“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Après les débordements sans précédents de l'an passé en marge du salon Top Marques, le youtubeur POG lance un appel au calme

Mis à jour le 01/06/2019 à 09:48 Publié le 01/06/2019 à 09:46
POG avec sa Lamborghini Huracán Performante Spyder, dite "Pogini", devant le Fairmont.

POG avec sa Lamborghini Huracán Performante Spyder, dite "Pogini", devant le Fairmont. Photo Cyril Dodergny

Après les débordements sans précédents de l'an passé en marge du salon Top Marques, le youtubeur POG lance un appel au calme

Les Youtubeurs, POG le premier, ont endossé la responsabilité de débordements en marge du dernier Top Marques. Auprès des organisateurs et de l’État, ils portent aujourd’hui un message d’apaisement.

L’an passé, en marge du salon Top Marques, son apparition surprise au virage du Fairmont avait provoqué une euphorie collective et, de fait, des débordements nocturnes sans précédents en Principauté. Des centaines d’objectifs braqués sur sa McLaren 675 LT Spider.

Il faut dire que dans le milieu des puissantes cylindrées (supercars), POG - François Dequidt de son vrai nom -, Franco-Belge de 44 ans, pèse lourd. 510 742 abonnés sur Youtube. Presque autant sur Facebook et Instagram. Et un style volontairement désinvolte et loufoque, qui fait mouche.

Cet épiphénomène médiatique, ajouté aux nombreux comportements dangereux sur l’asphalte, avait toutefois placé une épée de Damoclès au-dessus de Top Marques. Propriétaire et passionné de grosses bagnoles (deux Lamborghini, une McLaren, une Audi, une Ferrari…), celui qui a fait fortune en développant des technologies en image de synthèse avoue lui-même être passé du statut "de paria à ami" de Monaco.

En collaboration étroite avec les organisateurs du salon et le Gouvernement, il a distillé des messages en ligne destinés à tempérer les ardeurs de ceux et celles qui auraient l’idée de faire ronronner trop bruyamment leur moteur ou de se prendre pour Lewis Hamilton dans les rues de la Principauté.

Le quadra est même payé 3.500 euros, par les nouveaux organisateurs, pour faire un live de présentation, ce matin, à Top Marques. Lui dont on voulait la tête il y a un an à peine.

>>RELIRE. VIDEOS. Débordements exceptionnels en marge du salon Top Marques, la police prise à partie

L’an passé, en marge du salon, vous aviez été au cœur d’une euphorie collective et de débordements au virage du Fairmont. Racontez-nous…

Ce soir-là, j’arrive au volant de ma McLaren dans ce virage qui est un super spot pour prendre en photo les supercars. Et je brandis mon nain (de jardin) fétiche, très connu sur la Toile, qui avait été volé quelques heures avant. Après un appel sur les réseaux sociaux, la voleuse avait été retrouvée. Ça a créé une réaction à laquelle je ne m’attendais pas. Il y a eu énormément d’enthousiasme et ce fut un super moment de partage improvisé, très bon enfant. Il y avait des "chasseurs" de voitures, des adolescents, des familles. La route était bloquée et forcément on m’a dit de faire ronronner le moteur. Je l’ai fait, mais deux fois rien. À côté, une autre voiture a fait beaucoup de fumée. Les policiers sont arrivés. Ils étaient, je pense, un peu débordés. J’ai été verbalisé pour moteur bruyant et ma voiture a été confisquée plusieurs jours en fourrière. J’ai écopé d’une amende de 300 euros. Il y a eu un ressenti négatif à mon égard, y compris des policiers qui voulaient me poursuivre pour outrage à agent. Soi-disant, j’avais fait un doigt d’honneur. Ce qui était faux. Un épisode, amplifié par les réseaux sociaux et les autres dérives constatées, qui a failli empêcher la tenue de Top Marques en 2019… J’aurais regretté que le salon n’existe plus. Ça aurait été une forme d’injustice. Je suis un épiphénomène, j’ai fait quelques bruits moteur mais il y a eu bien pire avec des comportements dangereux, des burn et des accélérations très proches de la foule. Il fallait un bouc émissaire, un exemple. Ça a été amplifié par ma notoriété sur les réseaux sociaux. D’autres Instagrameurs ont aussi eu un traitement assez sévère. Mais tout cela s’est très bien fini. En bonne intelligence.

