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Après trois années de travaux, la fontaine de Guy Lartigue retrouve sa superbe au Larvotto

Rénovée par Brice, le fils de Guy Lartigue, la spectaculaire œuvre a été remise en eau ce mercredi soir devant le prince Albert II, à son emplacement initial, au bout de la promenade du Larvotto.

Cédric Vérany Publié le 19/05/2022 à 11:30, mis à jour le 19/05/2022 à 10:55
Conçue par Guy Lartigue en 1969 à la demande du prince Rainier III et de la princesse Grace, la fontaine monumentale du Larvotto a repris vie ce mercredi soir sous l’œil du souverain et de Brice Lartigue. Photo Jean-François Ottonello

"Cette tôle est chargée de cinquante ans d’histoire", lance Brice Lartigue, le regard ému plongeant dans la fontaine imaginée par son père en 1969 pour la promenade du Larvotto. Un demi-siècle après son installation, l’œuvre monumentale de Guy Lartigue a repris vie ce mercredi soir, en présence du prince Albert II.

Un retour aux sources après trois années de travaux. En 2019, la réfection du quartier du Larvotto, en effet, oblige le démontage de cette sculpture monumentale de douze mètres de haut, 400 mètres carrés d’envergure aux volutes modernes, tellement symbolique de la promenade des seventies.

Au centre de la place Joséphine Baker, la fontaine rénovée est entourée par un banc de pierre pour profiter du panorama ouvert sur la mer. Photo Jean-François Ottonello.

Transmission

Comme plusieurs œuvres au destin funeste en Principauté, elle aurait pu être démontée, remisée et oubliée sans jamais revoir la lumière. Mais les équipes du Nouveau Musée National de Monaco, avec l’aide du gouvernement, ont veillé à son destin. Avec Brice Lartigue comme pilote.

 

Quand il commence le démontage de l’œuvre paternelle en 2019, découpée et numérotée pièce par pièce, Guy Lartigue, 90 ans passés, suit de loin le travail de son fils qui l’entretient chaque jour au téléphone des avancées. Les pièces sont déposées dans un hangar proche du Vista Palace en attendant d’être rénovées.

En mai 2021, alors que la rénovation doit démarrer, Guy Lartigue s’éteint. Brice, fils unique, reprend le flambeau et le deuil passé, s’attelle au projet monégasque.

"Les étoiles étaient avec moi et m’ont guidé pour accomplir ce travail, avec l’expertise de tant de professionnels compétents rencontrés sur place qui sont devenus des frères d’armes. Et aujourd’hui, il me reste 88 autres monuments de ce type en France à entretenir. J’ai compris que c’était mon héritage, même si l’œuvre de Monaco était la plus grande et la plus spectaculaire création de mon père", souffle le fils qui a 42 ans, l’âge qu’avait son père quand il a entamé le projet du Larvotto.

Les cascades d’eau composées d’une centaine de jets au total donnent un effet monumental que Guy Lartigue aimait décrire comme un orchestre jouant un opéra. Photo Jean-François Ottonello.

"C’est redevenu un joyau"

Si la fontaine a retrouvé sa position initiale - sur la désormais dénommée place Joséphine Baker et légèrement en retrait du Sea Club, qui n’existait pas lors de son implantation -, à l’intérieur, tous les systèmes hydrauliques ont été remplacés. Histoire de faire place à une machinerie contemporaine toute en inox capable de contrer les affres de l’air marin.

Le revêtement qui compose les plaques de la fontaine et du bassin, lui, demeure l’original. L’alliage de cuivre, de laiton et de bronze corrodé par le temps a été nettoyé à haute pression.

 

Et la patine vert-de-gris provoquée par la Méditerranée voisine a été mutée en une teinte turquoise qui n’est pas sans rappeler les variations de la mer. Avec un éclairage blanc froid à la nuit tombée, le tout donne du chic à la sculpture qui se (re) marie à son nouvel environnement.

Illustration Photo Jean-François Ottonello.

"C’est le point d’orgue de la rénovation du site du Larvotto", admet le ministre d’État, Pierre Dartout, venu ce mercredi soir saluer le travail des différentes équipes gouvernementales qui ont permis la renaissance de la fontaine et sa centaine de jets d’eau, avec le soutien financier de la SAM Anse du Portier et de Patrice Pastor.

L’œuvre a attiré dès ce mercredi soir les passants qui l’ont découverte entièrement dévoilée en primeur et commencé à prendre des selfies devant. "À toutes les étapes, du démontage à la réinstallation, beaucoup de gens sont venus me raconter leur histoire avec cette fontaine, m’ont apporté des photos d’époque d’eux devant la fontaine. Tant de gens y ont des souvenirs, certains s’y donnaient rendez-vous enfant, d’autres sont tombés amoureux devant cette fontaine », glisse dans un sourire Brice Lartigue. « C’est probablement la sculpture la plus complexe de mon père. C’est redevenu un joyau".

Illustration Photo Jean-François Ottonello.

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