a dû semer une belle pagaille dans sa confusion d’itinéraire. Mais sa présentation devant le tribunal correctionnel a surtout été motivée par son état d’ivresse constatée au cours de sa garde à vue. Avec une alcoolémie de 0,88 mg par litre d’air expiré, soit deux bières de 50 centilitres, l’erreur d’aiguillage routier apparaît somme toute concevable.

"La Sûreté publique avait été aussitôt alertée sur la circulation inappropriée d’un véhicule de fort tonnage. Quand vous étiez interpellé, vous aviez consommé de l’alcool. Comment pouviez-vous arriver à bon port en ayant bu autant?, demande le président Jérôme Fougeras Lavergnolle (*). C’est plus de trois fois la limite autorisée (0,25 mg/l)! Vous êtes un professionnel de la route et vous devez être plus encore sensibilisé aux dangers de la boisson au volant…"

Le prévenu, âgé de 57 ans surprend les juges par sa réponse. "J’ai bu parce que j’étais stressé de ne pas connaître le chemin et de me faire piéger. D’ailleurs, je refuse toujours d’effectuer des missions de transport à mon employeur quand il faut livrer à Monaco. C’est un lieu où j’ai peur de conduire. Sinon, je me sentais bien…"

Dernière chance "avant les geôles"

Avec une seule condamnation au compteur en 2006, le premier substitut Olivier Zamphiroff, ne réclame pas de la prison ferme dans ses réquisitions. "Certes, il est difficile pour un poids lourd Magnum de 17 tonnes de se sortir de cette nasse. Mais ce chauffeur professionnel a un taux élevé. Il faut le priver de conduire à Monaco et prononcer une peine de vingt jours assortie du sursis, plus deux amendes de 45 euros. C’est la dernière occasion de clémence offerte avant de trouver les geôles."

Face à une confession aussi exhaustive où son client ne conteste rien, Me Charles Lécuyer estime "qu’une sanction avec sursis est en effet la mieux adaptée à la situation professionnelle du prévenu." En revanche, "priver ce livreur de venir en Principauté n’a pas lieu d’être."

Le tribunal, dans un souci permanent de respecter les mesures barrières afin de limiter la propagation du coronavirus, a délibéré sur-le-champ et condamné le routier à une peine de quinze jours avec sursis. Il a conservé les deux amendes à 45 euros et classé inopportun l’interdiction de conduire en Principauté.


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