Plus tard, vous avez réalisé une vidéo d’explications…

Oui, pour montrer tous les angles de cette histoire. De dire: "Attention, on peut se tromper". Notamment ce "fuck" qui était en réalité le signe de la victoire. Le message dans la vidéo a été compris par la Principauté. Patrice Cellario [conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur, NDLR] m’a invité pour en discuter. En bonne entente, il m’a dit d’user de mon influence sur les réseaux sociaux pour l’aider vis-à-vis de Top Marques.

Lors de cet entretien avec lui, vous dites être passé du statut de "paria à ami de Monaco". Vous avez servi de médiateur pour éviter de nouvelles dérives en marge du salon?

Les réseaux sociaux, c’est une méthode fantastique pour communiquer. D’autant que mes abonnés sont la cible visée. J’ai pu passer des messages, expliquer que ce qu’il se passe dans les rues, en marge du salon, peut être grave et dangereux pour l’avenir de ce bel événement. Celui-ci est très intéressant avec le renouveau et les exclusivités mondiales. Toutes ces supercars qui déboulent de partout et cette effervescence, c’est unique au monde. Dans les rues, c’est un spectacle ahurissant. Top Marques est une perle et ce serait dommage de le perdre. Il ne peut y avoir d’excès. Mais c’est difficile de réguler cela. Le phénomène de groupe joue beaucoup. On peut l’utiliser dans l’autre sens en responsabilisant nos communautés respectives. Les réseaux sociaux peuvent être une vraie force, utilisés à des fins positives. J’ai espoir que le message a été entendu. Et je le répéterai.

"Il faut qu'on reste tous solidaires"

N’avez-vous pas peur que cela déplace le problème en France, dans les communes avoisinantes…

C’est possible, en effet. Mon message englobait aussi les dérives au-delà de Monaco. Il y a autre chose qui m’inquiète très fortement - même s’il y a eu une prise de conscience et que les règles et amendes sont dissuasives - c’est que certaines personnes ont entendu le message, savent que Top Marques est en péril et veulent venir pour foutre le bordel et nuire au salon. C’est un vrai risque. Il faut qu’on reste tous solidaires, qu’on ait bien conscience du problème.

Vous avez même été embauché par le salon…

Avec Shmee150, un autre gros Youtubeur, on va présenter le contenu du salon en direct. Il y aura aussi une rencontre avec les abonnés, maîtrisée, cadrée. Et pas à l’arrache dans la rue. Je suis passé d’une image à une autre. J’espère pouvoir servir.

Comment votre communauté a perçu ce changement?

J’en ai déçu certains. Il y a une image artificielle qui s’est créée autour de moi. Certains m’ont vu comme le porte-étendard d’une certaine rébellion. De fait, ce n’est pas moi, ce n’est pas ce que je cherche. Mais globalement, ma communauté a bien réagi.

D’où vient cette passion des grosses cylindrées?

De l’enfance. Gamin, je jouais avec ces grosses voitures. Maintenant, je les conduis. En fait, c’est insatiable. On se dit qu’on achète une Ferrari et qu’on accomplit le rêve de sa vie. Et puis, on a envie de plus. Quand j’avais 14 ans, on m’avait emmené comme passager faire un tour de circuit en Ferrari F40. La vitesse m’avait traumatisé. Aujourd’hui, je suis celui qui traumatise les plus jeunes sur circuit.

On dit de vous que vous êtes l’un des Youtubeurs du secteur auto le mieux payé…

Malheureusement, c’est totalement faux. En termes de taille, oui, je suis l’un des plus gros dans le secteur de l’automobile. Je ne cherche même pas à faire du placement de produits. Je veux juste raconter mes histoires, ma vie. Les revenus de Youtube sont "ridicules". Pour plus de 60 millions de vues cumulées, j’ai dû gagner 30.000 euros. Si on enlève les frais, c’est que dalle.

Que faisiez-vous avant d’être Youtubeur?

Je ne me qualifie même pas d’Instagrameur, de Facebookeur ou de Youtubeur, bien que j’y passe énormément de temps. Ma vie, je la montre et le meilleur moyen est par le biais des réseaux sociaux. Pendant vingt ans, j’ai développé des technologies en image de synthèse. En 2017, j’ai vendu ma société et depuis je me consacre à mes passions, découvrir le monde, rencontrer des personnes et les partager sur les réseaux.

Quel a été le déclic en 2017?

J’ai commencé par une publication et quinze amis sur mon compte Instagram. Et puis, ça a grossi grâce aux mécanismes de viralité, de propagation de bons contenus. J’ai toujours été passionné par la narration, le cinéma. J’ai ça en moi. Et puis, les éléments de ma personnalité accrochent. Il y a eu une vidéo qui a fait plus de 60 millions de vues où je transforme ma Lamborghini en simulateur de jeu vidéo.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.